‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 53 sur 113 · Fille disparue · texte numérisé non relu

Fille disparue

Néant.

Semi-imbécile.

Il n'y a aucune témérité à soutenir que plus l'étude des maladies mentales s'est étendue, plus le rôle prépondérant de l'hérédité s'est affirmé. Nous en trouvons la meilleure preuve dans les publications et discussions récentes sur la folie héréditaire. Morel, le premier, après lui Krafft- Ebing, Magnan et d'autres ont groupé sous ce nom des

Ib4 LES FAITS

désordres mentaux, en apparence très . différents, que les anciens aliénistes traitaient comme des entités morbides distinctes et que l'on considère aujourd'hui comme les divers modes d'un seul et unique processus morbide : la dégénérescence à ses divers degrés. Telles sont la manie du vol (kleptomanie), la crainte d'être volé (kleptophobie), la manie incendiaire (pyromanie), la peur du feu (pyrophobie), les impulsions irrésistibles au jeu, aux achats extravagants, à l'homicide, au suicide; la préoccupation incessante et anxieuse de chercher des noms (onomatomanie), d'interroger, de calculer (arithmo manie), la crainte des grands espaces (agoraphobie) ou de la réclusion (claustrophobie), la folie du doute, les aberrations et perversions sexuelles, etc. Je ne cite que les principales formes : chaque jour on en découvre de nouvelles. Elles subissent une métamorphose d'une génération à l'autre, souvent dans le même individu. Morel' a cité le cas d'un dégénéré, tour à tour porté aux désordres sexuels, à la dipsomanie, au suicide, à l'homicide.

On a reproché avec raison au terme « folie héréditaire » d'être équivoque; car rhérédité s'étend au domaine entier des maladies mentales, non à ce seul groupe; mais ici elle est prépondérante. « Dès leur naissance, les héréditaires présentent des signes spéciaux, marque de leur origine, manifestation extérieure du sceau de l'hérédité. » Ils ont leurs stigmates physiques et psychiques, longuement décrits par les auteurs précités. Pour qui veut se convaincre du rôle capital de l'hérédité dans toute décadence, il n'y a pas d'étude plus attachante que celle des dégénérés. On peut suivre pas à pas son travail de destruction, à travers trois ou quatre générations, jusqu'à l'idiotie, la démence, la dissolution complète.

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