LIVRE I. — CHAPITRE IIE
‘“ trouvait dans ces vains ornements, un ‘ certain rapport avec les vanités du monde ‘ réprouvé, auxquelles elle avait renoncé ‘“ entièrement dans le fond de son tendre ‘ cœur, et auxquels tous les chrétiens ont ‘“ renoncé par le saint Baptème.”
Qu'une conduite si chrétienne devrait inspirer des sentiments de confusion et de regret à une multitude d’enfants! Combien, qui ne se contentant pas de l’honnète nécessaire, convenable à leur condition, voudraient dans tout ce qui est à leur usage, n’avoir que ce qu’il y a de plus beau, de plus recherché, de plus éclatant, de plus précieux! Combien, qui étant dépourvues de ces objets de prix, portent envie aux enfants qui les possèdent; et parmi ces dernières, combien qui y mettent leur complaisance, qui en tirent vanité, et qui peut-être, en prennent occasion de mépriser celles de leurs compagnes, qui n’ont que des choses plus simples et plus communes!
Parmi les élèves du pensionnat des Ursulines, Mie Le Ber était l’une des plus distinguées selon le monde. La considé-
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ration dont jouissaient ses parents, les talents naturels qu’on remarquait en elle, la facilité et la bonne grâce avec lesquelles elle parlait en public, les succès qu’elle obtenait dans ses études, et dans les ouvrages de goût, auxquels les pensionnaires s’exerçaient alors; tous ces avantages semblaient l’élever au-dessus de la plupart de ses compagnes, et lui donner droit de prétendre à quelque distinction. Jamais cependant. on ne vit une jeune personne moins empre.si'e à paraître, ou plutôt aussi désireuse de demeurer inconnue.
C’est le témoignage que lui ont rendu ses Maîtresses, et qu’on lira ici avec édification.
‘ Son amour pour le vie cachée, pour la “ retraite et le silence, disent-elles, se ma- “ nifesta dans une multitude d’occasions, « C’est un usage dans nos classes, qu’aux ‘ approches de certaines Fêtes principales, “ surtout au temps de Noël, on fasse ap- ‘ prendre par cœur aux pensionnaires, quel- ‘“ ques petites pastorales ou d’autres pièces ‘ de dévotion, tant pour cultiver leur mé- ‘ moire, et l’orner de choses utiles, que
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