ORIGINE DES ORGANES REPRODUCTEURS
à l’état de miniature dans les flancs de la femme [homimciilits)'^ pour venir au monde, l’homme n’avait qu’à croître et à grandir ( i).
Ce n’est ni sans peine ni sans combat que la science moderne est arrivée à renverser cet échafaudage de métaphysique transcendante. Et si, de nos jours, la théorie de la préformation ou de la préexistence, aussi bien que celle de l’emboîtement
(i) La théorie de la préformation peut se résumer ainsi : Dans révolution individuelle de chaque animal, de chaque homme, il n’y a aucune formation nouvelle, mais bien un simple accroissement des parties qui préexistaient toutes préparées de toute éternité, mais sous un volume extrêmement réduit et repliées sur elles-mêmes. Ainsi, dans le développement de l’individu, il n’y a pas formation d’organes, mais « évolution » d’organes, au sens strict du mot. Dans chaque œuf de poule, il y a un poussin en miniature. Ainsi le croyaient Bonnet, Spallanzani, Leibnitz et les plus grands esprits du dix-huitième siècle. — La conséquence nécessaire de cette théorie était l’idée de l'emboîtement des germes. Dans cette conception un seul individu pri mordial a été créé pour chaque espèce, et cet individu contenait en lui-même les germes de tous les individus de son espèce, qui ont existé ou qui existeront. Haller, — un grand physiologiste, — calcula ainsi le nombre d’hommes que Dieu créa simultanément et emboîta dans les ovaires d’Eve, notre commune mère; il l’évalua à 200,000 millions! — Quand Leuwenhoek, en 1690, eut découvert les spermatozoïdes dans la semence de l’homme, il s’éleva en face du camp précédent des ovistes un autre camp, celui des spermatistes, qui soutint à son tour que le spermatozoïde est un homme en miniature. De sorte que les testicules d’Adam auraient contenu déjà tout préparés les germes de tous les enfants des hommes qui ont habité ou habiteront la Terre jusqu’à la fin des siècles ! Il fallut le génie de G. -Fr. Wolff pour anéantir à tout jamais ces hérésies des théories rivales de l’emboîtement des germes masculins et de l’emboîtement des germes fémi-
nins.
trt
ORIGINE DES ORGANES REPRODUCTEURS l3
vdes germes (Sy'Jigéjièse) , ont disparu, culbutées fpar le souffle énergique de la vérité, je veux dire ode XEpigénese^ il n’a rien moins fallu pour cela que rintervention et le génie d’hommes comme WolfF, IBaër, Malpighi, Rathke, Remak, Bischoff, Reicchert, Coste, Schwann, toute la légion des embryoi:génistes modernes. Toutes les vérités scientifiques ;en sont là, il est vrai, et s’il a fallu la puissance ode la Géologie et de l’Astronomie moderne pour vdétruire la Cosmogonie ignorante et étroite du jjudaïsme, il faut arriver au merveilleux progrès cde l’histoire naturelle contemporaine, pour voir ila Morphologie sortir du chaos où elle était [•plongée depuis la plus haute antiquité. Si ces réîflexions sont vraies pour l’Organogénie en général, celles sont surtout applicables à Thistoire des organes génitaux.
Les organes génitaux se composent dans les deux ssexes :
1° D’un appareil de conduits excréteurs des glandes génitales, les conduits de Wolff t\. de } Muller ;
2^ D’un organe producteur de la cellule sexuelle ret génératrice, \di glande génitale ;
3° D’un appareil annexe de copulation et d’éjacculation, les organes génitaux externes.
Ces différentes parties sont autrement difléreniCiées dans l’un et l’autre sexe, parce que, dans le 5 sexe mâle, c’est une partie qui se développe, tandis
APPAREIL URINAIRE PRIMITIF
que l’autre s’atrophie, et que dans le sexe femelle c’est absolument l’opposé. De là proviennent les organes rudimentaires, parovaire, paradidyme, que l’on rencontre chez la femelle ou chez le mâle.
