LIVRE II. — CHAPITRE I
action de grâces, qu'elle prolongeait le plus qu'il lui était possible.
En outre, elle ne manquait jamais, quelque temps qu'il fit, d'aller tous les jours l'après-midi, à l'église pour rendre ses devoirs à Notre-Seigneur dans le Très-Saint Sacrement ; et là, on ne pouvait s'empêcher d'éprouver un profond sentiment de respect pour elle, en la voyant, dans une modestie ravissante, témoigner avec la ferveur d'un Séraphin, à ce bien aimé de son cœur, ses sentiments d'adoration, de confiance et d'amour. Nous remarquerons ici que l'année qui suivit la sortie de Mlle Le Ber du pensionnat, son père, conjointement avec M.
Lemoyne, son oncle, fit présent à l'église paroissiale d'une lampe d'argent, qui brûla depuis, nuit et jour, devant le tabernacle. Par là, il avait voulu donner un témoignage public de son respect profond envers Jésus-Christ résidant dans ce mystère.
Mais les hommages qu'il lui offrait tous les jours, par la ferveur de sa sainte fille, cet ange terrestre, honoraient bien plus encore
les sentiments de sa religion devant ses concitoyens et devant Dieu.
Ce n'était pas seulement, en assistant au Saint Sacrifice, en y communiant, et en visitant le Très-Saint Sacrement, que MUe Le Ber, édifiait toute la paroisse, par sa modestie, et par sa tendre et fervente piété. Elle produisait des impressions semblables dans les cœurs, par d'autres actions de religion moins importantes; par exemple, quand elle présentait le pain béni à la grand'messe; et, ce qui est plus remarquable, quand elle quêtait à l'Eglise les jours de Dimanche : ce qu'elle ne refusait pas de faire à son tour. Cet usage régnait encore alors à Ville-Marie ; mais on fut contraint de le supprimer dans la suite, à cause des abus, auxquels il donna occasion, à mesure que la ferveur des paroissiens vint à se ralentir.
Enfin, la modestie de MUe Le Ber, lorsqu'elle marchait dans les rues, était encore un grand sujet d'édification pour toute la ville. Soit qu'elle allât à l'Eglise, ou qu'elle en revînt, on ne la vit jamais s'arrê-