‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 57 sur 83 · TEURS, BEDFORD, WARWICK, ETC. LE JUGE INFAME, PIERRE CAUCHOX · texte numérisé non relu

TEURS, BEDFORD, WARWICK, ETC. LE JUGE INFAME, PIERRE CAUCHOX

LES ASSESSEURS ; COMMENT ON LES TRAITAIT — NOBLES RÉSISTANCES : NICOLAS DE IIOUPPEVILLE, JEAN DE LA FONTAINE, LOHIER, l'ÉVKQUE

d'avranciies

FIN de bien nous rendre compter ^2 de tout ee qui va se passer désormais, il importe que nous examinions un point de la législation du moyen âge, complètement J disparu de nos mœurs : les pro- /-'^ ces ecclésiastiques en matière de foi, procès engagés m'ec le concours de l'Etat, et sodvent sur sa demande. Ce mélange des deux puissances constituait un véritable danger. Il est facile de l'imaginer : une législation pareille i^ouvait et devait fournir à l'autorité civile des occasions de faii-e des procès uniquement politiques, en se couvrant d'un masque, en prétextant le zèle de la foi. De là des excès, dont le plus épouvantal)le est le procès de Jeanne d'Arc. Qu'est-

uC,2 JEANNE D'ARC OU LA IM CELLE D'ORLEANS

ce que cela prouve, sinon qu'on pont abuser des plus hclles et des meilleures choses?

1/ Eglise qui marchait alors, comme aujouid'hui d'ailleurs, à la tête du mouvement civilisateur et social de l'Europe, savait bien que rien n'était plus néfaste aux nations comme aux individus (et l'histoire des siècles suivants l'a tristement démontré) que l'introduction de l'hérésie dans le peuple chrétien. Elle défendait donc la loi catholique avec un soin jaloux, et l'Etat, dont les intérêts se confondaient avec les siens, la soutenait de toutes ses forces. Dans ce but, chaque fois qu'une personne était suspecte d'avoir introduit des nouveautés dans la croyance, ou de refuser adhésion à la foi traditionnelle, cette personne était arrêtée et mise en prison; puis l'évêque du diocèse, assisté de prêtres et de savants ou docteurs en renom, l'examinait et l'interrogeait scrupuleusement; à cet examen, le Saint- Siè^e se faisait représenter par un délégué qui portait le titre d'inquisiteur.

Quand le crime ou délit n'était pas prouvé, la [)ersonne accusée était immédiatement rendue à la liberté. Si la faute était démontrée, le coupable était mis en devoir de se rétracter; s'il y consentait, il en était quitte pour une admonestation et quelque punition bénigne. Mais si, devenant rebelle, il refusait de s'incliner, le tribunal ecclésiastique, après avoir tout tenté p(Mir Taniener à résipiscence, portait un jug( incut constatant le crime et Tobstination; puis remettait le coupable à la justice séculière, c'est-à-dii'c aux IrihiiiKiux ordinaires du pays, en déclarant ne poiivoii" j)liis rien pour proté-

RÔUEX — LE PROCÈS DIT « KCCLÉSIASTIQUE » 0(13

ger celui qui, de son plein gré, se retirait de la vérité religieuse, mais en le recommandant toutefois à l'indulgence de ses juges.

Les magistrats criminels s'emparaient alors de la cause, et punissaient ordinairement le délinquant de la façon la plus sévère : les lois de ce temps-là n'étaient pas indulgentes pour les crimes d'hérésie, de blasphème, de sorcellerie Elles considéraient ces crimes comme amenant la désorganisation de l'ordre social; et la peine le plus souvent prononcée était la mort par le feu.

Notons qu'avant d'être « livré au bras séculier, » l'inculpé, s'il se croyait mal jugé sui^ certains points, était en droit d'en appeler du tribunal de son évèque à celui de l'archevêque métropolitain, et de ce dernier au jugement suprême du Souverain Pontife. La remise de la cause au Saint-Siège était de n'gueuj' dans les cas de grande importance, comme dans ceux où les matières mises en jugement étaient délicates et provoquaient le doute ou l'hésitation. A quelque point de Aue que l'on se place, il est impossible de méconnaître la sagesse de telles dispositions. Mais tout procès suppose l'impartialité du juge : si vous supprimez cette base, que reste-t-il? — Une infamie comme le procès de Jeanne d'Arc?

