MARIE, WOLF
MARIE, redescendant.
Maintenant vous pouvez parler.
Et je parlerai, Marie.
Vous... c’est vous!...
Moi-même.
Ici!
MARIE
WOLF
MARIE
WOLF
Qu’y a-t-il là de si étrange?.. N’existe-t-il pas, en France, un parti qui rêve le retour de ce qui a été jadis?.. Ce parti couvre de ses émissaires chaque pays de l’Europe : il les répand en Italie, en Espagne, en Prusse, en Autriche; leur nombre n’a rien qui le gêne, ce n’est pas lui qui paye»
MARIE
Et vous êtes à la solde de ce parti ?
WOLF
Il croit se servir de moi , c’est moi qui me sert de lui. Que m’importe cette cause qu’ils défendent? Je n’en connais qu’une : celle de ma haine pour ce François que vous n’avez jamais cessé de me préférer, celle de mon amour, que l’absence n’a pas étouffé.
MARIE
Votre amour?
WOLF
Écoutez-moi bien, Marie : j’ai fait deux serments solennels, terribles, irrévocables : j’ai juré la perte de mon rival, j’ai juré que vous seriez à moi.
MARIE
Moi, Monsieur, je n’ai fait qu’un serment : celui de vivre ou de mourir pour mon mari.
WOLF
Pour lui, ce François que j’abhorre ! vous ne le reverrez pas.
MARIE
Qui m’en empêchera?..
l’histoire d’on DRAPEAU.
WOLF
Moi, qui n’ai qu’un mot à dire, qu’un signal à donner pour que cent bras me viennent en aide. Ah! vos amis ont ordonné de préparer des chevaux, des voitures, j’ai fidèlement exécuté leurs ordres : une voiture est là qui nous attend, et des relais préparés à l’avance nous emporteront bientôt de l’autre côté de la Russie. Allons, Madame, allons, préparezvous à me suivre...
MARIE
Vous suivre,!... Mais il me reste ici des défenseurs que je vais appeler à mon aide.
WOLF
Faites donc ! mais souvenez-vous de mes paroles : il y a là des femmes et des blessés, je donne le signal de leur mort, si vos défenseurs franchissent le seuil de cette porte.
MARIE
Le signal de leur mort !
WOLF
Deux cents hommes attendent le bruit de cette arme pour se rendre ici, deux cents hommes altérés de vengeance, et prêts à répandre le sang, qui retombera sur votre tête.
MARIE
Mon Dieu! que faire? que devenir?..
WOLF
Voulez- vous me forcer de donner le signal? (Jeanne et Louise entrent.)
LOUISE
Donnez-le donc, Monsieur....
JEANNE
Donnez-le, nous sommes prêtes à mourir...
MARIE, courant à elles.
Ah!...
WOLF, s’élançant vers la porte du fond, le pistolet à la main.
Eh bien ! puisque vous le voulez... (il ouvre la porte, va pour tirer, et se trouve en face de madame Wolf, qui marche à lui pile et froide et le force de reculer.)