II
Vois-to l^imbe matiiuJeT Entends-ta dans raorore roogissante Le cbaDt des anges f Relère ta tète abattae* .
T<^ qui as été coaché si longtemps Dans la tristesse et dans la crainte.
La mort vient te déllYrer; Reç(Hs-la le coeor joyeux.
Gomme on ami véritable s Et tontes tes craintes cesseront.
Et dans la paix étern^le Tes peines seront terminées.
— Dans la paix éternelle ! répéta Walter. Je ne croyais pas que cela vint si lôt ; ma vie a été si heureuse ! Où fut le combat ? Je ne sais pourquoi je désirais de mourir à Redclyffe ou dans le tumulte d'un naufrage; ceci vaut bien mieux : Amy, lisez-moi un psaume.
11 y avait quelque chose dans cette paix parfaite qui empêchait Amy de penser à sa douleur , quoiqu'elle se sentît consternée. La nuit se passa, non pas longue et désolée, mais comme un rêve. Il s'assoupissait et s'éveillait tour à tour, lui disait quelques paroles paisibles, et la priait de lui lire une prière, un psaume ou un passage de la Bible. H ne semblait pas souffrir, excepté quand il essayait de4)rendre quelque cordial. La diflSculté augmenta au point qu'Amy ne pouvait se résoudre à lui causer cette peine , quoique
00 fjit là son dernier rayon d'espérance. Pour lui , il essaya longtemps d'obéir à cet ordre du médecin , en disant chaque fois «Merci! » d'une manière touchante. Mais à la fin il dit : ^ C'est inutile , je ne puis. » Alors elle comprit que tout était fini, et s'assit auprès de lui en le regardant sans cesse. L'obscurité diminuait , et le jour commençait à poincjre. Il s'endormit encore , mats sa respiration devenait plus courte. Amy essuyait sur son front la sueur de l'agonie !
La lumière du matin éclairait la chambre; les cloches de l'église sonnaient le$ matines; les blancs soinmets des montagnes se teignaient de rose ; le pouls de Walter était presque insensible, sa main froide; enfin il ouvrit les yeux :
— Amy ! dit-il , comme efifrayé ou soufifranf",
— Ici , mon bien-aimé !
— Je n'y vois pas.
Dans ce moment le soleil levant inondait le lit de ses rayons par la fenêtre ouverte ; mais c'était la lumière d'un autre mond^ qui i'éclairait, au moment où le plus beau des sourires vint illumiiter sa figure, et où il dit : « Gloire dans les cieux... paix... bonne volonté!... » Il fit encore un effort pour respirer, et dit d'une voix étouffée : « Priez ! » Amy pria , tt , dans le moment où elle dit : « Amen ! » elle vit qu'il ne souffrait plus. L'âme, de Walter était auprès de son Sauveur , et sa dépouille mortelle demeurait seule sur le lit. Amy ferma les paupières frangées de ces beaux yeux... Elle voyait cette figure plus belle et plus calme que dans le sommeil, et s'agenouilla auprès du ht.
Elle ue sut jamais combien de temps elle demeura dans cette posture. Anne vint l'eu tirer en sanglotant et en disant avec effroi :
— Madame! madame! venez.. Oh! mademoiselle Amable , vous ne devriez pas être ici.
Elle leva la tête. Anne dit plus tard à Mary Ross qu'elle n'oublierait jamais la figure de sa maîtresse dans ce moment. Ce n'était pas de la douleur : on eût dit que son âme avait suivi quelque temps celle de son époux , et venait d'être rappelée sur la terre.
Elle se leva... le regarda encore... s'aperçut qu'Arnaud était là... se laissa conduire dans la pièce voi* sine et ferma la porte.
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