LE LIEUTENANT
Vos ordres seront ponctuellement suivis, capitaine.
WOLF, s’asseyant.
Et moi aussi, François Beaudoin, je me suis fait soldat pour me rapprocher de Marie, et nous verrons lequel de nous deux arrivera le premier au but. A-t-il seulement gagné, lui, les galons de sergent? Non, et me voilà capitaine, dans une légion étrangère, cela est vrai; mais le père de Marie n’est-il pas noble? n’a-t-il pas émigré, c’est-à-dire, adopté ainsi que moi une autre patrie? La cause que je me suis engagé à servir est la sienne... Le parti de l’ancienne monarchie est puissant... j’arriverai, et, si le sergent ou le lieutenant François Beaudoin a pour lui le cœur ou l’esprit romanesque de Marie, le colonel, le général Wolf inettra dans la balance la volonté du comte de Marsilly. Oui, oui, Marie m’appartiendra, et quand la paix sera faite, je reviendrai en France, riche, envié. (Avec tristesse.) Envié, mais qui m’aimera? Je n’avais plus qu’elle, ma mère, et le jour de mon départ sa main s’est étendue vers moi, sa bouche s’est ouverte pour me maudire. Allons, c’est ma mère, et elle oubliera ! '