‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 33 sur 67 · EXCEPTIONS A LA LOI DE BAUMÉS · texte numérisé non relu

EXCEPTIONS A LA LOI DE BAUMÉS

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Reste, pour en finir avec ce sujet, à rechercher s'il ne pourrait exister pour la femme en question une troisième alternative, à savoir : celle d’une immuntte complète.

En d’autres termes, une femme, dans ces conditions, peut-elle échapper à lPinfection et rester saine, absolument saine, au point d’être susceptible de contracter ultérieurement la syphilis?

Eh bien, oui, cette troisième alternative serait possible, dit-on; car elle ressortirait d’un certain nombre de cas constituant ce qu'on a déjà appelé « les exceptions à la loi de Baumès », loi que je n'ai plus à vous rappeler. Or, tous ces cas (une demi-douzaine environ‘) sont à peu près calqués sur le schéma que voici:

1. Cas cités notamment par MM. Scarenzio, Ranke, P. Pellizzarl, Zingales, Viol, etc.

Je relaterai sommairement l’un d’eux comme spécimen : « Un homme syphilitique depuis onze ans (mais n’ayant présenté aucun symptôme syphilitique depuis neuf ans) contracte mariage. — Un an plus tard, sa femme met au monde un enfant syphilitique. — Deux ans après, naissance d’un second enfant, également syphilitique, et atteint de lésions buccales.— La mère allaite cet enfant et contracte de lui, sur le mamelon gauche, un chancre syphiitique, bientôt suivi de roséole. — Il est expressément noté que, pendant l’allaitement de ce dernier enfant, la mère n'avait donné le sein à aucun autre nourrisson. » (Ranke).

M. le D' Guibout a cité un cas bien plus extraordinaire, relatif à une femme qui, € ayant mis au monde un enfant syphilitique sans « avoir été elle-même atteinte de la contagion, allaita cet enfant « et contracta de lui quatre chancres, dont un induré, diagnostiqué « par M. Fournier lui-même. Ces quatre chancres siégeaient tous « autour du mamelon du sein gauche. » — (Nouvelles lecons cliniques sur les maladies de la peau, 1879, p. 154). Il faut qu'une erreur matérielle se soit glissée dans la rédaction de M. Guibout,

Fournier. — L’Hérédité syphiliique. g

Femme saine, mariée à un homme syphilitique ; accouchant d’un enfant syphilitique qu'elle

allaite; — puis, recevant de cet enfant un chancre mammaire, bientôt suivi des manifestations usuelles de la syphilis.

Il n’est pas à désavouer, à récuser les cas de cet ordre, si contraires soient-ils aux résultats d’observation générale. Quelques-uns, d’ailleurs, sont signés de noms bien faits pour inspirer toute confiance. Acceptons-les done — sous bénéfice d’inventaire, bien entendu, ce qui n’est pas seulement un droit, mais un devoir scientifique — et disons que, s'ils sont authentiques, ils ne démontrent rien moins que ce fait majeur, inattendu, presque incroyable, à savoir: la possibilité, pour la syphilis du fœtus, de rester inoffensive vis-à-vis de la mère, de ne pas retentir #2 utero sur la mère. — Ils seraient donc, par inversion, les homologues de ces Cas expérimentaux où l’on n’a pas retrouvé la

car je n’ai conservé aucun souvenir de ce cas, qui, en raison de sa double singularité — tout à fait extraordinaire, je le répète — n’eût certes pas manqué de me frapper vivement.

Tout au contraire, je déclare n'avoir pas rencontré jusqu'à ce jour un seul fait pouvant être opposé à la loi de Baumès.

Le D’ L. Jullien, dans son remarquable Traité des maladies vénériennes, discute longuement la question des « exceptions à la loi de Colles », et aboutit exactement aux mêmes conclusions que moi. « Iln’est pas à récuser, dit-il, ces exceptions, alors que s’en portent garants des professeurs comme ceux que je viens de citer (Scarenzi0, P. Pellizzari). Mais si Scarenzio et Pellizzari déclarent n’avoir rencontré qu'une seule fois, dans leur immense pratique, l’exception dont il s’agit. c’est qu'évidemment {a loi de Colles se vérifie dans la très grande généralité des cas, et que, pratiquement, il faut l’estimer vraie. » (2° édit., p. 1086.)

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