Mais comme le développement des organes génitaux est intimement lié à celui de l’appareil urinaire, il nous faut, avant d’aborder l’étude directe de l’origine des voies et des glandes génitales, esquisser préalablement l’histoire de l’appareil urinaire primitif, dont certaines parties se Joignent ultérieurement à l’appareil génital et servent dès lors (
de voies d’excrétion des œufs et du sperme. t
§ I®^ — Appareil urinaire primitif.
Il existe, chez les Vertébrés, trois reins successifs : ;
le pronéphros ou rem céphalique ; le mésonéphros i ou rein primitif, corps de Wolff; le métané- i phros 00 rem définitif, rein de l’adulte des Vertébrés supérieurs, de l’homme notamment (fig. i \ et 2).
Le premier rudiment de l’appareil urogénital est l’ébauche du rein céphalique ou rein précurseur . ; Celui-ci dérive d’un diverticule de la cavité du /, cœlome et communique avec cette cavité par un i nombre variable d’orifices en entonnoir, appelés ; néphrostomes , et ordinairement revêtus d’un épithélium cilié chez les Anammiens. De la sorte, se ;
APPAREIL URINAIRE PRIMITIF
forme une glande tubuleuse, une glande rénale primitive, avec laquelle l’aorte entre en rapport par des branches pour former les glomérules vasculaires, connus sous le nom de glomérules de Malpighi.
Quant au cajial excréteur de» ce rein, dont l’ori- ^ gine blastodermique est encore controversée, il provient de l’ectoderme, si l’on s’en rapporte aux recherches de Van Wijhe, Rabl, Beard chez les Sélaciens (fig- 2), de Perenyi chez les Amphibiens, de Mitsukuri chez les Reptiles, de Hensen, Flemming et Graaf Spee chez les Mammifères, et se développe d’avant en arrière jusqu’à ce qu’il atteint le cloaque où il débouche. Si cette manière de voir est exacte, on peut considérer que primitivement le canal du rein précurseur était très court et ne faisait que traverser la paroi du corps pour venir s’ouvrir à l’extérieur. Cette ouverture primitive à la peau du premier et du plus ancien des reins n’a rien d’irrationnel, car cette disposition s’est maintenue, à l’état permanent, chez les Cyclostomes. S’il en est ainsi, on voit toute l’analogie entre ce système des Vertébrés et les canaux segmentaires ou néphridies des Vers, canaux qui mettent le cœlome en communication avec l’extérieur et servent de voies d’élimination pour les produits sexuels et les produits d’excrétion.
L’existence du Pronéphros n’est que transitoire^ mais son canal excréteur persiste et se met en rap-
Fig. I. — Schèmes de l'évolution des organes génito-urinaires des Vertébrés.
5 è • — Appareil génito-urinaire des Amniotes. Stade d’indifférence
sexuelle.
Cl, cloaque; R, rectum; Al, allantoïde (vessie urinaire); G, glande génitale; W, canal de Wolft"; A/, canal de Müller; U, uretère (évagination rénale du canal de WolffJ; r, rein précurseur; 2, portion génitale du rein primitif ou corps de Wolff; 3, portion urinaire du rein primitif.
O . — Appareil génito-urinaire des Amniotes femelles.
O, ovaire; Ro, parovaire et rete ovarii ; Pa, paroophore; M, canal de Müller qui fournit M, la trompe de Fallope, U, l’utérus, et V. le vagin; F, pavillon de la trompe; H, hydatide pédiculée de la trompe; W'', portion du canal de Wolff qui disparaît (canal de Gârtner); U, uretère; Re, rein définitif; R, rectum; F, vessie; a, anus; c, clitoris; F, glande de Bartholin.
ô. — Appareil génito-urinaire des Amniotes mâles.
7, testicule; E, épididyme (vaisseaux efférents et rete testis); W, canal de Wolff (canal de l’épididyme et canal déférent) ; S, vésicule séminale ; h, hydatide sessile du testicule; H, hydatide pédiculée; M, portion du canal de Müller qui disparaît; va, utricule prostatique ou vagin mâle; Gi, paradidyme; Re, rein; R, rectum; V, vessie; a, anus; p, pénis; pr, prostate; c, glandes de Cowper.
— Schèmes de l'évolution des organes génito-urinaires des Vertébrés.
