LITRE III. — CHAPITRE II
" En considération de ce qui vient d'être " convenu, la Demoiselle Le Ber donne " aux Sœurs de la Congrégation les sommes " qu'elle a fournies pour une partie delà cons- " truction de la chapelle ; et aussi ce qu'elle " pourrait mettre, pour la décorer, et pour " la fournir de vases sacrés et d'ornements. " En outre, elle leur cède dès aujourd'hui, " la jouissance annuelle de 500 livres, " monnaie de France, sur laquelle elle se " réserve de faire venir chaque année, " pour 75 livres de laine, ou de soie, ou " d'autres choses dont elle aura besoin " pour ses ouvrages manuels.
" Et en considération du don qu'elle " fait aux Sœurs des sommes par elle four- " nies pour la construction de la chapelle, " elles promettent de prier Dieu pour le " repos de son âme, et de celles des per- " sonnes de sa famille."
Cette acte fut signé par les principales officières de la Congrégation, dont la Sœur Barbier était alors Supérieure, et par M. Dollier de Casson.
Enfin, le 5 du mois d'Août, après les Vêpres de la fête de Notre-Dame des Neiges, qui tomba, cette année, 1695 un vendredi: les fidèles qui avaient assisté à l'office, partirent processionnellement de l'Église paroissiale, à la suite de tout le clergé, et se rendirent à la maison de M. Le Ber; afin de conduire à sa nouvelle cellule cette innocente Vierge, destinée à être pour tout le pays une victime d'expiation, et une hostie de louanges- au Seigneur. On la trouva en prière, toute occupée du bonheur, de consommer son sacrifice, par une réclusion entière et irrévocable. Etant sortie, elle parut aux yeux du public, dans une modestie ravissante, vêtue d'une robe de laine, d'une coiffure et d'un voile, à peu près semblables pour la forme, au costume des Sœurs de la Congrégation, mais différents pour la couleur. Sa robe était gris-blanc ; et sur la robe, elle portait une ceinture noire. Par la couleur de la robe, elle voulait imiter la très-Sainte Vierge, jusque dans ses habits : du moins, elle savait, que cette divine mère avait apparue autrefois à