Joseph ou Joséphine Mar ^o
Marzo Joseph, déclaré à l’état-civil par la sage-femme sous le sexe féminin fut reconnu pour im garçon cryptorchidé, à l’âge de quatre ans, par nn chirurgien qui l’examina alors. Il y avait . ne I® une verge de 8 cent., légèrement hyposfe, )>ade, avec gland volumineux et une prostate : voilà ))our l’homme ;
y$ 2° des ovaires, des oviductes, utérus, vagin cong de 6 cent, et de 4 cent, de circonférence .s’ou-
Chi Ür.DiERRE. — L’heniiaphrodisme .
vrant dans la partie prostatique de l’urèthre, pas de fente vulvaire : voilà pour la femme.
Marzo mourut à 56 ans, après avoir eu une série d’aventures galantes et contracté deux blennorrhagies, et alors seulement on reconnut son véritable sexe !
Nous empruntons au Docteur Grecchio le détail complet de cette observation :
« Je me propose de démontrer que la détermination du sexe, pendant la vie, est parfois chose très difficile, et souvent même impossible, car Use présente telles circonstances dans lesquelles les règles, que l’on considère comme les plus constantes, font défaut.
J’espère atteindre ce but au moyen de: la des-
cription du cadavre; 2° de l’histoire de la vie; 3° de quelques réflexions spéciales.
I. Description du cadavre. — Au mois de janvier 1 864, on apporte à Tamphithéâtre anatomique de l’hôpital des Incurables le cadavre du nommé Marzo Joseph, âgé de quarante à quarante-cinq ans.
Rien de particulier dans l’aspect extérieur du cadavre.
Dimensions du coj'ps :
Du sommet de la tête à la plante des pieds,
I mètre 5o centimètres; du sommet de la tête à j l’ombilic, 61 centimètres; de l’ombilic à la symphyse du pubis, i5 centimètres. Membre supérieur : de l’acromion à l’extrémité de l’index;
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6i centimètres, dont 24 jusqu’au coude et 23 du coude à l’articulation de la main.
Diamètre de la main, 6 centimètres; longueur de l’index, 6 centimètres.
Membre inférieur : du périnée au sommet de , Tos scaphoïde du pied, 65 centimètres.
Tête : Diamètre antéro-postérieur de la bosse occipitale au front, 17 centimètres.
Diamètre bi-pariétal, 17 centimètres.
Diamètre fronto-mentonnier, 18 centimètres.
Diamètre bizygomatique, ii centimètres.
La tête est sphérique, le front large avec cheveux implantés très haut; ces cheveux sont épais, grisonnants, mais fins et légèrement frisés. Il existe des poils sur la figure, le menton, le pubis et l’abdomen.
L’apparence de la physionomie est décidément miâle, comme l’indiquent la proéminence des os zygomatiques, les dimensions du nez, la largeur de la mâchoire inférieure, la présence des moustaches et des favoris.
La hauteur de la tête est à celle de tout le corps ; ; I : 8 (chez la femme, cette proportion est : : i : 7 1/2).
Cou : Longueur de l’os hyoïde à la partie supérieure du sternum, 9 centimètres.
Circonférence au-dessus du cartilage thyroïde^ 38 centimètres.
Les muscles du cou sont peu développés, et le cartilage thyroïde peu proéminent ;
Les limites du cou, de la poitrine et des épaules sont parfaitement indiquées par des lignes droites.
La poitrine, bien développée, arquée, peu charnue, est couverte de poils peu nombreux mais longs et résistants.
On n’observe ni aréole ni glande mammaire.
Thorax : Longueur du sternum, 20 centimètres.
Circonférence du thorax à sa partie supérieure, 65 centimètres ;
Inférieurement au niveau du cartilage ensiforme, 75 centimètres.
Bassin ; Circonférence au niveau des crêtes iliaques, 69 centimètres.
Distance des épines iliaques antéro-supérieures, 22 centimètres ;
Distance des épines iliaques antéro-inférieures, j 18 centimètres;
Distance de la première vertèbre sacrée a pubis, 16 centimètres.
Le ventre n’est ni ample, ni rondelet; les flanc sont médiocrement développés; les poils implanté sur le pubis s’étendept en haut jusqu’à l’ombilic
Les membres inférieurs avaient quelques carac tères qui pouvaient les rapprocher de ceux de h femme, mais ils se trouvaient peu arqués et recou verts d’un duvet piliforme.
