‹ L'hérésiarqueChapitre 76 sur 161 · Acte Troisième i3g · texte numérisé non relu

Acte Troisième i3g

les sacrements qui sont l'objet de sa croyance et la cause de son institution. Parle-donc pour affirmer cette foi.

Victorin.

En quels termes ?

L'abbé de Saint-Honorat.

Les plus simples.

Victorin.

Je crois que le Christ est venu pour sauver tous les hommes et effacer le péché originel par le baptême, et je crois que le Paraclet viendra un jour, dont la gloire sera aveuglante et qui déjà par son souffle nous confirme dans l'amour. Le Christ a distribué le pain et le vin à ses disciples en leur disant : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Ce serait accuser le Verbe de mensonge que de nier sa présence réelle dans le pain et dans le vin. Que l'homme se repente de ses péchés et qu'il en fasse pénitence et la grâce de Dieu le convoquera aux joies éternelles ! Prêtre, je ne peux pas ne pas croire au sacrement de l'ordre. Et j'admire l'institution divine du mariage, rayon ennoblisseur de la vie perpé-

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tuée. Je crois enfin à l'extrême-onction, suivant ce qu'il en est dit au chapitre 5 de l'épitre de saint Jacques.

L'abbé de Saint-Honorat.

Tout ceci est vague, frère Victorin, et il ne faudrait point te bercer de l'espoir que le saint Concile se contentera d'une adhésion équivoque. Chacune de tes paroles pourrait être approuvée par les âmes indulgentes ; chacune aussi peut être prise en part mauvaise par les esprits pervers. On reviendra sur chacun de ces points, et sans doute on aura des explications à te demander plus précises.

Victorin.

Si j'ai énoncé des erreurs, qu'on me les

montre

L'abbé de Saint-Honorat.

Plus tard. Sache encore que tu auras à répondre sur d'autres erreurs que les théologiques.

Amaury.

Et non moins graves. Tes prédications attaquent avec violence le pouvoir social.

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