LETTRE DE MGR L'ÉVÊQUE D'ORLEANS
Sans vouloir pousser plus loin ([uil ne convient un rapprochement qui deviendrait raeileinent irrespectueux, est-ce que la dévotion du Sacré-Cœur n*a pas mis de longs siècles à s'épanouir, elle aussi, au moins dans sa forme actuelle? Elle n'eu vint pas moins à son heure. La terre sétant refroidie sous tant de soufiles glacés, ainsi que s'exprime admirablement la liturgie, il fallait la réchaulïer. Le Ciel y pourvut en nous rappelant, en nous montrant « le Cour qui a tant aimé les hommes. »
Aujourd'hui, oii en sommes-nous? Ah!... il ne s'agit plus de froideurs pour Dieu : il s'agit de la négation de Dieu, il s'agit d'athéisme!
L'athéisme, lalTreux et stupide athéisme s'est vulgarisé. Autrefois il était le lot abominable de quelques faux philosophes, de quelques prétendus beaux-esprits.
Il tend à se généraliser. Pour ne pas voir ce progrès à rebours, il faudrait se fermer les yeux.
Eh bien ! l'existence de Jeanne d'Arc est la démonstration, par le fait, de la réalité de Dieu, de sa providence, de ses interventions magistrales dans les allaires du monde.
Quiconf(ue lira votre livre admirera sans contredit la précision et la multiplicité des documents, la marche rapide des récits; mais il A'erra aussi passer et repasser Dieu, à travers la magie de ces événements devant lesquels l'esprit humain s'arrête comme interdit, jusqu'à ce qu'il ait confessé qu'ils sont le miracle.
Oui. la vocation de Jeanne d'Arc; ses colloques avec les anges et les saintes; le succès invraisemblable de ses armes à Orléans, à Meung, à Patay ; ses prophéties réalisées; son admirable vie, et sa mort plus admirable ([ue sa vie, c'est une trame de miracles.
Quand Dieu suscita la Vénérable, il voulut dire à notre pays que la force ne prime pas toujours le droit; qu'il ne lui plaît pas (pie la France périsse; <pi'il relève les nations comme il les abat; qu'avec une enfant, il déconcerte les généraux vieillis sous le harnais, et les hommes d'Ktat vieillis dans les intrigues, parce qu'il est Maître, parce qu'il est Dieu.
Aucune lerou (jui soit plus opportune à rappeler que celle-là.
Et je n'en doute point. Dieu a réservé la glorification de Jeanne d'Arc à ces tenqis <pii sont les nôtres, afin do nous sauver ces grandes et nécessaires vcrilcs.
LETTRE DE iMGR L'ÉVÈQUE D'ORLÉANS
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Il est donc parfaile,„™tbo„ de multiplier les Vies de Jeanne d'4rc et de les répand.-e dans le penple. Cest mettre la foi sons la meilleure des gardes, la garde du patriotisme.
Anssi je souhaite à votre Histoire tons les suecès qu'elle mérite et quelle obtiendra si, chez nous, on „a pas perdu le goftt des pages écrites avec la plus scrupuleuse conscience et la plus pure con„„e la plus ardente passion.
Croyez, chers Messieurs, à tout mon religieux dévouement.
t Stanislas, Éçêque d'Orléans.