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Les bras étaient assez grêles, les pieds et les mains, en proportion, très petits, mais cette dispo- 'sition se rencontrait chez les autres membres de sa ; famille.
Parties génitales externes : Le mont de Vénus ;est très prononcé, le relief étant constitué par une accumulation in situ d’éléments graisseux ; à la l'place même occupée par la verge, on rencontre un [•pénis long de 6 centimètres à l’état naturel, atteignant 10 centimètres pendant l’érection. Le gland, cconformé naturellement, mesure 3 centimètres de Uongueur, 8 de circonférence et 3 d’épaisseur : il est recouvert sur les côtés par un prépuce qui s’insère latéralement.
L’ouverture de l’urèthre est située, comme dans ^ l’hypospadias du premier genre, au-dessous du ^land, à la naissance des corps caverneux : touteifois, entre la large ouverture de l’urèthre et l’extrémité du gland, on aperçoit une espèce de gouttière ou de demi-canal.
Il n’existe pas de scrotum proprement dit, et les oalpations les plus minutieuses ne découvrent point le traces de testicules.
Les replis cutanés qui descendent du haut du iü(è:litoris ont une certaine analogie, dans leur ma- :î^|nière d’être, avec les grandes et les petites lèvres.
Entre l’anus et le pénis, on voit, au lieu du raphé, :?j|ijne ligne peu relevée comme chez la femme.
L’orifice de l’anus, garni de poils touffus, est
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plus ample que d’ordinaire, mais il n’a pas toutefois l’apparence infundibuliforme, et les fesses sont peu développées.
Autopsie. — A l’ouverture de l’abdomen, voici quels sont les diamètres du bassin :
De l’angle sacro-vertébral à la symphyse du pubis, 8 centimètres et 6 millimètres; diamètre transversal, 9 centimètres 5 millimètres; de l’éminence iléo-pectinéc à la symphyse sacro-iliaque,
10 centimètres 8 millimètres.
Ce sont les dimensions du bassin de l’homme.
Les corps caverneux, de forme régulière, implantés à leur place, sont en rapport avec les proportions du pénis, et avec les muscles ischio caverneux et bulbo-caverneux.
L’urèthre, dans sa direction et dans ses in flexions, se comporte comme chez l’homme; il es plus court, mais de largeur normale.
Le bulbe et la prostate ne présentent aucun anomalie.
Je vais m’occuper actuellement des organes pro prement féminins : le vagin, l’utérus, les ovaires les trompes, les ligaments larges et utéro-ovaj rjques.
Avant de mettre
internes, et avant de séparer, par un travail de bi touri, l’urèthre, on l’insuffle par son ouverturBii extérieure, et l’on aperçoit alors la dilatation, nowio]^ seulement de la vessie, mais encore du vagin ^ ûjj
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à découvert ces organei
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:’les parties circonvoisines. Ceci démontre une ' ::ommunication, une espèce de valvule située vers ;a partie prostatique.
I C’est sur ce point que venait s’insérer le vagin ;
:a susdite communication se faisait au moyen de I deux ouvertures qui simulaient la présence des ,:anaux éjaculateurs.
• Celle de droite pénétrait directement dans le vagin ; celle de gauche débouchait dans une espèce lie cul-de-sac de 3 àq millimètres de circonférence.
Ces utricules ne contenant ni liqueur ni fluide quelconque, il était très difficile d’en déterminer la véritable nature.
Le vagin, en y comprenant la partie prostaâque, depuis le col de l’utérus jusqu’à la crête uré- •hrale, mesurait 6 centimètres et demi. Sa circoniérence interne, prise au milieu de sa longueur, [tant de 4 centimètres.
L’épaisseur des parois vaginales est moins rrande qu’à l’ordinaire; sa surface interne est très ssse, sans replis muqueux comme sans colonnes ludimentaires.
Au microscope, on trouve ces parois composées ' ’une membrane externe de nature fibreuse, d’une J iiembrane moyenne musculaire, d’une membrane îiterne, constituée par un tissu sous-muqueux.
- Il n’y avait donc pas^ à proprement parler, de aembrane muqueuse.
Dans la paroi externe du vagin, entre l’utérus et
la prostate, s’élevait un corps mou, à peine élastique, faisant sur ce point un relief assez grand, contenant un Ijquide blanc laiteux, qui se perdit au milieu du sang.
L’utérus se trouve dans ses rapports normaux entre le rectum et la vessie; il est recouvert par le péritoine qui forme sur les côtés les deux ligaments larges.
