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LA GÉNÉRATION SEXUELLE

de nombreuses théories imaginaires sont nées de ces idées fausses. Toutes servaient de hase à des théories de l’hérédité non moins singulières, dont on ne peut les séparer. On trouvera au chapitre des théories spéciales de l’hérédité les plus importantes d’entre elles.

Expliquer la génération, cela peut signifier deux choses différentes. Cela peut vouloir dire : donner la raison pour laquelle elle s’opère; ou bien : montrer sa raison d’être, son utilité. A ces deux questions on a proposé des réponses que nous allons examiner.

a. Affinité sexuelle.

La génération sexuelle a pour condition première l’attraction du spermatozoïde par l’œuf ou affinité sexuelle .

Sur la nature de cette attraction, on ne sait rien de positif. Nàgeli (84) la croit électrique. Il n v a là qu’une vague ressemblance entre des effets dont les conditions de reproduction n’ont rien de commun. 0. Hertwig (92) voit en elle un phénomène complexe qu'il ne définit pas d’une manière précise. W. Pfeffer (86) doit se rapprocher davantage de la réalité lorsqu’il la considère comme un phénomène chimiotactique. Il a constaté, en effet, que les diverses substances chimiques exercent une attraction positive ou négative, variable selon leur nature et selon celle de l’organisme attiré (des algues inférieures ou des flagellâtes) .

j II est possible, ; en effet, qu’il y ait dans l’œuf mûr une substance qui attire le spermatozoïde et réciproquement (*)|.

I». Signification de la fécondation.

Lang (88) voit dans la génération asexuelle une régénération accentuée et régularisée, et cette vue peut s’étendre à la génération sexuelle elle-même. Mais la régénération d’un organe différencié est déjà un problème non résolu, en sorte que la difficulté reste entière.

Van Rees (87) pense que la fécondation n’a été rien autre chose au début, lorsqu’elle était encore réduite à la conjugaison, que l'acte de manger un individu d’espèce semblable ou voisine. Cette idée est fort admissible et j'y ajoute la considération suivante qui me paraît l’affermir.

Lorsqu’un individu unicellulaire en mange un autre d’espèce différente,

(*) .l’ai montré (99 : Y, 190) que l’attraction sexuelle a son siège dans le cytoplasme.

THÉORIES PARTICULIÈRES

le protoplasma du mangé est assimilé par celui du mangeur, et toujours

à la suite de modifications chimiques qui exigent un travail, une dépense,

et laissent un déchet. Si, au contraire, le mangé est de même espèce que le mangeur, les deux protoplasmas identiques ne font que se fusionner sans travail, dépense, ni déchet, parce qu’il n’y a aucune raison pour que ce soit l’un plutôt que l’autre qui digère son conjoint. Cela équivaut donc à un acte nutritif de qualité supérieure , qui double sans effort la masse de l’individu et peut créer ainsi une augmentation d’énergie vitale et une tendance à la division. Mais assurément le phénomène a changé de nature en devenant la fécondation vraie chez les êtres supérieurs.

e. But de la fécondation.

La fécondation est souvent considérée avec Bütschli (76), Engelmann (76) comme un rajeunissement, opinion sans valeur qui met une comparaison vague là où l’on demande une explication. Il n’v a pas rajeunissement au sens propre du mot, l’œuf fécondé ayant évidemment l’âge moyen des éléments qui l’ont constitué. Quand un vieillard se marie, il n’en est pas moins un vieil homme bien qu’il soit un jeune époux. Il y a bien dans l’œuf fécondé des conditions nouvelles d’activité qui ressemblent à celles qui sont naturelles aux êtres jeunes, mais ce n’est pas les expliquer que leur donner un nom qui les peint (*).

L’opinion la plus répandue est que la fécondation sert à fondre deux individus en un, mais les avis diffèrent sur l’avantage qui en résulte.

H. Spencer (88) y voit le dérangement d’un équilibre qui tendait vers une stabilité défavorable au mouvement vital. Cela aura peut-être une signification le jour où l’on saura ce qu’est cet équilibre, ce qu’est cette stabilité et ce qu’est ce dérangement.

Darwin (80) n’explique rien, mais il prouve. Il montre que plus les procréateurs sont différents, jusqu’à la limite qu’impose la réussite du croisement, plus le produit est vigoureux, et qu’inversement plus ils sont

(*) Maupas (89) émet une opinion semblable à propos des infusoires. Ici la chose est absolument justifiée, car les descendants de l’individu conjugué sont réellement rajeunis par cet acte qui les guérit de la décrépitude sénile qui affectait les parents. Mais c’est là un fait extérieur, un résultat qui ne nous renseigne en rien sur l’essence du phénomène. De plus, constatant que la conjugaison ne change rien à la série des reproductions par voie agame, ne l’accélère ni ne la retarde, et produit seulement la restitution d’un état dans lequel la dégénérescence sénile a disparu, il déclare que la fécondation en général est un phénomène indépendant de la reproduction, n’a pas pour but la reproduction, mais le rajeunissement des éléments fécondés.

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