SCÈNE VI
Les MÊMES, LA POPULATION DE GRENOBLE, SOLDATS DE TOUTES
ARMES sortant en foule de la ville, MOL1NCHON, BOUD1N1ER.
TOUS
Vive l’empereur!..
MOLINCHON.
Majesté, nous n’avons pas pü mettre la main sur les clefs de la ville, mais nous vous en apportons les portes.
BOUD1N1ER, avec énergie et précédant des ouvriers qui les portent.
Les voilà, les portes!., les voilà 1..
NAPOLÉON
Soldats! je vous rendrai vos aigles, je vous rendrai ces drapeaux qu’on vous a enlevés, qu’ils ont détruits peut-être.
ANDRÉ, entrant et portant un drapeau.
Tous ne l’ont pas été, sire!.. Colonel François, voilà celui que vous m’avez confié.
NAPOLÉON
Gardez-le. Bientôt je le rendrai au régiment avec son brave colonel... d’ici là, il ne saurait être en de plus dignes mains... ^
FRANÇOIS
Oh ! oui, je le garderai avec fierté, avec bonheur, ce dra-
E eau qui a vécu de notre vie, qui porte ainsi que nous ses lessures et ses cicatlâces. Sire, en vous revoyant aujourd’hui, je me sens saisi d’un trouble inconnu, d’une ivresse fiévreuse... 11 semblé que mon âme lise dans l’avenir... Je vois