L£ PANIER OU JOURNALISTE
niers. Aussi voyons- nous que les journalistes anglais rendent compte des moindres bagat^es qui leur sont adressées. Il ne parait pas une Imtochure dans les trois royaumes dont on ne lise Textrait dans leurs feuilles : voilà pourquoi , dans ce pays-là 9 une concorde vraiment fraternelle, une amitié touchante unit les critiques et les hommes de lettres, et vous le concevez facilement : un moyen infaillible de plaire aux petits auteurs, c^est de parler des petits ouvrages; espérons qu'à r instar de leurs confrères d'outremer, les journalistes français fieront unauto-da-fé de leurs paniers , qui donnent un air si mesquin à notre littérature , et (Mit peut-être déjà absorbé une douzaine d'épopées.
Quant à moi, je confesse que mon panier commence à peser furieusement sur ma conscience ; je ne puis le regarder sans éprouver des vemords. Ce n'est plus qu'en détournant la tété que je grossis le nombre de ses victimes, et je n'y jette pas une des légères productions de M. Hus sans songer au Paradis perdu. Quelquefois il me prend envie de vider ce vaste tombeau et d'exhumer enfin toutes les brochures que j'y ai enterrées. Leur triste condition excite