Darwin, Descendance de l'homme, t. I, p
mentionne cette hypothèse qu'en passant; elle sera examinée ailleurs \ Nous devons nous en tenir pour le moment à l'étude des faits'
Or, quand on cherche dans l'histoire ou les traités médicaux des faits qui établissent l'hérédité delà mémoire •sous sa forme individuelle, on est fort embarrassé. Tandis qu'ils abondent pour l'imagination, l'intelligence, les passions, ici on peut à peine glaner.
Une maladie mentale, l'idiotie, nous en offre cependan des exemples. Cette infirmité, qui est héréditaire, comme nous le verrons, au moins sous la forme de l'atavisme, présente, entre autres caractères, une faiblesse excessive de la mémoire. Les idiots ne se rappellent en général que ce qui intéresse leurs goûts, leurs penchants, leurs passions. Mais, comme cela résulte sans doute de la faiblesse des impressions sensorielles , cette hérédité est l'effet d'une transmission héréditaire plus générale.
Dans l'histoire, même rareté d'exemples. Les mémoires fabuleuses qu'elle cite (Adrien, Clément VI, Pic de La Mirandole, Scaliger, Mezzofanti, etc.) semblent des cas isolés; du moins, nous ne pouvons en suivre la filiation ni en remontant ni en descendant. Je trouve cependant quelques faits à noter. Les deux Sénèque sont renommes pour leur excellente mémoire : le père, Marcus Anneus, pouvait répéter deux mille mots dans l'ordre où il les avait entendus; le fils, Lucius Annéus, était très bien doué à cet égard, quoique à un moindre degré. - D'après Galton, dans la famille de Richard Porson, l'un des plus remarquables hellénistes de l'Angleterre, la memou-e était si remarquable qu'elle était passée en proverbe : the Porson memory. Le même auteur € a des raisons de croire qu'une mémoire puissante, exacte pour toutes les