‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 191 sur 329 · MAXIMILIEN PRÉPARE UNE DESCENTE EN ITAUE · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN PRÉPARE UNE DESCENTE EN ITAUE

Le roi des Romains, ennemi du roi et envieux de sa prospérité, était lors aux Allemagnes, bien courroucé de la prise de Gênes, et fort dolent de la gloire des Français ; disant qu'encore, s'il peut, leur donnera une alarme ; et pour ce faire, fît assavoir à tous les électeurs de l'Empire, et à tous les tenus et sujets du couronnement, qu'il était délibéré et prêt de s'en aller à Rome faire là couronner empereur, en les sommant et requérant, comme obligés et tenus à ce de le vouloir accompagner et servir; et pour délibérer de la manière de son voyage et tenir, sur ce, conseil, manda les princes et aucuns prélats des Allemagnes, et seigneurs des cantons et ligues des Suisses, sujets audit couronnement, lesquels assemblés furent prêts d'ouïr le propos, et entendre le vouloir dudit roi des Romains, lequel dit en audience :

Les princes et seigneurs de l'Empire, ayant le dire et proposé du roi des Romains, dirent tous qu'ils étaient prêts et appareillés de toute leur puissance le servir à ses dépens envers tous et contre tous; et que si son argent était prêt, que, lorsqu'il voudrait, aurait cinquante mille Allemands, ou plus, si besoin en avait. Mais entre autres, les seigneurs des ligues lui remontrèrent comment le roi de France et eux étaient confédérés, et comment ils avaient eu souvent et espéraient encore avoir grand nombre de ses deniers, au moyen des guerres qu'il avait eues en Lombardie et ailleurs delà les monts; par quoi n'étaient délibérés d'eux déclarer ses ennemis, ni de servir homme vivant contre lui, si ce n'était qu'au couronnement du roi des Romains voulût contredire; mais sur cette querelle, encontre tous autres, servirait

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