Ch. Debierre. — L’hermaphrodisme^
APPAREIL URINAIRE PRIMITIF
port avec un nouveau rein, le Mésonéphros ou corps de Wolff^ destiné à remplacer le rein précurseur, et se transforme en canal du rein primitif ou canal de Wolff.
Fig, 2. — Coupe transversale schématique du corps d’un vertébré (Sélacien). A droite, stade du rein précurseur; à gauche, stade du rein primitif.
I , moeiie épinière ; 2, corde dorsaie; 3, cavité des somites ; 4, portion myoblastique des somites (piaque muscuiaire) ; 5, canal du rein précurseur; 6, un canalicule du rein précurseur; 7, communication du coelome avec la cavité des somites ; 8, mésentère ; 9, artère mésentérique: 1 o, corpuscule de Malpighi du rein primitif; 1 1, capsule de Bowmann; 12, canalicule du rein primitif, dont l'extrémité ira s’aboucher avec i3, canal du rein précurseur (maintenant canal de Wolff); 14, aorte; i5, épithélium du coelome.
Les reins primitifs ont un développement indépendant. Leur ébauche est au début, ainsi que
appareil urinaire primitif 19
l’ont fait voir récemment sur les Sélaciens et les Amniotes, Segdwick, Van Wijhe etRüçkert, strictement segmentaire, ce qui tient à ce que les canalicules des reins primitifs dérivent de tubes primitifs
A, embryon du 4* jour : B, embryon du début du 5® jour de l’incubation; t*, cavité pleuro-péritonéale (cœlome); M, moelle épinière; C, corde dorsale, W, canal de WoliT; A. aorte; I, intestin; O et T, épithélium germinatif; Ve, veines cardinales postérieures; e, ectoderme; i, endoderme; 7M, feuillet fibro-cutané (somatopleure) ; 7?t’, feuillet fibro-intestinal (splanchnopleure).
ouverts (Sélaciens) ou pleins (Amniotes), qui s’éten^ dent de chaque somite au ccelome. En un rnot, ees
20 APPAREIL URINAIRE PRIMITIF
canalicules sont primitivement des tubes qui s’étendent de la cavité des protovertèbres à la cavité du cœlome. Ils dérivent donc de la grande cavité viscérale et leur paroi épithéliale est en connexion directe avec Tépithélium cœlomique. Lorsque les somites se séparent de cette cavité, ces canaux de communication sont transformés en culs-de-sac, qui continuent à s’ouvrir dans le cœlome et semblent en être un diverticule. Quand, chez les Amniotes, les somites se sont séparés des plaques latérales, les cordons cellulaires qui constituent la première ébauche des canalicules du corps de Wolff ou canaux segmentaires, serrés les uns contre les autres d’avant en arrière, semblent for- i mer une masse distincte interposée entre les segments primordiaux et la lame latérale; cette masse, c’est ce que l’on a appelé la plaque intermédiaire ou blastème du corps de Wolff ^ — parce que c’est dans son intérieur que se dilférencient les canali- | cules du rein primitif. |
Un peu plus tard, ces canalicules s’abouchent . j dans le canal de Wolff, et dès lors l’appareil du rein primitif est constitué.
Chacun de ses canalicules est composé, dans sa forme primitive, de quatre parties :
1° un orifice péritonéal infundibuliforme, garni d’un épithélium vibratile {entonnoir segmentaire^ néphrostome)\
2° un peloton artériel (glomérule vasculaire) con-
APPAREIL URINAIRE PRIMITIF
tenu dans la paroi invaginée de la partie moyenne du canalicule (capsule de Bowman), peloton et
Fig. 4. — Schème des organes génito-urinaires d’un Mammifère à un stade précoce (Allen Thomson^. — Vue de profil.
3, uretère; 4, vessie urinaire; 5, ouraque; ot, glande génitale (ovaire ou testicule); \V, corps de Wolff gauche; x, sa portion génitale ou supérieure; w, w, canaux de Wolff; wt, m, canaux de Müller; gc, cordon génital, composé des deux canaux de Wolff et des 2 canaux de Müller enveloppés dans une gaine commune (cordon de Thiersch) ; î, rectum ; ug, sinus uro-génital; cl, cloaque; cp, phallus (clitoris ou pénis); /s, bourrelet génital (grandes lèvres au scrotum).
capsule formant le corps que l’on appelle glomérule de Malpighi;
3® un tube terminal qui met le glomérule de Malpighi en communication avec le canal commun ou canal de Wolff.
