LIVRE IV. — CHAPITRE IV
" et la dévotion de tout le Mont Real et
" des environs, d'où l'on vint en foule, pour
" regarder et admirer le saint corps de cette
" Vierge. On distribua ses pauvres haillons,
" jusqu'à ses souliers de paille ; et tous ceux
" qui purent avoir quelque chose d'elle,
" s'estimèrent heureux, et le révérèrent
" comme des reliques. Plusieurs personnes,
" affligées de différentes maladies s'appro-
" chèrent de son cercueil, et le touchèrent
" avec beaucoup de respect et de foi ; et on
assure depuis, qu'elles ont été guéries.
M Après ce grand concours, on lui fit de
11 magnifiques obsèques ; et on lui donna
m toutes les marques de la plus grande
" vénération. Son corps fut présenté à
" l'Église de la paroisse, pour y faire son
" service ; et M. de Belmont, Supérieur du
" Séminaire de Montréal et Grand-Vicaire,
" prononça une très belle oraison funèbre
" à sa louange. On rapporta ensuite le
m corps dans l'Église de la Congrégation,
" où il fut inhumé auprès de celui de M. Le
" Ber son père," et où, le lendemain, il y
eut un autre service solennel.
Par respect pour sa dépouille mortelle, qu'elles avaient le bonheur de posséder, et aussi par reconnaissance pour sa générosité envers elles, les Sœurs de la Congrégation firent placer, sur la tombe de la Sœur Le Ber, l'inscription suivante, écrite en lettres d'or :
CY GIST VÉNÉRABLE SŒUR JEANNE LE BER, BIENFAITRICE DE CETTE MAISON, QUI AYANT ÉTÉ RECLUSE, QUINZE ANS, DANS LA MAISON DE SES PARENTS, EN A PASSÉ VINGT DANS LA RETRAITE, QU'ELLE A FAITE ICI.