‹ L'histoire d'un drapeau grand drame militaire en douze tableauxChapitre 50 sur 77 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, LOUISE, MARIE, JEANNE, MOLINCHON, blessé.

ANTOINE, blessé, BOUDIN1ER, en infirmier.

Louise el Marie soutiennent Antoine, blessé à la jambe. Molinehon, blessé à l’épaule, s’appuie sur le bras de Jeanne.)

MARIE

Allons, courage; appuyez-vous sur nôus...

l’histoire d’un drapeau.

ANTOINE

Que vous êtes bonnes, Mesdames !

JEANNE, à Molinchou.

Appuyez-vous donc, monsieur le sergent-major !

MOL1NCHON.

Excusez, Madame... c’est que je n’ose pas.

JEANNE

Vous n’osez pas ?..

ANTOINE

Bah! bah 1 il se figure ça... le sergent; il croit toujours qu’il n’osera rien du tout, et c’est un diable que rien n’arrête, au contraire. .

MOLINCHON.

Antoine...

SATURNIN

Excellents cœurs !

JÉRÔME

Ah ! vous êtes de bonnes femmes toutes les trois !..

LOUISE

Au lieu de nous accabler de compliments, ordonnez donc plutôt à vos soldats de nous obéir un peu.

JÉRÔME

Ils vous obéiront, Madame, je le veux...

LOUISE

A la bonne heure !

JEANNE

Vous entendez?

ANTOINE

On obéira.

MOLINCHON.

On obéira...

BOUDINIER, portant deux tasses de bouillon ; il est vêtu en infirmier.

Voilà le bouillon pour réconforter messieurs les blessés.

JÉRÔME

Eh mais ! je reconnais ce garçon, un de mes anciens soldats.

BOUDINIER.

Oui, capitaine.

MOLINCHON .

Et un brave.

JÉRÔME

Brave!.. En ce cas, pourquoi est-il passé dans le corps des infirmiers?

BOUDINIER.

Je vais vous le narrer... J’étais d’un courage... disproportionné... j’ose le dire.

MOLINCHON.

Ah! ça... je l’atteste!

ANTOINE"

Merci!... \

BOUDINIER.

Mais je n’ai jamais eu de bonheur au jeu de la guerre.

TOUS

Du bonheur!

Il y en a à qui le hasard prodigue des grades, des récompenses glorieuses... Ce n’est pas pour vous que je dis ça, sergent Moiinchon, je ne cherche pas à flétrir vos lauriers.

MOL1NCHON.

Merci, monsieur Boudinier.

Mais, voyant que le sort était aveugle à mon égard, je suis entré dans la santé, et je’ suis devenu une mère pour messieurs les blessés.

TOUS, riant.

Une mère !..

BOUDINIER.

J’ose le dire.

MOL1NCHON.

Un homme qui avait tant de courage!,. Quel dommage qu’il n’en ait jamais trouvé le. placement !..

ANTOINE

Laissez-moi donc tranquille ! il n’y a que vous qui ayez jamais deviné ce courage-là.

SATURNIN

Mai3 où est donc François?

FRANÇOIS

L’empereur avait ordonné qu’une partie de l’ambulance fût transportée à Moscou... le colonel, suivi d’un bataillon, l’a escortée.

MARIE

Oui, un grand nombre de blessés sont partis déjà... c’est pour cela que notre bonne madame Wolf n’est pas avec nous... elle les accompagne aussi; elle veillera à leur installation.

JÉRÔME

Madame Wolf!... Encore une qui n’a pas voulu se séparer de nous.

SATURNIN

Elle n’avait cependant ni ami, ni parent à suivre, elle.

JEANNE

Elle avait, disait-elle, un iils à faire oublier.

LOUISE

Et elle soigne les pauvres blessés avec un courage admirable.

Il semble qu’à force de dévouement à son pays, elle

l'histoire d’on drapeau.

veuille faire perdre le souvenir de la trahison de son üls , elle cherche à se faire absoudre de lui avoir donné le jour.

JEANNE

Malheureuse mère !

UN SOLDAT, entrant.

Le maréchal Ney !

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