‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 99 sur 197 · VERTU MAGNANIME DE M. LE BER EN OFFRANT A DIEU SA FILLE UNIQUE · texte numérisé non relu

VERTU MAGNANIME DE M. LE BER EN OFFRANT A DIEU SA FILLE UNIQUE

Dans l'acte de la réclusion de la Sœur Le Ber, M. Dollier de Casson, parle ainsi de la générosité de son vertueux père:

" Le 6 Août, je bénis la Chapelle ; et incon- " tinent, on célébra la grand' messe : ce " qubn accompagna de toute la symphonie, " dont le Canada pouvait être capable ; il " y eat grand monde : entre autres per- " sonnes, M. Le Ber. Le jour précédent " il avait bien amené sa très chère et " unique fille à la Congrégation ; mais, par " excès de tendresse, n'ayant pu assister à " la cérémonie de l'entrée : il vint à celle ■l du lendemain, pour témoigner que, mal- * gré les excès de son amour paternel,

" c'était de bon cœur qu'il consacrait à " Dieu, pour sa gloire, et pour le bien de " ce pays, cette unique consolation du M reste de ses jours, s'immolant avec sa " très chère fille au Tout-puissant, pour le " même sujet. En sorte que Dieu a deux " victimes recluses dans ce lieu ; car s'il a 11 le corps et l'esprit de la fille, on ne peut " pas douter, qu'il n'y ait aussi le cœur de 11 ce très bon père, qui reste sans secours " dans le monde, âgé de 64 ans."

On ne peut s'empêcher d'admirer ici, combien fut magnanime et au-dessus de tout éloge la vertu de M. Le Ber. i^uel père dut jamais avoir pour sa fille une affection, plus vive, plus tendre ? Il n'avait que cette fille unique, il était vœuf et sans consolation. En le considérant, marcher avec elle vers le lieu du sacrifice, on eut cru voir Abraham, conduisant son fils:

Isaac, au bûcher. Il est vrai qu'accablé, sans être pourtant vaincu, par ses violents assauts, que lui livrait la tendresse paternelle : la nature sembla, un instant, défaillir en lui; et M. Le Ber, qui avait montré

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