22 APPAREIL URINAIRE PRIMITIF
Chez la plupart des Poissons, le rein primitif persiste et fonctionne toute la vie comme glande urinaire; mais chez d’autres poissons, notamment la plupart des Sélaciens, chez tous les Amphibiens, et chez les Amniotes, il acquiert des relations importantes avec l’appareil génital, et constitue le rete testis, les vaisseaux efférents, Tépididyme, le canal déférent et le paradidyme chez le mâle; le parovaire, l’hydatide et le paroophore chez la femelle.
Chez les Sélaciens et les Amphibiens, sa partie antérieure ou portion génitale se met en rapport avec l’appareil génital, et sa partie postérieure ou portion urinaire continue à fonctionner comme système urinaire définitif.
Chez les Amniotes, il cesse de remplir le rôle de glande urinaire, et c’est alors qu’on voit se développer un troisième rein, rein définitif ou métanéphros, ainsi qu’un nouveau canal excréteur, {'uretère.
Quant au canal de Wolffou. canal du rein primitif il fonctionne chez la plupart des Poissons exclusivement comme canal excréteur du rein primitif; chez les Sélaciens et les Amphibiens mâles, il sert de canal excréteur à l’urine et au sperme à la fois [canal de Leydig ).
Le rein définitif ou rein permanent provient d’une double ébauche :
1° D’une évagination de l’extrémité cloacale du
KXCRIÎTION DES PRODUITS SEXUELS
canal de Wolff, bourgeon rénal^ qui donne naissance à l’uretère, au bassinet et aux tubes droits, c’est-à-dire à tout l’appareil excréteur du rein;
2° D’un prolongement postérieur du blastème du corps de Wolff, qui fournit les canalicules contournés et les corpuscules de Malpighi, c’est-à-dire toute la partie sécrétoire du rein.
Pour certains anatomistes toutefois, — mais nous ne pouvons pas ici insister sur ce point de controverse, — le tube urinifère tout entier serait même fourni par des branches du canal rénal primitif.
^^2. — Voies d'excrétion des produits sexuels.
Nous connaissons maintenant le canal de Wolff qui existe aussi bien chez le mâle que chez la femelle; voyons ce que l’on a appelé le canal de Millier, que l’on rencontre également dans les deux sexes (voy. fig. 1,2, 3, 4 et 5).
Dans le fond de la cavité pleuro-péritonéale, de chaque côté de la colonne vertébrale, on voit une saillie allongée, appelée pli génital ou éminence sexuelle,, constituée par un épaississement de la splanchnopleure et recouverte par l’épithélium du cœlome, qui, épaissi et modifié, à ce niveau, porte le nom à.' épithélium germinatif, épithéliumgerme.
C’est dans ce pli qu’on trouve le canal de Wolff,
24 ÉXCRÉTION DES PRODUITS SEXUËLS
et à côté de lui le canal de Müller. Ce dernier dérive, chez les Sélaciens et peut-être aussi les Amphibiens, du canal du rein primitif par un cloisonnement de celui-ci (Semper, Balfour, Hoffmann). Il résulte de là que, chez les femelles de ces animaux, le canal du rein primitif ne fonctionne que comme canal excréteur du rein primitif, car le canal de Müller fournit la trompe, l’utérus et le vagin. Si celte subdivision du canal de Wolff primitif en deux canaux secondaires est exacte, on ne peut s’expliquer cette formation qu’en admettant que cet organe accomplissait, au début, une double fonction. Il devient ainsi probable qu’il servait anciennement à éliminer à la fois le produit de sécrétion des tubes segmentaires du rein primitif et les produits sexuels. Les œufs et les spermatozoïdes arrivés à maturité tombaient dans la cavité générale du corps, passaient de là par l’entonnoir du rein céphalique, et étaient enfin rejetés au dehors par le canal de Wolff primitif. Chez nombre d’invertébrés, les Vers notamment, cette disposition primitive s’est maintenue; les canaux segmentaires servent à la fois de conduits pour « l’urine » et pour les produits sexuels.
