‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 34 sur 220 · LIVRE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE I

‘ Plusieurs personnes de la ville de Qué- “ bec, à qui Mie Le Ber avait été recom- ‘ mandée par ses parents, lui envoyaient ‘ souvent des objets propres à lui servir d’'amusement, ou des friandises de haut “ goût, dont la plupart des enfar' sont ‘ ordinairement si avides. Dans ces occa- ‘ sions, M'e Le Ber s’excusait poliment de * les accepter : son esprit de mortification, ‘“ qui lui faisait rechercher les privations ‘ de tous les genres, aurait trop souffert ‘ de toucher à ces objets ou à ces dou- “ ceurs.”?

Quelle vertu consommée dans un âge si tendre! quel parfait modèle pour toutes les élèves des pensionnats! Bien différente de ces enfants délicates, pour ne rien dire de plus, qui esclaves de la sensualité, demandent elles-mêmes des friandises à leurs parents, et les reçoivent toujours avec des démonstrations de joie excessives et messéantes ; Mie Le Ber refusait celles mêmes qu’on venait lui offrir; montrant par une conduite si chrétienne, combien elle avait mortifié en elle toute affection pour ces

| M Riel at P | #1 | 18 | 1H LiNt F8 | EI al al! LT :

aan à

27e mg

es “NP TE

SA en AE

Res

sortes de douceurs, et laissant toujours les personnes qui les lui cflraient, vivement touchées et édifiées d’un mortification si rare.

Et toutefois, quelque vif ex ardent que fut cet amour pour la mortification, il ne lui faisait négliger aucun des égards que commandait la bienséance ou la charité chrétienne. Si elle jugeait qu’en refusant ces petits présents, elle dût mortifier les personnes qui les lui offraient, alors, elle les acceptait de bonne grâce, aimant mieux se mortifier elle-même, en contrariant son attrait, quelque saint qu’il fût, que de mécontenter les personnes honorables, qui lui témoignaient tant de bienveillance et d’amitié. Une si sage condescendanee faisait bien voir que ce grand amour de la jeune Le Ber pour la mortification, était en elle, non l'effet du caprice, eomme on le voit quelquefois dans d’autres enfants, qui se font une dévotion à leur mode, mais la marque certaine d’une vraie et solide vertu.

4) A lélea WT

LIVRE I. — CHAPITRE II. 19 8 Enfin, ajoutent ses Maîtresses, ‘‘ lorsque it ï ‘ par ménagement pour les personnes qui Si ÿ ‘ les lui offraient, elle acceptait ces objets “et ces douceurs par pure politesse, ce R de | ‘ n’était que pour les distribuer ensuite à D li “ celles de ses compagnes à qui ces petits = 1 ‘ présents pouvaient faire plaisir,” trouvant L : ainsi dans le généreux. abandon qu’elle leur 8 3 en faisait, le moyen de pratiquer la charité » envers elles, sans se relâcher en rien de son $ amour pour la mortification.

? Si l’on voit quelquefois des enfants assez |

| éprises de l’amour d’elles-mêmes pour refuser de faire part aux autres Ges friandises qu’on leur donne ; si l’on en voit qui se réservent à elles seules l’usage de leurs objets d’amusement, sans souffrir que les autres s’en servent ou y touchent ; on en trouve, il est vrai, d’autres en plus grand nombre, qui par bonté de cœur, ou par vertu, se font un { plaisir de les mettre en commun avec leurs petites compagnes. Mais qu’une enfant soit dans l’habitude de se priver elle seule de

ces sortes d'objets, pour en laisser l’entière (l ouissance aux autres : c’est ce qu’on ne vit \

peut-être que dans la jeune Le Ber, que Dieu voulut donner en effet, à toutes les jeunes pensionnaires pour un parfait modèle de mortification et de douceur.

em aq nt

Page 1