En l’ouvrant, on voit que la longueur, du fond au col, est de 3 centimètres; le col lui- même mesure 4 centimètres et demi. La cavité est de forme triangulaire. Sa plus grande largeur, prise au sommet des angles utérins, au point d’insertion des trompes, est de 4 centimètres et demi.
Ces dimensions sont à peu près celles de l’utérus de la femme qui n’a pas eu d’enfants.
Dans la structure anatomique du corps de l’utérus, l’on distingue parfaitement les deux couches externes; la tunique interne ou muqueuse est à l’état rudimentaire.
La disposition des trompes et leurs rapports avec les ligaments larges et les ovaires sont des plus normaux. Les deux ovaires, situés eux aussi à leur véritable place, diffèrent un peu par leur volume et leur coloration : ils sont plutôt allongés que ronds, entièrement lisses au dehors; ils n’offrent pas de trace de corps jaunes [lutei), ni aspérités d’aucune sorte. Le microscope ne décèle dans leur structure aucune anomalie.
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a Les ligaments larges et les utéro-ovariques sont i ien développés, les ligaments utéro-sacrés et «l onds font défaut.
1 Les vaisseaux qui se réunissent dans tous ces 1 'T^anes n’offrent rien d’insolite à l’exception d’une i légère turgescence des veines hémorrhoïdaires. Les r.rtères spermatiques sont très minces.
Les reins sont normaux, mais les capsules surrénales ont un volume qui les rapproche beaucoup ile celui des reins.
L’examen du larynx, fait avec un soin minuiiieux, a démontré qu’il se rapprochait davantage llu larynx des femmes.
Les cordes inférieures sont plus tendues que les Liupérieures; les droites sont plus développées que ees gauches.
Cependant la voix, quoique faible, avait plutôt tes caractères de la voix virile.
IL Histoire de la vie. — Quand il s’agit de I déterminer le sexe d’un individu, il est de la plus naute importance d’étudier avec soin ses habitudes, ses tendances, ses passions et son caractère moral.
Je vais procéder à cet historique, en éloignant ..es détails exagérés ou les assertions erronées qui 5se sont produites à diverses reprises.
Au mois de juin 1820, la femme Piatta donnait naissance, dans la ville de Naples, à un enfant :déclaré par la sage-femme du sexe féminin, inscrit
comme tel sur les registres de l’état civil, et baptisé sous les noms de Marie-Joséphine-Marguerite.'
Quelques mois après, la mère s’était bien aperçue qu’il y avait une différence entre les parties sexuelles de Marie et celles de ses autres enfants, mais elle continua à l’habiller en fille jusqu’à l’âge de quatre ans.
A ce moment, des doutes très graves s’étant élevés, dans l’esprit des parents, sur le sexe de l’enfant, ils le soumirent à l’examen d’un chirurgien qui le déclara garçon (cryptorchide), les testicules étant restés dans l’abdomen.
Pour expliquer cette diversité d’apparence dans les organes génitaux observés à la naissance et à l’âge de quatre ans, il faut se rappeler, comme le dit Foster, que chez les nouveau-nés affectés d’hypospadias, les parties sexuelles ont une ressemblance si grande avec les organes génitaux de la femme que les garçons peuvent être très facilement confondus avec des filles.
La ressemblance devait être plus frappante dans le cas actuel, puisque les bourses étaient remplacées par deux replis cutanés en guise de vulve, laquelle vulve s’affaissait avec les développements toujours plus considérables du clitoris.
Cette métamorphose excita naturellement la verve moqueuse des voisins et les quolibets des camarades de l’enfant, qui conserva néanmoins sa gaieté et son entrain naturels.
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I A douze ans, Joseph s’initie au métier de valet l’i chambre, qui fut celui de toute sa vie, mais à laesure que Tenfance faisait place à l’adolescence, I celle-ci à la jeunesse, on observait en lui une l'aysionomie toujours plus méditative et plus con- Imtrée.
I Cependant son entourage avait oublié les cir- [onstances du changement de sexe, et à dix-huit [■ns, Joseph Marzo, qui avait une voix d’homme et Lui voyait pousser sa barbe avec une certaine rapijiité, commença à faire parler de ses aventures et Ice ses exploits.
Ces allures de Lovelace achevèrent de rassurer pn père, qui avait, à plusieurs reprises, constaté aabsence de taches de sperme ou de menstrues sur k; linge de corps de son fils.
A dix-neuf ans, la famille de Marzo le fit changer de maître pour rompre des relations qu’il avait pntractées avec une femme de service.
