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LOUIS LE BER, 327
il renonça aux droits que cet avantage lui donnait sur le Fief de Senneville, voulant que la succession de son père fut divisée en portions égales entre tous ses enfants et spécialement le Fief dont nous parlons ici.
On trouve dans les Archives judiciaires du Baillage de Ville-Marie, sous l’année 1683, une procédure aussi singulière que plaisante, sur un différend survenu, entre Messieurs Le Ber de Saint Paul, Lemoyne de Longucil, Lemoyne de Maricourt, et un individu nommé Jean, que sur sa demande ils avaient pris pour domestique, dans un voyage qu'ils firent à Québec, au fort de l'hiver. Au retour, s'étant arrêtés aux Trois-Rivières, pour en saluer le Gouverneur, M. de Varennes : celui-ci les retint à souper et à coucher. Selon la coutume de ce temps, ils voyageaient sur des traînes, chargées de leurs vivres et conduites par des chiens ; et au besoin, ils se servaient de raquettes, dans leur marche. Le lendemain de leur arrivée aux Trois-Rivières, Jean qui désirait de retourner promptement à Ville-Marie, partit avant eux, avec leurs traînes, leurs vivres, leurs raquettes, leurs couvertures, leurs mîtaines et leurs chaussures de voyage, se persuadant d’abord que ces jeunes Messieurs, qui apparemment différaient trop, à
son gré, de partir, l'auruient bientôt atteint,
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Mais, quelque diligence qu'ils fissent, ils ne purent le rejoindre, et n’arrivèrent à Ville-Marie, qu'après avoir enduré des fatigues excessives dans leur marche, et de rudes privations. De plus, dans sa fuite, Jean avait emporté avec lui, sans le savoir, des lettres du Gouverneur-Général, pour les Trois- Rivières, que ces Messieurs furent obligés d'y renvoyer ensuite par des porteurs, à leurs propres frais. Cité enfin, devant le Bailli, il dit pour sa défense : Que craignant d’avoir encouru leur disgrâce de ce qu’il était parti sans les attendre, il avait doublé le pas, pour n'être pas atteint par eux, mais qu’il en était très marri, et qu’il leur demandait pardon, de tout son cœur, de cette petite faute. 1] fut, en effet, condamné à demander son pardon à chacun, conduit chez eux par un Huissier et en outre à 20 livres de dédommagement, à une légère amende et aux frais de la procédure,
M. Le Ber de Saint Paul se fixa ensuite à La Rochelle, et épousa Marie Grignion. Nous ignorons la date de sa mort; mais nous voyons, par le testament de M. Le Ber, son père, fait en 1701, qu'il était déjà décédé, et avait laissé des enfants résidant à La Rochelle, sous la tutelle de leur mère. En 1717 ceux-ci se joignirent à M. Jacques Le Ber de Senneville, leur oncle, pour demander Ja confir-
mation de leur Noblesse, qu'ils obtinrent en effet.