C'est un pj'ocès ecclésiastique en matière de foi que l'on a prétendu faire à la Pucelle. Pourquoi? D'abord parce qu'il n'y avait pas, dans la vie et les actes de l'héroïne, matière à la moindre accusation ni même au moindre soupçon sur un point quelconque relevant des juges civils. Ensuite, parce qu'un procès ecclésiastique était seul capable d'aller à l'encontre de la croyance

.TKANNK IVARC OU LA PLCELLE D'0IU.1:AN<^

LA TOUB DE

JEANNK UAHC A IIDLKN, »l.reiS SA HK STAIU AllON

respectueuse qui, pour tous les honnêtes gens et les bons cliiéli.ns, faisait de Jeanne une envoyée de Dieu (i).

(i) Nous u insisleron^ i)as de nouveau sur rci'itùon anglaise.

ROl'EX — LE PROCÈS DIT « ECCLÉSIASTIQUE » aG.i

Maintenant, allons pins avant, et demandons-nons qnelle fut la cause du procès et de la mort de Jeanne d'Arc. Il faut le reconnaître sans hésitation, ce fut la politique anglaise, l'aml^ition déçue des hommes d'État de l'Angieterre, lesquels avaient décidé de soumettre le pays de France ; ce furent les calculs inhumains de toute cette coterie, pour qui la raison d'Etat primait tout et faisait taille la conscience elle-même.

Or, devant l'Angleterre, marchant à la conquête de la France et sur le point de triompher, Jeanne s'était levée, — unique, mais invincible obstacle : il importait de la faire disparaître. Elle ne s'était pas levée seulement au nom du patriotisme ; elle avait dit en même temps : « Dieu ne veut pas que l'Anglais règne en France ; je suis envoyée du Ciel pour repousser l'envahisseur. » Il ne fallait donc pas seulement supprimer Jeanne. Il fallait surtout anéantir son prestige; montrer que ce qu'elle appelait sa mission n'était qu'un mensonge; enfin, la convaincre de sorcellerie ou magie, et la condamner comme suppôt de Satan.

Telle fut la pensée des organisateurs du procès, qui sont avant tout deux princes anglais de la race royale, le grand-oncle et l'oncle du jeune roi Henri A^I, c'est-àdire le cardinal Winchester et le régent Bedford, — plus un grand seigneur, gouverneur du jeune roi; Richard Beauchamp, comte de War^vick.

Henri, connu dans l'Histoire sous le nom du cardinal Winchester ou cardinal d'Angleterre, avait toujours su masquer les crimes de sa vie, crimes se rattachant surtout à la politique ; il était alors grand chancelier du

966 JEANM: DAKC ou la PrCKLLK DOltl.KANS

i(>yauine d'Angleterre. Il fut pendant de longues années Tàme de la politique des Lancastre; et l'on peut dire qu'il montra la plus froide cruauté dans ia direction des alîaires, — ne connaissant pas de scrupules, n'hésitant pas à faire disparaître, même dans d'atroces supplices, quiconque était un obstacle à son gouvernement (i).

Bedford était un habile politique en même temps qu'un soldat courageux ; mais l'ancien vainqueur de Verneuil, mais le tout-puissant régent^ se révoltait à cette pensée : perdre la France conquise! Or, la cause de la défaite, c'était Jeanne la Pucelle, considérée comme envoyée (hi Ciel. Pour triompher de nouveau, que fallait-il? A la fois supprimer Jeanne et la faire passer comme sorcière. Si le régent la crut, de bonne foi, coupable de sorcellerie, c'est ce que nous ne saurons jamais : l'intérêt produit

parfois d'incroyables aveuglements ! Nous possédons

une pièce signée de Bedford, et qui fut écrite entre la Saiiit-Miclu'l i433 et le mois de juin 14^4; dans cette lettre à son souverain, il épanche son âme au sujet des affaires de France (2). Il y dit avec mélancolie : « ... J'ai (bVIaré le péril notoire de la perte de votre dite contrée (la France), à moins qu'il n'y soit apporté substantiel remède avant mon départ (3). Cependant, autant que je

(i) Nous suivons ici l'opinion admise par des historiens français très st'rieux: mais nous pensons (ju'une étude complète de la figure du cardinal dAngletcrre est encore à faire. Les Archives anglaises fourniraient pour cela de nombreux et curieux documents.