De vingt à vingt-cinq ans, il s’éprit d’un vérinble amour pour une femme de chambre Jeune et eentille, qui lui rendait passion pour passion. Les rrojets de mariage avaient reçu un commencement ’exécution par l’échange des cadeaux et des em-
• lettes indispensables à la noce, selon l’usage vapolitain, lorsque Marzo fut tout à coup arrêté
• ar la pensée d’avoir à susciter du scandale et de (opposition, au moment de produire son extrait ce naissance.
6o HERMAPHRODITES DE SEXE FÉMININ
Au milieu de ces hésitations, la jeune camériste ayant cédé aux obsessions d’un nouvel amant, Marzo fut extrêmement contrarié de l’infidélité de sa maîtresse, et plus tard, lorsqu’arriva pour la femme l’heure des protestations et des promesses, il se conduisit avec beaucoup de dignité et en homme de cœur.
Je sais pertinemment que Joseph Marzo a été infecté deux fois de maladie vénérienne sous la forme de blennorrhagies ; le pharmacien qui lui donna des soins avait été frappé de la forme particulière de l’ouverture uréthrale, de l’incurvation du pénis, et des précautions qu’il prenait pour cacher dans les replis de son pantalon des parties qui n’existaient pas; à défaut d’autres preuves, l’existence de ces deux chaudepisses démontrerait à l’évidence ses relations sexuelles avec des femmes.
Joseph Marzo était assez soigneux de sa personne; l’ordre et la propreté devenaient pour lui des conditions essentielles de bien-être.
Patient et affectueux pendant sa jeunesse, il avait’ servi pour ainsi dire de mère à ses petites sœurs.
Infatigable au travail, il connaissait parfaitement les détails de son état, s’inquiétait beaucoup des exigences de ses maîtres, prévenait leurs moindres désirs, et ne s’exposait jamais à se faire répéter deux fois une même observation.
Taciturne et presque apathique, après avoir fini sa besogne, il passait de longues heures de la jour-
JOSEPH OU JOSÉPHINE MARZO
;îe assis sur une chaise, sans proférer une parole, jette apparence de stupidité n’était cependant pas ;i rapport avec son intelligence, que nous avons :ie être assez prompte et assez ouverte.
Très discret, peu curieux de sa nature, il avait es opinions politiques libérales ; quand il s^agissait : critiquer la dynastie des Bourbons et le régime l’elle faisait subir aux Napolitains, il retrouvait .ute sa verve et toute sa loquacité méridionales.
En fait de religion, il n’avait pas de préjugés; lutefois, à plusieurs reprises, il aurait voulu faire ssparaître du toit paternel toutes les images des terges et des saints qui en ornaient les murs selon : usage du pays.
Toutes ces circonstances n’étaient pas en rapport vec les mœurs des femmes napolitaines.
. Sobre pour la nourriture, il arrivait à l’intempér.nce pour l'usage des liqueurs fortes.
Tous les soirs, il se rendait au cabaret avec ses nmarades; il y buvait beaucoup, fumait de même, idbandonnant à des conversations plus ou moins «scènes, parlant le plus souvent de conquêtes et aaventures qu’il n’avait jamais eues.
Dès son enfance, il avait eu pour préoccupation instante de cacher ses parties génitales; pendant werses maladies, il refusa d’appliquer des sangsues i l’anus.
Depuis longtemps, Joseph Marzo était affecté de ))missements convulsifs sans matières expulsées.
mais accompagnés d’une diarrhée aussi copieuse j que rebelle. Les mêmes symptômes se reproduisirent pendant sa dernière maladie avec une telle I intensité, que dans peu de jours la faiblesse et j l’épuisement devinrent des plus menaçants. Un 1 soir, pendant qu’il causait avec sa sœur, il fut sur- ! pris tout à coup par le râle, et quelques minutes | après il succomba dans un état complet de syncope !
III. Réflexio7îs. — Laissant de côté les hvpothèses,plus ou moins ingénieuses, que l’on a émises sur l’origine de l’espèce humaine, la science des organismes, qui ne doit et ne peut reposer que sur des faits parfaitement établis, n’a pas voulu admettre l’existence de l’hermaphrodisme, chez, l’homme.
