LIVRE I. — CHAPITRE IV
de toute affection aux choses créées. C’est pourquoi, Notre-Seigneur dit dans l’Évangile: Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parcequ'ils verront DIEU, c’est-à-dire : parcequ’ils le verront, non seulement dans le ciel par la claire vue de sa divine essence ; mais encore sur la terre par l’oraison, où il leur manifestera ses beautés adorables, et ses ravissantes amabilités.
Ce fut ce qu’expérimenta Mike Le Ber, dès sa plus tendre enfance, à cause du soin qu'elle avait de mortifier ses sens et ses affections naturelles et de vivre par là dans un parfait recueillement. Voici ce que rapportent sur ce sujet, ses anciennes Maîtresses. “ De son recueillement naïssait en ‘elle un grand attrait pour l’Oraison, dans ‘ laquelle il semble que le Saint Esprit ait ‘ voulu être son premier maître. Son zèle ‘ pour l’Oraison était même si ardent, que ‘ n'étant encore qu’une petite enftnt, on ‘ l’a trouvée souvent à l'écart, où elle s’é- “ tait cachée pour prier Dreu. Si quelque- ‘ fois pendant les récréations communes, # on s’apercevait qu’elle avait disparu de la
ne
‘“ compagnie des autres pensionnaires : on ‘ était sûr de la trouver prosternée devant ‘ le Très-Saint Sacrement, ou devant quel- ‘ qu’oratoire de la maïson.”
Heureuses les Maîtresses qui n’ont à reprendre dans leurs plus vertueuses élèves, que de semblables excès de ferveur! Au lieu de nuire à l’édifivation des autres, ces excès laissent au contraire dans les esprits et dans les cœurs, des sentiments de respect et d’admiration, pour la fervente piété qui les fait entreprendre, et sont même pour les institutrices, le signe précoce et les heureuses prémices des fruits qu’elles espèrent pour l’avenir, de la part de leurs élèves, comme il a paru d’une manière incontestable dans Mie Le Ber.
On peut croire raisonnablement, avec les Religieuses Ursulines, que cette sainte enfant, appelée de Dreu à un genre de vie tout angélique, comme on le verra bientôt, ne se séparait ainsi de ses compagnes, que par un mouvement particulier du Saint-Esprit, qui voulait donner dès lors des indices de sa vocation future. C’esi ce que nous voyons
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