‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 79 sur 83 · N° VI · texte numérisé non relu

N° VI

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Jeanne a-t-elle eu peur du supplice?

Ce n'est pas du supplice, mais du genre de supplice que l'intrépide jeune fille eut peur. « J'aimerais mieux être décapitée sept fois que d'être ainsi brûlée ! »

Allons plus au fond des choses. Ce n'est même pas du supplice du feu qu'elle avait peur (elle le prouva bien), mais de l'accompagnement du supplice. D'après les usages de l'époque, la personne condamnée au feu devait être « dévêtue en jugement; » et c'était cet outrage sanglant à sa virginale pudeur qu'elle redoutait par-dessus tout, et qui lui faisait dire : « J'aimerais mieux être décapitée sept fois! »

On l'avait menacée à plusieurs reprises de l'horrible bûcher; et sa pensée n'était pas troublée par le supplice, mais par l'offense du dévêtement, a Si ainsi est, dit-elle dans un des interrogatoires, qu'il me faille mener jusqu'en jugement, et qu'il me faille dé^'êtir en ingénient, je requiers aux seigneurs d'Eglise qu'ils m'accordent la grâce d'avoir une longue chemise de femme. »

La préoccupation est évidente.

Jeanne d'Arc ne s'est pas lamentée, comme une suppliciée vulgaire à l'annonce du moment fatal : elle s'est lamentée, comme les vierges chréliennes des premiers siècles de l'Eglise sur la douleur de se voir outragées dans leur pudicité, mille fois plus précieuse que leur vie.

Nous rencontrons, à ces époques lointaines, l'exemple de nombreuses vierges acceptant le martyre avec courage, même avec joie, mais laissant éclater leurs cris et leurs larmes à la pensée de l'impur accompagnement du supplice. Plusieurs, condamnées à subir les verges ou les peignes de fer en public, s'échappèrent des mains des bourreaux et coururent se précipiter dans les fournaises qui se trouvaient tout auprès.

Le martyre de la pudeur était pour Jeanne, digne sœur de ces vierges chrétiennes, pire que le martyre du corps; et c'est pourquoi,

JEANM-: IVARC OT" L.V ITCELLE D'ORLEANS

dans un mouviMncnt dhoiTciir, elle sécriait : « Jainierais mieux être (lécapilée sept lois! »

Mais Dieu prit en pilié sa vénérable servanle. Il jn'rniit cpie. par une suile d'illégalilés plus llagranles les unes que les autres, Jeanne lui livrée au hourreau sans qu'il y eût eu sentence du jusre séculier, ce qui constitue un véritable assassinat juridique. De celte manière, elle ne lut pas dé\'êliie en jugement, et monta sur le bûcher sans offense pour sa pudeur.

Nous avons vu que, ne pouvant plus insuller à la martyre, on s'elForça d'insulter ù son cadavre.

PIECES JUSTIFICATIVES

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(Pour la page SjG.)

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