Si l’on a conservé le mot, c’est avec l’intention •: d’en restreindre la signification; il exprime seule- | ment ceci : parmi les aberrations des formes dans le type de l’espèce humaine, on trouve des êtres mâles qui ont les apparences des êtres femelles; des êtres femelles qui simulent les mâles, d’autres enfin qui présentent les organes de l’un et de l’autre sexe dans un état d’arrêt de développement et de position anormale, ce qui les rend incapables de se reproduire.
Il me paraît utile de conserver les anciennes distinctions de l’hermaphrodisme, parce qu’elles sont très simples et qu’elles répondent à la réalité des faits;
JOSEPH OU JOSEPHINE MARZO
IPour ce qui concerne le sexe, la créature humaine ut s’offrir à nous sous ces cinq aspects : i° mâle^ femelle^ 3° mâle avec les apparences de la melle-, 4° femelle avec les apparences du mâle; réunion sur un seul individu des organes des jux sexes.
.Les deux premiers aspects étant normaux, nous avons à nous occuper que des trois autres.
Quand on rencontre un mâle avec les apparences la femelle, on a l’hermaphrodisme masculin "androgynie)-,
Dans le cas inverse, on a la gynandrie ; L’hermaphrodisme neutre, dans les cas de ‘union des deux sexes à l’état rudimentaire ou icomplet.
Voilà la seule classification possible et logique, iirtout en fait de médecine légale.
D’après cela, dans quelle catégorie doit rentrer lobservation actuelle ? Si la femelle est caractérisée lar les ovaires, et le mâle par les testicules ; si dans :otre cas la présence des ovaires est incontestable, )Dseph Marzo devient une femme qui a les appa- :mces de l’homme ; il est conséquemment affecté hermaphrodisme féminin (gynandrie); mais un ^/nandre assez singulier et unique même dans l'histoire de ces monstruosités, ^ar ordinairement, ivec la présence des ovaires et de l’utérus, on trouve :eu de barbe, un certain développement des manelles, une certaine ampleur des flancs, un carac-
tère moral féminin, des tendances et des passior de femme.
L’on admet généralement, et avec raison, qi les formes de l’organisme se rapprochent de cel des deux sexes qui prédomine le plus dans l’inc vidu par rapport aux organes génitaux : si parfo le sexe incertain, mais prédominant, reste occul pendant l’enfance, à l’âge de la puberté, il se man feste d’une façon plus caractéristique.
Ces considérations ne peuvent s’appliquer au a actuel; d’une part, le faux jugement que l’on ava porté sur le sexe s’est modifié avant l’époque de puberté ; de Lautre, l’existence des organes interm de la femme et l’absence complète des testicule n’ont ni fait prévaloir les symptômes et les phén mènes inhérents au sexe féminin, ni, tout au moin laissé incertaine et indéterminée la constatation c sexe.
C’était réellement chose insolite que de voir, moment de la puberté, l’organisme de cette femn se révéler de nature masculine par l’aspect e; térieur du corps, les habitudes, le caractèi moral.
Comme les ovaires n’avaient jamais fonctionn on aurait pu, à la rigueur, se rendre compte ( l’étroitesse des flancs, du peu de développeme: des mamelles, du peu d’étendue d'une voix faib quoique manifestement virile.
Mais comment expliquer cette abondance (
JOSEPH OU JOSÉPHINE MARZO
joils forts et profondément implantés sur les iverses parties du corps?
Ils se sont manifestés avec la puberté, mais par ' uelles permutations de l’organisme se sont-ils produits ?
L’apparition des poils sur certaines régions .tlutôt que sur telles autres dépend en général de .'établissement, dans un sens précis et déterminé, ices fonctions génitales.
Chez J. Marzo, l’abondance des poils, leur .ature, leur lieu d’élection, se rapprochaient sans conteste du sexe masculin.
Ses tendances, ses habitudes étaient aussi comilètement viriles.
C’est ici le moment de donner quelques déve- Bfcoppements à ces deux observations intéressantes.
1° Malgré certaines apparences énoncées plus uaut, et qui auraient pu faire croire à des habitudes le pédérastie passive, il faut exclure d’une manière bsolue cette hypothèse.
2° Avec cette manière d’être virile, comment ’accomplissait chez lui l’acte du coït, et comment !in|considérer le cas, au point de vue médico-légal du lariage et du viol ?
La dilatation extrême de l’orifice anal, sans déforiib nation infundibuliforme de l’anus, sans rhagades, mllosités ou bourrelets hémorrhoïdaires, devait se rapporter à un vice de conformation, d’autant plus
Cif. ÜEfMERi'E. — L’hermaphrodisme. -5
que rien, dans l’enquête minutieuse qui a été faite, n’a pu justifier de pareils soupçons.
