‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 239 sur 300 · LA MÉTHODE A SUIVRE · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE A SUIVRE

sentation des cellules; mais s’il veut en tirer la détermination de ces éléments, il faut qu’il y ajoute l’attraction des gemmules par les cellules; s’il veut expliquer la formation du plasma germinatif et l'hérédité des caractères acquis, il faut qu’il ajoute leur circulation. — Galton supprime la circulation de gemmules, mais il perd l’hérédité des caractères acquis; s’il veut conserver la détermination individuelle des cellules, il faut qu’il invente le classement des germes par leurs attractions réciproques. — Nægeli invente ses micelles , facteurs de propriétés abstraites, aussitôt il lui devient facile de faire tenir dans une tête de spermatozoïde tous les éléments de l’hérédité; mais ce qu'il gagne de ce côté, il le perd du côté de la détermination individuelle des parties, car il ne sait plus où trouver la cause des combinaisons variées de facteurs toujours les mêmes. — Weismann invente les plasmas ancestraux , l’hérédité et l’atavisme n’ont plus de mystères, mais tout le reste est encore obscur. Veut-il avoir, comme Nægeli, l’avantage d’un nombre réduit de facteurs initiaux, il doit lui emprunter ses micelles sous la forme de biophores ; veut-il avoir, comme Darwin, l’avantage de la représentation des cellules, il doit lui emprunter ses gemmules qui deviennent les déterminants ; veut-il concilier la détermination précise des cellules avec l’indétermination de leur noyau, il emprunte à de Vries sa migration intracellulaire des pangènes. Pour rendre compte de la régénération il lui faut imaginer les déterminants de remplacement , pour le bourgeonnement les déterminants de réserve, pour le dimorphisme les déterminants doubles. Si l’on découvre quelque autre processus de ce genre, il faudra inventer quelque autre sorte nouvelle de déterminant.

La richesse de ces théories est exactement proportionnelle à la complication de leur hypothèse, et par suite à leur invraisemblance. Les moins compliquées sont celles de Spencer, de Haackæ, de de Vries, d’ALTMANN, de Wiesner : on a vu qu’elles n’expliquent pas grand’chose; celles de Darwin, de Nægeli, de Weismann expliquent presque tout, mais aussi quelle complication invraisemblable, quel entassement d’hypothèses fabuleuses!

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