‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 40 sur 300 · A. RÉGÉNÉRATION RÉGULIÈRE · texte numérisé non relu

A. RÉGÉNÉRATION RÉGULIÈRE

La régénération régulière est le processus par lequel sont continuellement remplacées les parties qui tombent naturellement pendant que l’organisme est plein de vie et non par un effet de la sénilité. L’épiderme, à la surface où il est soumis à des frottements, se détruit sans cesse et sans cesse se reforme par ses parties profondes. Les poils des mammifères, les plumes des oiseaux, l’épiderme des serpents sont soumis à un renouvellement régulier. Chez les crustacés la carapace,

LES FAITS

devenue trop petite, tombe périodiquement et une nouvelle se reforme. Les insectes ont des mues successives pendant leur vie larvaire. La ramure des cerfs se renouvelle chaque année. Les dents de lait des mammifères sont régulièrement remplacées par des dents permanentes. Chez les squales, celles de la rangée antérieure sont fréquemment enlevées dans les efforts pour capturer la proie et bientôt remplacées par d’autres qui se reforment en arrière. Dans la profondeur de l’organisme, les cellules de beaucoup de glandes se détruisent pour déverser leur sécrétion et sont remplacées par d’autres 1 ; chez les mammifères à caduque, la muqueuse utérine se renouvelle après chaque parturition. On pourrait multiplier ces exemples, mais cela n’aurait point d’intérêt 2. Ceuxlà suffisent pour montrer la généralité du phénomène et sa nature. Il peut être défini : la répétition dans V organisme développé de certaines formations de la fin de V ontogénèse. Il se rattache aussi aux simples phénomènes d’accroissement. Ainsi, la pousse des ongles est continue et se fait aussi bien quand l’ongle ne s’use pas au bout. Or cette pousse n'est pas différente au fond de celle de l’épiderme, ni celle-ci de celle des poils ou des plumes ; cette dernière touche de près au remplacement de ces mêmes poils et plumes et des carapaces au moment de la mue. On peut donc la définir encore : un remplacement des parties caduques par continuation de l activité formatrice des parties permanentes qui les ont engendrées une première fois. Elle ne comporte donc pas de problème nouveau et n’a ici qu’un intérêt secondaire.

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