LIVRE II. — CHAPITRE VL
de marque, qui désiraient beaucoup avoir son avis ; du moins, M. Tronson nous apprend, qu'en 1693, M. de Lacolombière, qui cherchait alors le moyen de rentrer dans la Compagnie de Saint Sulpice, après l'avoir volontairement quittée, visita MUe Le Ber et eut avec elle une conférence, qui cependant ne produisit pas l'effet dont nous parlons. Quelqu'exactes que fussent la réclusion et la solitude de cette fille admirable, elles étaient encore trop imparfaites et trop mitigées, pour satisfaire le désir qu'elle nourrissait dans son cœur d'une totale séparation du monde ; et quoiqu'elle se rendit tous les jours de grand matin, avec allégresse et ardeur à l'Église paroissiale, pour assister au Saint Sacrifice, et souvent pour communier : elle aurait été ravie, si sans être privée de ces grâces ineffables, elle eût pu se voir délivrée de la dure nécessité de franchir ainsi, tous les jours, le seuil de sa cellule. Enfin, après qu'elle eut gémi en secret, pendant près de quatorze ans, sur l'imperfection de sa retraite : il plut à
Dieu d'exaucer ses ardents désirs, comme nous allons le raconter au livre suivant.