‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 157 sur 197 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

La violence de son mal, qui semblait devoir lui faire oublier tout le reste, ne diminua rien de son affection ni de sa sollicitude pour ses chères sœurs de la Congrégation. Au contraire, se rappelant alors, que dans l'acte de sa dernière fondation, elle n'avait point déclaré l'usage qu'elle désirait faire du petit mobilier renfermé dans sa cellule : elle craignit que les Sœurs de la Congrégation, à qui elle avait toujours intention de le laisser, ne fussent inquiétées à ce sujet, après sa mort. Elle fit donc appeler le Notaire, et lui dicta ses dernières volontés, déclarant " Que tous 11 ses meubles, ustensiles, hardes, linges, et " généralement tout ce qu'elle pouvait " avoir tant dans sa cellule, que dans les " autres lieux de la Congrégation, appar- 11 tiendraient aux Sœurs, après son décès, 11 sans qu'elles pussent être troublées ni " inquiétées à ce sujet, par qui que ce fut." Enfin se rappelant qu'elle avait promis àune jeune fille, qui était alors au Mississipi, la somme de 500 livres: elle chargea M. de Longueuil de la lui délivrer. Elle fit

cette déclaration le 22 de Septembre, et la signa, quoiqu'elle fut au lit.

Après s'être ainsi dépouillée de tout ce qu'elle avait pu avoir, elle ne songea plus qu'à se disposer à son dernier passage. Od vit alors, combien les mortifications extérieures qu'elle avait pratiquées toute sa vie, avec tant de ferveur, avaient jeté dans son cœur de profondes racines. Pressée par les ardeurs d'une fièvre brûlante, elle ne demanda jamais aucune sorte de breuvage, pour se soulager. Comme une victime sur l'autel, elle offrait à Dieu le sacrifice de sa vie ; recevant cependant par obéissance, tout ce que la personne qui la servait, jugeait à propos de lui présenter. Elle était alors assaillie par une toux des plus violentes ; et dans cet état, elle combattait sans cesse contre elle-même, pour s'abstenir de tousser, de peur, se disait-elle, de manquer de respect au Très-Saint Sacrement, qui n'était séparé d'elle, que par la légère cloison de sa cellule. Un jour que pendant la Sainte Messe, elle s'était laissée aller aux mouvemens impérieux de

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