‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 39 sur 220 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

plus en plus à DIEU son amour ; tandis que d’autres, s’en font à elles-mêmesune occasion de relâchement à son service, et quelquefois de péché, par les sentiments de vaine complaisance et d’orgueil auxquels elles s’abandonnent. Il est vrai, qu’elles ne négligent rien pour s'acquitter parfaitement de leur rôle, et en cela elles remplissent un juste devoir et sont dignes d'approbation. Mais au lieu de se proposer la gloire de Drœv, l’accomplissement de sa sainte volonté, manifestée par celle de leurs Maîtresses, Pinstruction et l'édification du prochain, ou enfin quelqu’autre motif chrétien : elles n’ont en vue, dans les efforts qu’elles font pour réussir, que l’espérance ambitieuse de s’attirer l’estime et les applaudissements des assistants, et le désir de laisser, dans tous les esprits, une grande idée d’elles-mêmes.

En se laissant ainsi entraîner à la tentation de l’orgueil, ces enfants oublient malheureusement qu’elles sont chrétiennes, car une vraie chrétienne s'efforce d’imiter Jésus-Carisr, qui dit dans l'Évangile :

Apprenez de moi que je suis doux et humble de

cœur; et c'était sur ce divin modèle que Mie Le Ber formait sa conduite. Si elle ne demandait pas les premiers rôles, si elle préférait au contraire ceux qui semblaient la mettre en oubli, c’était pour ressembler plus parfaitement à JÉSUS, qui dans une circonstance, où on voulait le faire roi, se déroba aux empressements de la foule et prit la fuite.

Ce grand désir d’imiter JÉSUS, venait dans M'e Le Ber de son ardent amour pour lui.

On ressemble volontiers à ceux que l’on aime, et si nous avions dans nos cœurs, un amour vif et ardent pour sa personne adorable, comme l'avait dans le sien Mie Le Ber, à son exemple, nous nous plairions à l’imiter en tout. Les Ursulines dans leur Mémoire, ajoutent ici un trait bien touchant. “Il ‘ arriva,” rapportent-elles ‘“ que dans une ‘ de ces occasions, où l’on distribuait des ‘ rôles, le tendre amour de Mie Le Ber ‘“ pour Notre-Seigneur, et le grand désir ‘“ qu’elle avait de lui être semblable, trahi- ‘ rent son hurailité, et n’en firent que mieux ‘ paraître le fond admirable de son cœur.

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