Chez les Vertébrés, au contraire, chacune de ces deux fonctions s’accomplit par un canal particulier. L’un de ces canaux a perdu sa communication avec le cœlome, mais est resté uni aux tubes segmentaires du corps de Wolff et sert désormais à
EXCRÉTION DES PRODUITS SEXUELS
Fig. 5. — Coupe transversale du tronc d’un embryon de canard de 24 somites (Balfour).
O»!, amnios; so, somatopleure ; sp, splanchnopleure; ji/d, canal de WolfF; St, tube segmentaire; ca, v, veine cardinale; ms, plaque musculaire; ganglion rachidien; sp, c, moelle épinière; ch, corde dorsale; . ao, aorte; Ay, hypoblaste.
EXCRÉTION DES PRODUITS SEXUELS
Texcrétion urinaire; tandis que l’autre a conservé l’entonnoir péritoneal du rein céphalique, et sous le nom de conduit de Millier s’est adapté spécialement à l’excrétion des produits sexuels chez la femelle.
Fig, 6. — Coupe transversale du tronc d’un embryon de Scyllium
(Balfour).
sp, c, moelle épinière; W, substance blanche de la moelle; jpr, racines postérieures; ch, notocorde; ao, aorte; mp, plaque musculaire (myotome); mp', couche interne du myotome convertie en muscles; Vr, rudiment de corps vertébral ; st, tube segmentaire; sp, v, valvule spirale V, veine sous-intestinale; sd, canal segmentaire; p, o, ovules primordiaux.
Chez les Amniotes toutefois, les origines du canal de Millier sont encore mal connues. Son extrémité antérieure paraît provenir d’une invagination de l’épithélium cœlomique qui revêt la face externe
EXCRÉTION DES PRODUITS SEXUELS
du rein primitif, tandis que le restant du canal proviendrait pour les uns de rallongement de cette ébauche d'avant en arrière, et que pour d’autres il
Fig. 7. — Corps de Wolff au 5« jour de l’incubation chez le poulet
(Waldeyer).
A, aorte; ms, sm, mésentère ; 77a, paroi abdominale; G, glomérure Malpighien du corps de Wolff ; W, corps de Wolff ; w, coupes des canalicules du corps de Wolff; GW, un de ces canalicules en rapport avec un glomérule; i, stroma de la glande génitale; O, épithélium germinatif contenant déjà des ovules primordiaux; M, ébauche du canal de Müller.
procéderait du canal de Wolff, comme cela se passe chez les Sélaciens.
Quoi qu’il en soit, le canal de Müller progresse d’avant en arrière et vient s’ouvrir dans le sinus uro-génital à côté des canaux de Wolff, — cela aussi bien chez le mâle que chez la femelle.
GLANDES SEXUELLES
Chez les Sauropsidés, les canaux de Müller restent séparés toute la vie, comme chez les Anamniens (Poissons et Amphibiens) ; il en est de même chez les Mammifères inférieurs (Didelphes) ; mais chez \ les Mammifères, l’homme y compris, ils se soudent dans une étendue plus ou moins grande (Monodelphes) pour donner naissance au canal utérovaginal. Chez les Sauropsidés mâles, jamais ils ne débouchent dans le cloaque; il ne peut donc exister i chez ces animaux de « vagin mâle ». ■!
Enfin, ce n’est qu’à partir des Mammifères ï supérieurs aux xMarsupiaux qu’il se développe un périnée, et conséquemment un sinus uro-génital, c’est-à-dire une séparation des voies génito-uri- i naires d’avec le rectum.
Nous connaissons les futures voies d’excrétion des produits sexuels; voyons maintenant l’origine des glandes sexuelles.'
§ 3. — Glandes sexuelles.
