SCENE II
NISIDA
Au fait , la douleur de Constance me navre *, et je peux bien vous avouer... mais dites donc, pas de bêtises !... gardez-moi le secret.
CONSTANCE
C’est convenu !
AMÉDINE
Parle !
NISIDA, baissant la voix.
Eh! bien, l'hirondelle n’est pas à moi...
AMÉDINE
Ah! bah!
CONSTANCE
Vraiment ?...
' NISIDA
Elle appartient toujours à BraganofT... qui a consenti à me la louer, pour mon bal, moyennant 25 louis.
CONSTANCE, avec joie*
Pas possible !
AMÉDINE
Comment, BraganofT t’a confié?... Ça m’étonne...
NISIDA
Pourquoi donc?... Il est gentil.
Pas,pour moi... Sous le frivole prétexte que je lui dois deux mille francs, cet animal-là nous poursuit, nous traque... moi et mon mobilier...
NISIDA
BraganofT? allons doncJ
CONSTANCE
Ce doit être plutôt son associé, Malatré... on le dit trèsserré en affaires...
AMÉDINE
Possible !... je ne l’ai jamais vu.
CONSTANCE
Ni moi.
NISIDA
Ni moi.
AMÉDINE
En attendant, pour dépister les huissiers, je viens de déménager, en cachant à tout le monde ma nouvelle adresse.
CONSTANCE
Quel panier sans fond, cette Amédine !
fl
* AMÉDINE, riant. .
Sans fonds, voilà le mot. Mais voici les courses du printemps, les étrangers vont accourir sur le turf, et...
NI si DA.
Tu choisiras dans la collection.
CONSTANCE, réfléchissant.
Ah! l’hirondelle est toujours à Braganoff? Vous verrez alors, mes enfants, l’effet de mon moyen.
NI SID A
Mais enfin, ce fameux moyen, qu’est-ce donc?...
CONSTANCE, voyant Joseph qii entre avec un plateau.
Chut!... Joseph !... Je cours à la recherche de Ponvert
(Elle sort par le fond à gauche.)
NI SI DA, à Amédine.
Et nous, allons danser.
JOSEPH, s'approchant.
Ces dames veulent -elles ?...
NISIDA
Non, merci.
AMÉDINE
Plus tard !
NISIDA
Viens, ma chère!
Elles sortent par U gauche.