‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 42 sur 220 · LIVRE I. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE IV

qui auraient pu contrarier ses devoirs, On conçoit qu’une enfant si prompte à étouffer en elle, les moindres mouvements de vanité, de complaisance, d'attache aux objets les plus agréables, et si généreuse au service de Dreu, devait avoir une égale facilité à mettre un frein à sa langue. La démangeaison de parler, dont plusieurs enfants sont les esclaves, ne vient en effet que de leur immortification, et de la malheureuse liberté qu’elles se donnent de satisfaire tous leurs petits caprices et leurs moindres fantaisies. Toutefois, en se conformant si ponctuellement à la règle du silence, M'k Le Ber ne se proposait pas de s’attirer par là l’estime et les éloges de ses Maîtresses. Ce motif intéressé eût été trop bas et trop vil, pour un cœur aussi pur et aussi élevé qu'était le sien. La fin qu’elle avait en vue, c'était l’accomplissement de la sainte volonté de Drev qu’elle adorait dans la règle qui prescrivait le silence, et aussi le désir sincère d’imiter Jésus qui voulut le garder lui-méme dans son enfance, quelque douceur qu’il pût goûter en s’entretenant avec Marie,

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A la faveur de dispositions si saintes, le silence était pour M'e Le Ber, un moyen facile de se tenir dans le recuerllement, qui, au rapport de ses Maîtresses, Jüisait toutes ses délices. Mais ce recueillement, au lieu d’être un exercice oisif, l’unissait doucement à Dreu; il la faisait marcher tout le long du jour en sa sainte présence, et converser intérieurement avec lui. C’est la remarque que font ses Maîtresses, dans le Mémoire déjà cité: ‘Le profond respect dont elle ‘ avait toujours été pénétrée dès sa plus ‘ tendre enfance pour la Souveraine Majesté ‘ de Dreu, disent-elles, la rendait continuel- ‘ lement attentive à sa divine présence.” Après cela, nous ne devons pas être étonnés, si cette sainte enfant a fait de si rapides progrès dans les plus solides vertus. L’exercice de la présence de Dreu est, en effet un moyen très-efficace et infaillible pour les acquérir toutes ; puisque Dreu en choisissant Abraham, pour qu’il fût le père et le modèle de tous les croyants, c’est-à-dire des âmes parfaites, ne lui donna pas d’autre moyen à pratiquer: Marchez en ma présence,

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