‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 41 sur 197 · LIVRE I. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE IV

de toute affection aux choses créées. C'est pourquoi, Notre-Seigneur dit dans l'Évangile : Bienheureux ceux qui ont le cœur fur, parcequHls verront Dieu, c'est-à-dire : parcequ'ils le verront, non seulement dans le ciel par la claire vue de sa divine essence ; mais encore sur la terre par l'oraison, où il leur manifestera ses beautés adorables, et ses ravissantes amabilités.

Ce fat ce qu'expérimenta Mlle Le Ber, dès sa plus tendre enfance, à cause du soin qu'elle avait de mortifier ses sens et ses affections naturelles et de vivre par là dans un parfait recueillement. Voici ce que rapportent sur ce sujet, ses anciennes Maîtresses. " De son recueillement naissait en " elle un grand attrait pour l'Oraison, clans " laquelle il semble que le Saint Esprit ait " voulu être son premier maître. Son zèle " pour l'Oraison était même si ardent, que " n'étant encore qu'une petite enfant, on " l'a trouvée souvent à l'écart, où elle s'é- " tait cachée pour prier Dieu. Si quelque- " fois pendant les récréations communes, " on s'apercevait qu'elle avait disparu de la

a compagnie des autres pensionnaires : on u était sûr de la trouver prosternée devant " le Très-Saint Sacrement, ou devant quel- " qu'oratoire de la maison."

Heureuses les Maîtresses qui n'ont à reprendre dans leurs plus vertueuses élèves, que de semblables excès de ferveur ! Au lieu de nuire à l'édification des autres, ces excès laissent au contraire dans les esprits et dans les cœurs, des sentiments de respect et d'admiration, pour la fervente piété qui les fait entreprendre, et sont môme pour les institutrices, le signe précoce et les heureuses prémices des fruits qu'elles espèrent pour l'avenir, de la part de leurs élèves, comme il a paru d'une manière incontestable dans Mlle Le Ber.

On peut croire raisonnablement, avec les Religieuses Ursulines, que cette sainte enfant, appelée de Dieu à un genre de vie tout angélique, comme on le verra bientôt, ne se séparait ainsi de ses compagnes, que par un mouvement particulier du Saint-Esprit, qui voulait donner dès lors des indices de sa vocation future. C'est ce que nous voyons

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