‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 26 sur 220 · LIVRE I. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE

nom, que celui de Jeanne, qu’elle-même portait ; et ce fut le seul nom, sous lequel la jeune Le Ber fut désignée, depuis dans sa famille. Il n’est pas inutile de remarquer ici l'esprit de sagesse et de religion, qui dirigeait alors les parents, dans le choix des noms qu’ils donnaient à leurs enfants.

Les personnes les plus illustres, aussi bien que celles du commun, se faisaient gloire de porter les noms des saints, qui avaient été les plus chers à Notre-Seigneur, ou à la Très-Sainte Vierge, sa mère. Elles choisissaient de préférence ceux des Saints Apôtres, ou des Saints qui eurent le bonheur d’être alliés ou amis de la Sainte Famille, et que l’Église honore pour cela d’un culte plus éclatant, que celui qu’elle rend à la plupart des autres Saints. M. de Muisonneuve, d’une noble famille de Champagne, avait reçu au baptême le nom de Paul.

Mie Mance, très considérée de la reine régente, mère de Louis XIV, et des dames de la cour, et issue d’une famille noble, s’honorait du nom de Jeanne; et la reine qui lui témoignait cette estime, se glorifait

elle-même d’avoir reçu au baptême le nom d'Anne, comme étant celui de l’aïeule du Sauveur. (*)

A mesure que la jeune Le Ber fit paraître les premières étincelles de sa raison, la grâce dn baptême produisait en elle des effets assez surprenants. C’est que sa pieuse mère, fidèle aux devoirs de son état, ne négligeait rien pour développer et pour

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