‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 124 sur 197 · LIVRE HI. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE HI. — CHAPITRE VII

chargée de la servir, Anne Barroy, sa cousine. Quoiqu'elle ignorât les peines intérieures quelle souffrait, elle ne laissait pas d'admirer cette fidélité ponctuelle et invariable, que la Sœur Le Ber ne pouvait lui cacher : celle-ci étant dans la nécessité de recevoir journellement de ses mains, les aliments, et les autres objets, dont elle avait besoin. Il est même à remarquer qu'étant devenue Sœur de la Congrégation, et obligée dans la suite de mettre par écrit ce qu'elle avait remarqué des vertus de la Sœur Le Ber, elle ne put s'empêcher d'insister particulièrement, sur sa constance invariable à observer les moindres points de sa règle. " Elle faisait tout M avec tant d'exactitude, dit-elle, qu'on ne " vit jamais un plus beau modèle de fidé- M lité, ni un plus puissant motif pour ani- " mer, même les plus ferventes, à la plus " parfaite observation de nos règles, jus- " que dans les plus petites choses, et à " nous confondre dans les moindres infidé- " lités." Un premier fruit que la Sœur Le Ber retirait de cet état d'épreuves, c'é-

tait donc de se porter à l'observation fidèle de son règlement, par le seul motif du pur amour de Dieu.

Les âmes que Dieu sanctifie par des peines semblables, si elles persévèrent, néanmoins, dans la fidélité à leurs exercices sont quelquefois tentées d'un autre côté. L'ennemi de tout bien leur faisant faussement envisager cet état d'épreuves, comme nuisible à leur avancement dans la vertu, s'efforce de leur mettre dans l'esprit, que si elles n'en sortent pas, tout est perdu pour elles. Puis, dans la vue de les écarter du droit chemin, il leur persuade que le directeur à qui elles s'adressent, ne connaît pas les peines qu'elles éprouvent, qu'il n'a pas grâce pour les en délivrer ; et sous le spécieux prétexte de leur avancement spirituel, il les porte à désirer de s'adresser à quelqu'autre. D'où il arrive, que plusieurs cédant à la tentation, quittent légèrement et sans conseil leur confesseur : sans s'apercevoir, que le motif véritable de ce changement, est moins le désir de s'avancer dans la vertu, que le dégoût et l'impa-

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