CAS DE POLAILLON
d’un organe quelconque pouvant tenir lieu de rrègles.
Les organes génitaux externes étaient bien con- '^•formés. Mais, en arrière de la fosse naviculaire, le wagin n’était représenté que par une légère dépresssion, dont la profondeur, déterminée par la pres- >3ion du doigt, avait à peine deux centimètres. Rien lau-dessus de cette dépression n’indiquait la préssence d’un utérus.
Au niveau du canal inguinal, existait, de chaque c:ôté, une saillie, grosse comme une noix et ressembalant à une hernie.
A droite, la hernie contenait un corps assez dur, Dvoïde, mobile, donnant, lorsqu’on venait à le ::omprimer, la sensation d’une douleur particulière ^ijui partait du cœur.
A gauche, la hernie contenait aussi un corps dur, mais moins volumineux, moins sensible ; ces petites tumeurs étaient mates à la percussion. Les organes l^u’elles contenaient étaient réductibles, incomplètement à droite, complètement à gauche. Quand on imgageait la patiente à tousser ou à faire un effort, »n ne constatait pas que l’intestin fût propulsé en arrière ou à côté de ces organes.
Il était naturel de penser que les tumeurs en Ijiiestion étaient formées par des ovaires dégénérés, inertes, car à aucun moment la turgescence qui accompagne Tovulation ne se montrait dans ces organes.
Je pensais que ces organes pouvaient être des testicules, dont ils présentaient, à un certain degré, la consistance, la forme et la sensibilité, mais j’abandonnai celte hypothèse en considérant que la jeune personne offrait tous les caractères de la fémininité.
Il n’y avait pas d’opération à tenter; il suffisait de surveiller les tumeurs inguinales qui pouvaient devenir volumineuses et nécessiter une intervention.
Cette femme ne s’affecta pas de son état; elle s’adonna à une vie galante, et les tentatives de ses amants firent aussi bien que la chirurgie aurait pu faire.
J’ai revu cette femme à trois reprises. En 1888, sa dépression vaginale mesurait cinq à six centimètres de profondeur. En 1889, avait sept à huit centimètres. En 1890, elle avait la longueur de l’index et admettait un spéculum de Cusco. La peau, ainsi refoulée entre la vessie et le rectum, avait pris la teinte rosée et la finesse d’une muqueuse.
Or, cette femme a succombé dans mon service du fait d’une néphrite avec accidents urémiques.
A l’autopsie, faite par M. Brodier, mon interne on ne trouve ni trompes ni ovaires. La place de l’utérus est occupée par un épaississement des tissus formant un noyau gros comme un haricot. Ce noyau est un peu au-dessus et en avant du vagin artificiel.
Oï
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