(u) Voir cette pièce très importante, avec son commentaire, dans I:i hrocimre récennnent publiée par Tabbé Henri Deljout : Apprécidflon du dur de Ucdford, réffent de France, sur Jeanne d'Are et son (euvre. (Paris. iH</|-«)5. Maison de la Bonne Presse.)

(3) Hedford était, à cette épo([ue, allé quérir des s«(i>urs en Angleterre.

puis le savoir, les moyens de cela sont encore à trouver, à ma grande douleur, comme Dieu le sait. » Le principe de cette débâcle, il le spécitîe nettement : c'est la déroute éprouvée par les troupes anglaises devant Orléans^ laquelle brisa leur courage, rendit cœur aux ennemis, et fut « causée en grande partie par l'enlacement des fausses croyances et la folle crainte qu'ils ont eue d'une disciple et lignée du diable, appelée la Pucelle, qui a

usé de faux enchantements et de sorcellerie » De

cette dernière accusation nous n'avons que faire ! Trois ans après le verdict de son tribunal de Rouen, Bedford ne pouvait que la soutenir et l'accepter officiellement comme chose Jugée. Mais ce que nous avons à retenii% c'est que le régent considérait Jeanne comme la cause de sa défaite. C'est un point acquis ; en matière politique, un tel point est gros de conséquences.

Quant à Warwick, J. Quicherat, si compétent dans la question, écrit à son sujet : « Cet homme, d'une âme dure et d'une politique inflexible, semble avoir été l'agent principal de la mort de Jeanne d'Arc. On voit par les dispositions consignées au procès, qu'il contribua de son argent aux frais du jugement. » 11 est vrai que le même historien, rapportant un passage d'un chroniqueur italien, du xv^ siècle, relatif à Jeanne, écrit aussi : « Bedford y est nommé comme l'unique auteur de sa mort, opinion qui dut être, dans tous les pays, celle des hommes clairvoyants de ce temps-là. » Bedford se cachait probablement derrière Warwick.

La vérité, malheureusement, c'est qu'ils furent plusieurs à mettre un acharnement sans égal dans cette

2<;s jkanm: ivaiîc or la itckm.k doiîmians

lii«?ubre affaire. Ils voulaient la condamnation de la Pucelle à tout prix. Accordons-leur qu'en commençant le procès, ils croyaient peut-être avoir devant eux une véritable magicienne; en tout cas, leur erreur ne put guère durer. Le fait seul d'avoir supprime dans Vinfo?'malion (i) tout ce qui pouvait être favorable à Jeanne, en dit assez long. — Et la fureur de ces misérables contre leur victime paraît s'accroître à mesure que Jeanne se manifeste plus admirable et plus innocente ! Ils cherchèrent un homme répondant à leurs vues, et capable de mener la Pucelle au bûcher. Pour trouver cet homme, ils furent servis par les circonstances : ils rencontrèrent Pierre Gauchon, l'indigne évêquedeBeauvais, qui prétendait (faussement, nous l'avons vu) que Jeanne avait été prise sur son diocèse. Ce prélat, dont nous avons déjà parlé, n'était qu'un déplorable intrigant, ayant seulement d'ecclésiastique le titre et la charge, et prêt à tout vendre pour garder la faveur des grands et détenir le pouvoir. Sans souci des intérêts de l'Eglise, nousletrouverons, quelquesmois plus tard, aflîchantavec effronterie ses tendances schismatiques. Le 3o mai 14^1, nous le voyons, en effet, dans une pièce oflîcielle, rel'user de reconnaître le Pape légitime et déclarer le Saint-Siège vacant, alors que depuis trois mois, Eugène IV était élu Souverain Pontife de l'Eglise universelle (3 mars i4^i) Et ce document accusateur du prélat, c'est rini([ue juge-

(i) On appelle information, eu droit ecclésiastique, renquôtc préalable r;iilc rivant tout procès : c'est une des pièces essentielles, comme la base lie luul 11' rosle. L'instrnclion qui prépare de nos jours les procès criminels, commence gônéralemcnt aussi par nue inforincition.

ment lui-même dans lequel il condamne Jeanne d'Arc

Oli ! décrets insondaljles de la divine justice !