Au moment où le canal de Müller commence à ’ i se former, apparaissent aussi chez les Vertébrés les premières traces des glandes génitales. Elles ^ naissent d’un épithélium germinatif situé à la face ^ interne du corps de Wolff et constituant une partie | différenciée de l’épithélium du péritoine; cette partie c’est ce qu’on appelle V épithélium-germe. | C’est de cet épithélium que sortent par proliféra-
GLANDES SEXUELLES
lion aussi bien les éléments sexuels du mâle que les éléments sexuels de la femelle, ovules mâles ou spermaîomeres d’une part, ovules femelles ou de l’autre. — A ces ébauches des glandes
Fig. 8. — Organes génito-urinaires d’un fœtus humain de 2 mois.
1 V, vessie urinaire érignée et renversée en avant; R, rectum; V', colonne vertébrale; U, uretère; R, rein; S, capsule surrénale ; W, corps de Wolff; w, canal de Wolff; M, canal de Muller; G, glande génitale; H, gubernaculum de Hunter; T, cordon génital de Thiersch ; d, diaphragme.
génitales viennent se joindre des cordons qui émanent du corps de Wolft ; ces « cordons génitaux » wolfiens formeront, dans le testicule, les tubes droits et le réseau de Haller.
Parues sur les côtés de la colonne vertébrale, dans la région des lombes, ces glandes descendent
GLANDES SEXUELLES
plus tard, les ovaires dans le grand bassin, les testicules dans les bourses.
Telle est l’ébauche primitive des organes génitaux internes dans les deux sexes.
Mais si les canaux et les glandes du système uro-génital sont primitivement les mêmes aussi bien chez le mâle que chez la femelle, ces organes se différencient ensuite différemment dans les deux sexes.
Tandis que, chez le mâle, c’est un testicule qui prend naissance, chez la femelle c’est un ovaire ; alors que, chez le mâle, c’est le canal de Wolffqui se développe pour fournir le canal excréteur du testicule, chez la femelle, c’est le canal de Millier qui s’accroît pour se transformer en trompe de Fallope, utérus et vagin ; tandis que chez le mâle, ce sont les canaux de Millier qui s’atrophient, chez la fe melle, ce sont les canaux deWolff qui disparaissent, excepté chez certaines espèces, les Ruminants et les Suidés notamment, où ils persistent en partie pour former les canaux de Gartner'.
Toutes ces transformations, que nous ne pouvons poursuivre ici plus loin, nous les résumons dans le tableau ci-dessous:
Homologies des organes génitaux internes de la femme et de l'homme.
Ovaire. Testicule.
Cordons médul- Canaux séminilaires. fères.
Glande génitale.
ORGANES GENITAUX EXTERNES
Conduit de Mûller
Corps I de Wolff
Portion supérieure ou génitale.
Portion inférieure ou urinaire.
Canal de Wolff.
Portion supérieure.
Trompe; utérus. Hydatide du testicule.
Portion inférieure .
Vagin.
Hymen.
Hydatide pédiculée de la trompe.
Canalicules de Pépoophore.
Rete ovarii.
Parovaire.
Canalde l’époophore.
Canal de Gartner.
Utricule prostatique.
Verum ontanum.
Hydatidepédiculée de l’épididyme.
Canaux efférents de la tête de l’épididyme.
Rete testis.
Paradidyme.
Canal de l’épididyme.
Canal déférent, y compris la vésicule séminale et le conduit éjaculateur.
§ 4. — Organes génitaux externes.
Pour être à même de comprendre le mécanisme de production des diverses formes d'hermaphrodisme, il nous reste à dire un mot de l’origine iies organes génitaux externes.
Les organes génitaux externes sont absolument ndépendants, dans leur formation, des organes ‘énitaux internes. Ils se développent, chez le mâle :omme chez la femelle, aux dépens d’une ébauche dentique, au pourtour de l’orifice du cloaque.
Le cloaque est une petite cavité située à l’extré-
ORGANES GENITAUX EXTERNES
mité caudale de l’embryon, et dans laquelle débouchent et l’intestin terminal (rectum) et le pied de l’allantoïde, c’est-à-dire le sinus uro-génital. Il s’ouvre à l’extérieur par un orifice en forme de | fente, V orifice chacal, et persiste chez les Amphi- i* biens, les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères ^ inférieurs (Monotrèmes), tandis que, chez les autres ! Mammifères, il n’existe que pendant la vie embryon- ^ naire, une cloison venant plus tard subdiviser cette ] cavité en une partie antérieure, désormais exclusivement génito-urinaire, le sinus uro-génital, et en une partie postérieure dès lors exclusivement intestinale, le rectum ou plus tard le canal anorectal. — Dans le sinus uro-génital s'’ouvrent les canaux de WolfF et les conduits de Müller fig. 4), et plus tard les uretères.