Il est incontestable que Marzo recherchait avec passion le sexe féminin, et que le développement de son clitoris était assez considérable pour lui donner les apparences et les attributs d’une verge.. Eu égard à sa structure anatomique, ce clitoris entrait donc en érection et pouvait accomplir ainsi l’acte du coït.
Mais il s’agit actuellement de déterminer s’il y avait éjaculation pendant l’acte vénérien. Alors que l’acte se serait accompli à de longs intervalles, il ne répugne pas à l’esprit d’admettre l’éjaculation de cette matière visqueuse et abondante, dont était remplie la petite poche située près du col de l’utérus, poche communiquant par une petite ouverture avec le vagin : en traversant le vagin, cette humeur pouvait s’écouler par les deux petites ouvertures qui, du vagin, débouchaient dans la partie prostatique de l’urèthre.
Au moment de la sensation voluptueuse du coït^ en vertu d’une action réflexe, il pouvait se déterminer des contractions du vagin^ capables de réagir sur la susdite poche, d’autant que la structure franchement musculaire de la prostate, le parfait développement des muscles du périnée, du releveur de l’anus, du bulbo-caverneux devaient forcément favoriser l’acte mécanique de l’éjaculation.
Ces considérations prouvent à l’évidence que
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JOSEPH OU JOSÉPHINE MARZO 67
Ularzo était apte à accomplir le coït, qu’il était ')uissant.
Reste à savoir si ce coït pouvait être fécondant ?
La réponse doit être absolument négative -, du moment où l’autopsie ne démontrait aucune trace :le liqueur séminale, il ne peut pas être question i.ie possibilité de fécondation.
Disons quelques mots de la manière dont le médecin expert aurait dû résoudre pendant la vie lie Marzo les questions médico-légales relatives à ïidentité (<^), au mariage (<^), et au viol (c).
(ij) Quoiqu’il faille, avec raison, accorder une |i;rande importance à l’expression des formes générales de l’organisme, je pense toutefois que les cir- '.'.onstances particulières qui se rattachent aux nrganes de la génération doivent occuper la première place dans la détermination du sexe.
Qu’est d’après ce principe que j’avais été conduit . admettre, chez Joseph Marzo, avant l’autopsie, ('existence d’organes génitaux internes du sexe iéminin.
La disposition externe des organes génitaux, du mont de Vénus au périnée, se rapprochait davan- Hge de celle de la femme, à Texception de Timpermration vaginale et du volume du clitoris; je trouvais la confirmation de mon opinion dans un cerîiin développement imparfait ou particulier du mrps et des membres. J’ajoute cependant que je ne connaissais à ce moment, tii là vie dé Marzo, ni ses
habitudes, ni ses tendances, ni son caractère moral, car si je les eusse connus, je n’hésite pas à déclarer que j’aurais été très embarrassé dans la détermination du sexe.
[b) Pour le médecin expert parfaitement au courant de la vie de Marzo, et qui l’aurait soumis à un examen minutieux, il n’y avait que deux hypothèses possibles.
C’est un individu mâle, avec les testicules cachés dans l’abdomen (cryptorchide).
Il est impossible de se prononcer sur le sexe.
En admettant la première, il n’y aurait eu au- ; cune opposition au mariage.
En se référant au deuxième, la question de mariage n’aurait pas pu être résolue. B
(c) Pour ce qui concerne la question du viol, dans les deux cas, il aurait fallu admettre la possibilité de son exécution.
De là découle aussi la nécessité de distinguer 'la
puissance virile et la possibilité de féconder. A coup sûr, Marzo aurait dû répondre de l’accusation de. viol qu’on aurait pu lui intenter, parce quûl avait en lui la puissance de l’accomplir ; mais il aurait été injuste de le rendre responsable, par acte judiciaire, de l’alimentation d’enfants illégitimes, dont la paternité lui incomberait, parce qu’il était complètement dépourvu de liqueur séminale.
Comme il est facile de se rendre compte des inconvénients inhérents à des faits de ce genre, j’au-
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:ai le droit de renouveler aux médecins experts ;:ette recommandation tutélaire :
Lorsque, dans la solution d’une question médicoégale, vous ne trouverez pas des données sufisantes pour prononcer un jugement précis et i^ertain, mieux vaut s’abstenir que d’avancer des propositions qui peuvent donner lieu aux erreurs mdiciaires les plus regrettables. »