Cauchon avait une haine personnelle contre Jeanne ; il avait une vengeance à tirer d'elle. C'était à l'approche de la guerrière triomphante, que les habitants de Beauvais l'aA aient chassé, une année auparavant, de son siège, en lequel il ne devait jamais rentrer.

Dans l'affaire de la Pucelle, Cauchon paraît inexcusable. A supposer qu'il n'ait pas, avant le procès, connu le caractère siu'uaturel de la sainte enfant, — intelligent comme ill'était, renseigné commeille fut par les enquêtes et les témoignages, et par interrogatoires de Jeanne, un moment vint où le doute ne lui fut plus possilDle. A partir de ce moment, de quelque forme qu'il revêtit son crime, il devint volontairement homicide.

11 fut d'ailleurs payé grassement. On a des reçus de sa main, établissant qu'il toucha, pour faire le procès, une somme équivalente à plus de cent mille francs de notre monnaie. Durant les années qui suivirent le supplice, nous le voyons, grand dignitaire de la Cour anglaise, gouvernant en réalité la partie du royaume de France soumise à l'étranger. Les Anglais lui tinrent donc leur promesse : en échange du sang de Jeanne, ils lui donnèrent ce qu'il désirait, de l'argent et du pouvoir. Mais lui-même, le malheureux ! avait eu le courage de tenir son engagement : (( Soyez sans inquiétude, avait-il dit à ceux qui le payaient, en commençant; je vous ferai un beau pjTjcès (i). » Il va se mettre à l'œuvre.

(i)Quicii., Procès, t. III, p. i'3;.

2;o JKANM-: 1) Alu: or la PUCELLE DOllLKANS

Cependant. Gauchon no pouvait pas juger seul : il lui fallait des assesseuis. L'usage du temps l'exigeait formellement; et le juge savait que plus il saurait grouper d'assesseurs autour de lui, plus son oeuvre animait de chances d'être réputée impartiale et sérieuse. Il se mit donc en quête pour former un tribunal. L'Histoire est là pour nous dire qu'en tout temps on est arrivé facilement à recruter un personnel de juge s -bourreaux pour les procès politiques (et le procès de Jeanne d'Arc n'est pas autre chose) : que nos lecteurs se rappellent, par exemple, les condamnations capitales de Marie Stuart et de ])ien d'autres, ils verront qu'un scélérat audacieux et sans scrupules arrive presque toujours à se débarrasser juridiquement de la victime sacrifiée par sa haine.

L'évoque de Beauvais composa ses nombreux assesseurs de plusieurs catégories. 11 y avait d'abord des ambitieux, des inti'igants, n'ayant guère plus de conscience que Gauchon, et comme lui vendus aux envahisseurs de la France ; au premier rang de cette catégorie, nous comptons les six délégués de l'Université de Paris. Il y en avait d'autres qui, par suite de bienfaits reçus ou de relations toutes spéciales, étaient sous la main des Anglais ou de Gauchon. Une autre catégorie se composait de tout jeunes gens sans expérience, sur lesquels le piélatcomptait bien peser par promesses ou par menaces. LnJin, il y avait de francs imbéciles.

Tous furent sévèrement surveillés pendant la durée dn piocès. Défense leur avait été faite, durant ce temps, de sDi tir de la ville de Rouen; et leur moijidre démarche favoiai>!c à l'accusée, considérée comme une trahison,

ROUEN — LE PROCÈS DIT « ECCLÉSIASTlOUE »

leur attirait aussitôt, non seulement des reproches, mais la menace des peines les plus sévères, de la mort même.

