‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 160 sur 197 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

" et ainsi qu'il sera jugé à propos, pour la 11 pompe funèbre, par l'exécuteur du pré- " sent testament, pour lequel elle nomme 11 la personne de M. Charles Lemoyne, " Baron de Longueuil, gouverneur de Mon- " tréal, qu'elle prie de le vouloir faire " exécuter et accomplir sans en rien omet- « tre."

La Sœur Le Ber dicta son testament le 1er jour d'Octobre, dans l'après-midi; et quoique très abattue par la violence de la maladie, elle eut assez de force pour le signer. Le lendemain, ne prenant conseil que de sa ferveur, et pensant qu'elle serait en état de faire elle-même, quelqu'une de ses prières ordinaires, elle demanda ses Heures, pour réciter l'Office de la Croix. On les lui plaça dans les mains, et, comme elle était incapable de faire le moindre mouvement, on la souleva pour la faire mettre en son séant. Mais, saisie d'un éblouisse-

ment soudain, elle tomba dans une extrême faiblesse, qu'on craignit être celle de la mort : ce qui fut cause, qu'on ne différa plus de lui donner le Saint Viatique. Il lui fut porté avec toute la solennité qu'on peut mettre à cette touchante cérémonie. Les Sœurs de la Congrégation, ayant chacune un cierge allumé à la main, accompagnèrent le Très-Saint Sacrement, jusqu'à la cellule de la mourante, où quelques-unes entrèrent. C'était le 2 d'Octobre, à 4 heures après-midi, le jour même des Saints Anges G-ardiens, auxquels elle avait toujours eu une dévotion si affectueuse, et une si vive confiance. On eût dit, que ces Esprits bienheureux, dont elle avait eu tant à cœur de retracer la vie et les vertus, étaient venus, par un effet de leur sainte familiarité avec elle, se joindre aux anges visibles qui la visitaient, pour être aussi eux-mêmes témoins de sa ferveur. Il serait difficile de rendre, par le discours, les sentiments que cette vierge admirable fit paraître dans ce moment solennel. On a vu que sa religion profonde envers Jésus-Chkist

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