SCÈNE VI
LES MÊMES, moins le capitaine, puis FRANÇOIS.
Mais lui?., lui?..
JÉRÔME
François?.. Eh! tenez, le voilà. (Appelant.) François! François !..
FRANÇOIS
Qu’y a-t-il?
JÉRÔME
Un bonheur, camarade.
FRANÇOIS
Que dis-tu?.. Que vois-je, Marie!., chère Marie !..
MARIE
Mon ami!
FRANÇOIS
Ah! tu avais raison, Jérôme, un grand bonheur!.. Marie! clière Marie! est-ce le ciel qui vous envoie?.. Oui, oui, c’est lui qui vous guidait!.. C’est lui qui permet qu’à la veille d’une bataille je puisse vous voir une fois encore.
MARIE, avec effroi.
Une bataille!..
FRANÇOIS
Oh! ne tremblez pas, ne la redoutez pas pour nous, Marie, nous avons juré tous les trois de nous distinguer à l’ombre de notre drapeau, et nous attendons la bataille comme un jour de bonheur et de fête.
C’est vrai!... Mais dites-nous donc ce que sont devenues la citoyenne Louise...
JÉRÔME
Et la citoyenne Jeanne?
MARIE
Elles sont toujours à Paris.
MADAME WOLF
Elles pensent à vous... elles prient pour vous...
' MARIE
Et elles vous attendent.
l’histoire d’un drapeau.
JÉRÔME
Les braves filles !
saturnin.
Nous les reverrons, mon ami, nous les reverrons.
JÉRÔME
François est plus heureux que nous.
FRANÇOIS
Qui sait?... peut-être ce voyage, dont j’ignore encore la cause, est-il une source de chagrin pour moi... Marie, d’où vient que vous avez quitté Paris ?
MARIE
C’est que mon devoir était de braver tous les dangers pour retrouver ma famille.
' FRANÇOIS
Aviez-vous donc quelque indice?
MARIE
Oui, nous avons appris que mon père et ma mère se trouvaient enfermés dans Gèiies pendant la guerre.