Remarquons-le d'ailleurs : la plupart des assesseurs ne furent c[ue peu de temps en contact avec Jeanne et ne purent guère l'examiner. En effet, lorsque Tévèque se fut aperçu de la manière victorieuse et couAaincante dont la jeune fille se défendait, il s'empressa de mettre un terme aux interrogatoires publics, se rendant désormais auprès de sa prisonnière dans le cachot même : il n'était accompagné que de quelques assesseurs, généralement vendus à sa personne.

Enfin (il faut nous hâter de le dire), bien que l'indigne évèque de Beauvais eût soigneusement trié sur le volet tout son personnel, il éprouvaplus d'unmécompte auprès de ceux dont il voulait faire ses complices. C'est ainsi qu'un des assesseurs désignés, Nicolas de HouppcA ille, ne craignit pas de déclarer le procès illégal, parce que l'évêque était du parti des ennemis de la Pucelle, et parce qu'il se faisait juge d'un cas déjà jugé par son jnétropo- /iV«//z, l'archevêque de Reims, président de laCommission de Poitiers. Cauchon, furieux, l'exclut de l'assemblée; Houppeville vint prendre séance quand même. L'évêque alors l'assigna pour comparaître devant lui. Comme le courageux assesseur refusait, déclarant ne relever que de l'officialité de Rouen, et se disposait à paraître devant ses juges ordinaires, — l'évêque le fit arrêter et mettre en prison. On ne s'en tint pas à ces sévérités : on parla de l'exiler outre-mer, et même de le jeter à la rivière; mais il fut sauvé par les autres assesseurs.

JEANNE DAKC OU LA i'LCLLLE DORLEANS

Dans le cours du procès, nous verrons s'enl'uir, puis disparaître, Jean de La Fontaine, dont le crime était d'être devenu favorable à la Pucelle. Parmi ceux cpii furent simplement consultés sur le cas, on cite, comme s'étant ouvertement déclaré contre le procès, un des ecclésiastiques les plus savants de Normandie, nommé Lohier. qui devint plus tard président du tribunal de la Rote (Cour de Rome). Il déclara le procès nul, parce qu'il « était traité en lieu clos et fermé, où les assistants n'étaient pas en pleine et pure liberté de dire leur pleine et pure Aolonté; » parce qu'on y attaquait l'honneur du roi de France, sans l'appeler lui-même, ni personne en son iYOi\\\ parce qu'on n'açaitpas donné cra^'ocat (conseil) à V accusée, etc » Lohier ajoutait encore, dans une conversation : (( Vous voyez la manière dont ils procèdent? Ils la prendront, s'ils peuvent, par ses paroles, car elle dit : Je sais de certain ce qui touche mes apparitions; mais si elle disait seulement : // me semble, — m'est aA is que nul homme ne la pourrait condamner. // apparaît aussi que ses juges procèdent plus par haine qu'autrement; à cause de cela je ({iiitte celte ville, et je n'y veux plus être. » Il partit en eifet de Rouen ; et bien en prit au digne homme, car on voulait le jetei* à la Seine.

L'évêque d' Avranches, lorsqu'on l'eut consulté comme ses collègues de la province de Rouen, répondit « qu'une chose de ce genre regardait le Souverain Pontife, et qu'il lui fallait envoyer la Pucelle à juger (i). »

Ou le voit : il y eut de nol>les àiucs pour sauver

(i) Nous avons ilil i\\\c. dans les cas de gi-andc im|>()rliiMc«', la remise <li' la . .iM',<- :iii S;iiiii.Si('gc était <lo rigiuMir. (1\ jii'M.)

riionneiir de l'Église, honneur compromis par un évêque schismatique de fait {i) et par de misérables prêtres qui prostituaient leur conscience avec une impudeur révoltante.

Le procès allait suivre son cours, et nous allons en étudier les diverses phases.

(i) Nous lavons dit : dans la sentence elle-même qui condamna la Vénérable Jeanne, l'évoque de Beauvais refusait de reconnaître le pape légitime, Eugène IV.

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