LS CIMETIERE DU P. LACHAISE
neiirs, et la religion, qui n^en doit jamais être séparée , leur imprima son auguste caractère : alors recommencèrent à s^ élever ces monumens où te tendresse maternelle et la piété filiale, où la reconnaissance et l'amitié gravèl^ent de ten^dres et touchans souvenirs. La cendre d'es morts est donc redevenue chez nous Tobjet d'un culte particulier , et nous voyons avec une vive satisfaction qu'à cette époque de Pannée, qui est plus spécialement consacrée à tels honorer , leurs tristes demeures sont aussi fréquentées que les promenades publiques dans les plus beaux jours de Tannée. La semaine dernière nous en a offert une nouvelle preuve ; combien de parens , combien d'amis sont allés s'attendrir et prier sur la. tombe de ceux qui leur furent chersl L'affluence était telle que la police se vit obligée de prescrire , à l'entrée des cimetières , Içs mesures de précaution qu'elle prend ordinairement à la pc^e de nos spectacles. Voilà le Français ! ceux qui cherchent encore à dénaturer son caractère doivent reconnaître aujourd'hui l'inutilité de leurs efforts ; leurs désolantes doctrines sont repoussées avec indignation de tous les cœurs. En décrivant les monumens funèbres, M. Mar-
LK rj:ttËTI£BE DO P. L4GHAISE. ±^5
ehând de Beaumbnt n'a point oublié les inscriptions qui les couvrent» Quelques -nÎMis rn^ont paru fort 'ti[>uchàates , et'j^y reviendrai; mais combien font picié , combien , suivant moi , ^suffisent pour provoquer la surveillance de Tauteritë! Je ne suis pas plus qu'un autre ami de la censure ; je {a regarde comme un de Ces maux que la misère des tems k'endm.^cessaires; mais j'avoue qtic'un censeur des ëpitapheà me plàkait fort; et, certes, ses fonctions^ ne seraieiU pas . sans utilité : grâeeàlui,. pour peu quil eût'de tact et d'habileté, nous ne verrions plus dans nos cimetières tant d'inscriptions bizarres qui scandalisent les passans, et excitent en eux un seiïffmei^' bien différent dé' cêTiiiqiîe la gravité du' lieu doit inspirer. '• ''
tndiilgéns^ pour lés faiblesses humaines , accordons' quelque' chose i la vanité, puisqè'à toute fdrfcé elle veut même survivre H la mort;
mais ne souffrons pas qu'elle Soit poussée jus-
qu'eau" ridicule. J'ai hT dans Jt cimetiète du Père Lachaise des épitapVés tellement extravagantes, que si les défunts' en avaient connaissance , ils seraient tout honteux des éloges qu'on leui^ prodigue , et que leur 'rang dans la société ne leur
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a pas m&me pennis d'aqibitioimQrk Un cenAeur remédierait à cet abus, qui e»t plus. grave qalon ae pense ; car les étrangers vteilient tous les ^ours nos ctmetîères; it». Usent nps insiriptionay et peuvent se former une ^s-^Ëutsae idéfiideA»tre goût et de notre respect.pour.les OMivenaBces. Censurons donc les étpitaphes; |e le demande an nom de Thomieur nation^, ■■ Qn lit i9iir le tombeau, d'un coiffeur ce jnagaifiqne quatrain :
Actir, inteUigent, pleiiè âe^oM etd^adressé , Il fut» aiinanljea arts , lerprefpi^ dans Iç.iîen* Sensible ek géoéreux > soi\ cq^vlç noûta l'ivrc^ae Du bonheur , à\jL génie et de rhomme de bien.
Q)ie.,l3rCoif%jÇ ^it.uii,2^t, jném^uif a^t adoiirable ; que M... ait surpassé tous. se^:riv4ni^ , c'est ce que j'accorde ti^ès^-yDlpatier^; n^jns les deux dernier;^ yeçs son^-ih là bien à |e)ir p)ace? I46 finie j^t ypus jsemble-t^il pas uapea fort^ lorsquUl s'agit d'un .artiste , brè^^-habilç; sans donte , et cr^teurj^i Ton vf u^ , mais qoi>. ^ès tout , n'a créé que ^es^perru^ues ?
Sur quelle tombe croyez-vous qu'on ait ^vé ce vers d'Ui^ace ; ,