En même temps que le cloaque se divise, par suite I de la formation d’une cloison transversale (ou fron- j| taie), pendant la sixième semaine de la vie intra-jl utérine, chez l’homme, on voit se développer à la il partie ventrale du sinus uro-génital, et cela dansjl l’un comme dans l’autre sexe, un tubercule,, appeléjl
Etat indifférent : I, embryon de o™oi6 ; II, embryon de o'“020 , III, em ji bryon de 0,027. — Type féminin : A, embryon de o,o3i; B, embryonjJj du milieu du à® mois ; G, embryon du début du 6« mois. — Type culin: A, embryon de o^oSy (fin du 3« mois); B', embryon du milieu d»
. 4" mois; G', embryon de la fin du 4® mois (d’après Ecker) ; i, cloaqueM 2, tubercule génital ; 3, gland; 4, sillon génital; 5, bourrelets gériitaujM (grandes lèvres, bourses); 6, cordon ombilical; 7, anus ; 8, queue IB g, replis génitaux (petites lèvres); lo, simus uro-génital; 11, frein dijfl* clitoris; 12, prépuce du gland; i3, orifice de l’urèthre; 14, orifice dilB vagin; i5, hymen; 16, raphé scrotal. Il
Fig. 9 Développement des organes génitaux externes.
. . Debierre. — L’hermaphrodisme.
ORGANES GÉNITAUX EXTERNES
il!
tubercule génital ou phallus (2, fig. 9) dont la face inférieure présente un sillon médian, le sillon génital (4, fig. g) qui s’étend jusqu’à l’orifice du cloaque, et se trouve bordé par un repli de la peau, les replis génitaux (9, fig. 9). Ce tubercule et l’orifice cloacal sont entourés par un bourrelet cutané, les bourrelets génitaux (5, fig. 9). Lorsque le cloaque s’est subdivisé par suite de la formation de deux replis qui marchent l’un vers l’autre comme deux rideaux qu’on rapprocherait (Rathke, Retterer), autrement dit lorsque la cloison perinéale est venue séparer le sinus uro-génital de l’anus, il existe deux orifices d’excrétion à l’extrémité caudale de l’embryon, Ventrée du sinus urogénital^ et Vanus qui s’écarte de plus en plus de l’orifice uro-génital à mesure que le périnée s’épaissit et s’achève.
A partir du quatrième mois, cette ébauche sexuelle, identique chez le mâle et chez la femelle, commence à se différencier èt à tourner, soit vers le type mâle, soit vers le type femelle.
Chez la femelle, le tubercule génital reste petit et devient le clitoris; les replis génitaux s’allongent et deviennent les petites lèvres, limitant un espace où s’ouvre l’urèthre et le vagin qu’on appelle ves^ tibule du vagin (l’ancienne entrée du sinus urogénital). Enfin, les bourrelets génitaux deviennent volumineux et constituent les grandes lèvres.
Chez le mâle, le tubercule génital s’allonge con-
îtjr
ORGANES Génitaux externes 3 5
sidérablement pour former la verge ; les replis génitaux se soudent à sa face inférieure et transforment le sillon génital en un long canal, le canal de Vurethre^ qui apparaît comme un prolongement du sinus uro-génital ; les deux bourrelets génitaux s’unissent sur la ligne médiane pour former le saC sa'otal dans lequel descend le testicule vers la fin de la vie utérine. La soudure des bourrelets génitaux reste écrite pour ainsi dire sur le scrotum luimême sous la forme du râplié scrotal. Dans la portion initiale du canal de l’urèthre enfin, l’ancien canal uro-génital, continuent à s’ouvrir le vagin mâle et les canaux éjaculateurs •, des différenciations spéciales des parois de cette portion du canal donnent lieu à la prostate.