‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 119 sur 129 · Cotte de mailles · texte numérisé non relu

Cotte de mailles

LE ïyaANC ARCHER DE BAGNOLET 409

Et ma ceinture et mon cornet....

Priez pour Tàme, s'il vous plaît

Du franc archer de Bagnolet,

Et m'écrivez à ung paraphe

Sur moi ce petit épitaphe :

Cygit Pemet, le franc archer.

Qui cy mourutj sans démarcher,

Car de faire n*eut onc espace.

Lequel Dieu, par sa sainte grâce j

Mette es deux, avecques les dmes

Des francs archers et des gens d'armes

Arrière les arbalétriers

[Je les hais tous, ce sont meurtriers.

Je les connais bien de piéça).

Et mourut l*an qu'il trépassa.

Voilà tout ; les mots sont très beaux.

Or, vous me laissez mes houseaux,

Car, si j'allais en paradis

A cheval, comme fit jadis

Saint Martin et aussi saint George,

J'en serais bien plus prêt.... Or je

Vous laisse gantelet et dague :

Car, au surplus, je n'ai plus bague

De quoi je me puisse défendre.

(A V épouvantait,) Attendez, me voulez-vous prendre En désarroi? Je me confesse A Dieu, tandis qu'il n'y a presse, A la Vierge et à tous saints.

(A part,) Or meurs-je, les membres tous sains Et tout en bon point, ce me semble.

Je n'ai mal, sinon que je tremble De peur, et de maie froidure,

Et de mes cinq sens de nature

{Ici Vépouvantail vint à tomber,) Là ! monseigneur, vous êtes chû !

Jésus ! et qui vous a bouté ?

Dites, si n*ai-je pas été Vraiement, ou diable ne m'emporte, Au cas, dites? Je m'en rapporte A tous ceux qui sont ci, beau sire, Afin que ne veuillez pas dire Que c'est demain ou pour demain.

Au fort * baillez-moi votre main.

Je vous aiderai à lever.

Mais ne me veuillez pas grever, J'ai pitié de votre fortune

(Jet aperçoit le franc archer que Vépouvantail n'est pas un homme.) Par le corps bien ! j'en ai pour une ! Il n'a pied, ne main ; il ne hobe, Par le corps bien ! c'est une robe Pleine, de quoi ? charbieu I de paille I Qu'est ceci, morbieu ! on se raille.

Ce cuidai-je, des gens de guerre....

Que la fièvre quartaine serre Celui qui vous a mis ici !

Je le ferai le plus marri, Par la vertu bieu ! qu'il fut oncques. Se moque- tron de moi quelconque?

Et ce n'est, j'avoue saint Pierre!

Qu'épouvantail de chenevière, Que le vent a ci abattu!...

La mort bieu! vous serez battu, Tout au travers de cette épée,

1, Au reste.

l'art militaire sous louis XI Hl

Quand la robe serait coupée, Ce serait un très grand dommage.

Je vous emporterai pour gage, Toutefois, après tout hutin * Au fort, ce sera mon butin, Que je rapporte de la guerre.

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