‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 154 sur 220 · LIVRE IV. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE I

Les éclairs et les tonnerres, se mêlant au bruit des flots et des vents,la foudre tomba sur l’un des vaisseaux, et le fit sauter si loin, que sa quille fut jetée bien avant sur la grève. On trouva aussi sur le rivage près de trois mille cadavres, parmi lesquels on reconnut deux compagnies entières des Gardes de la Reine d’Angleterre,qu’on distingua à la couleur de leurs habits.

Après un tel désastre, l’Amiral Anglais, craignant de perdre le reste de sa flotte, retourna droit à Londres, avec le peu de vaisseaux qui lui restaient ; et n’osant se présenter à la Reïne, :l fit sauter son navire, quand il fut sur la Tamise, tout près du port, où il périt avec tout son équipage, à l'exception de deux hommes. Enfin, l’armée de terre qui marchait sur Ville- Marie, rebroussa chemin, dès quelle eût appris le désastre de la flotte ; et le jour que les Anglais arrivèrent à Boston, la consternation générale fut encore augmentée, dans cette ville par un furieux incendie, qui consuma quatre-vingts maisons.

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Tous les Canadiens, sans exception, regardèrent cette déroute des ennemis, qu’on n’avait pas eu la peine de vaincre, comme un effet manifeste de la Providence de Dreu sur la Colonie. ‘ Nous allons rendre ‘“ grâces à Dreu de la protection visible ‘ qu’il a bien voulu accorder à ce pays,” écrivait au ministre de la marine en France, M. de Vaudreuil, Gouverneurgénéral du Canada. ‘“ Tous les peuples ‘“ conviennent que DiIeu leur a fait de ‘ grandes grâces, en détruisant la flotte ‘“ Anglaise, sans qu’il en ait coûté une ‘ goutte de sang à cette Colonie.” Outre le désastre de la flotte et la mort de trois mille ennemis, on eût lieu d’admirer encore, que le vent et les flots avaient poussé sur le rivage, une grande quantité de dépouilles, quienrichirent le pays. Aussi M. de Belmont, frappé de toutes ces circonstances, et surtout de la liberté, que la déroute des ennemis donnait au Canada, n’a pas craint de comparer cette défaite, à celle des Egyptiens dans la mer Rouge, disant dans sa Vie de la Sœur Le Ber, aux prières de

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