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.tonnages qu'on sait par cœur. Cinq années de sëjour en Russie m'ont mis en rapport avec quelques-uns de ce§ voyageurs, exclusifs ; chacun m'interrogeait sur l'objet de sa marotte , sans qu'il lui vînt à l'idée de s'intéressera autre chose. L'un d'eux fut surnommé le Chevalier des pilastres , parce qu'il comptait minutieusement toutes les canelures des édifices publics ; il passait des heures entières devant un portique. Si ce chevalier écrit , son Kvre aura un graiid air de probité ; mais les plus honnêtes gens veulent plus que de la probité dans un ouvrage.
Un académicien russe , qui connaissait mon projet de publier mes observations , me disait , avec une aimable franchise : « M. Tobservaleur, dites-nous de bonnes -vérités , nous les recevrons sans humeur ; nous n'aimons pas plus les flat#ries insipides , que les cejasures trop amères. Les libelles irritent et ne corrigent personne ; critique saine et de bOn^goût , satire des
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ridicules et justice rendue à ce que nous avons de louable , voilà ce qu'on attend de vous ; ^ vous suivez cette marche , vous serez du très -petit nombre d'écrivains dont nous n'avons pas à nous plaindre.
» — J'ai obëi à vos inspirations avant de les connaître , répondis-je à mon académicien: impartialité et vérité, telle est ma devise. Si j'ai été parfaitement accueilli dans le monde, je n'ai retiré de mon voyage ni fortune , ni honneurs. Je ne suis donc nullement sous le charme des bienfaits ; la liberté de mes jugeinens ne saurait indisposer un protecteur ni un Mécène , car il n'y en a plus chez vous. Ainsi , mes opinions restent parfaitement indépendantes ; le bien et le mal que je dirai seront l'expression ^franche de ma pensée. » '
Touteftis, je crois que le bien sera en majorité dans cet ouvrage. A moins d'avoir l'humeur chagrine on beaucoup de mauvaise foi, il est impossible , après
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quelques anpëes de séjour en Russie , d*ëchapper a celte conviction : c'est que ce peuple e^t éimnemioaent bon, spirituel , valeureux « religieux et charitable. Il me semble que ces qualités , incontestables pour la &asse de la nation, devaient désanner les écrivains allemands e|; anglais , qui traitèrent Içs Russes avec une impitoyable sévérité»
Je me suis peu étendu sur la littérature nationale., parce que Tlnt^oduction de mon jinth(^ogie russe * renferme un précis historique qn ce genre , depuis la naissance des lettres jusqu'à nos jours ; chaque morceau de poésie est précédé ou suivi d'une notice biographique , historique et littéraire* Daps les circonstances actuelles, cet empire attire assez les regards pour donner de l'intérêt aux pro-
* Cet ouyrage , formant un volume in-8o de quatre cents pages, se trouTe à Paris, chez Trouvé, imprimeur-libraire, rue Notre-Dame-des-Victoires ^ ri^ i6; et cheï Pillet aine. Prix : & fr.
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ductions qui doivent le faire mieux connaître. ,
Mes çfforts, je le rëpète , ont eu pour but unique dé peindre les diverses classes , les usages , les moeurs nouvelles, et ce qui leste des anciennes coutumes^ les principales institutions , enfin , les fêtes nationales , tant profanes que sacrées : cette partie me semble avoir été négligée dans les narrations de beaucoup de voyageurs. Les grandes joies 6t les grandes tristesses d'un peuple sdnt des pierres de touche; les hommes pensent tout haut dans ces manifestatfons solennelles de sentimens pénibles ou joyeux, et c'est alors que l'observateur a beau jeu pour les peindre. Les deux Nouvelles que contiennent les second et troisième volumes inspireront , j'ose l'espérer , un vif intérêt de curiosité à mes lecteurs. Toutes deux sont historiques , et offrent une fidèle peinture de mœurs el d'habitudes"^ nationales.
Je dois le dire avec franchise , cet
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oavTdge s'adresse particuKèrement aux gens du monde ; c'est à eux surtout qua j*ai voulu donner une idée exacte de la Russie ; mes peintures offrent au moins Vattraît de la véritë. Je serais bien paye de mes Bourses lointaines et de mon travail, si le lecteur pouvait éprouver un moment d'illusion ♦ et se dire en posant le livre : <t J'ai été en Russie, je connais lei Russes. »
A. iB. fl est nécessaire de fi^re observer que tous }es noms de baptême dis^séminés dans cet ouvrage sont des noms en Tair dont je me sers pour Tintérét du récit. H n'en est p'^s de même des noms de famîUfe qui s'y trouvent : reui^-là ne sont point supposés.