INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
femme des rois de France Charles VIII et Louis XII, suivie de lettres inédites et de documents oriffinatix. Paris, Curmer, 1860, 4 vol. petit in-i», plus un fascicule de vignettes et photographies.
DoM LoBiNEAu. Histoire de Bretagne, Paris, 1707, 2 vol. in-8^
DoM MoRiGE. Mémoires pour servir de pi'euves à Vhistoir^ ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1707, 2 vol. in-8-.
Aimé Ghampollion-Figeag. Louis et Charles, ducs d'Orléans, leur influence sur les arts, la littérature et Vesprit de leur siècle (d'après les documents originaux et les peintures des manuscrits). Paris, Comptoir des imprimeurs unis, quai Malaquais, 15, 1844.
DupuY. Histoire de la réunion de la Bretagne à la France, Paris, 1881, 2 vol. in-8«.
De Maulde. Jeanne de France, duchesse d^Orlëans et de Berry, Paris, 1883, in-8».
Biographes de Jeanne de France : Dony d'Attichy. — L. DE Bon Y et Pierquin de Gbmbloux. Histoire de Jeanne de Valois,
De Maulde. Procédures politiques du règne de Louis XII (coll. des Documents inédits). 1 gr. vol. in-4«. Paris, Imprimerie nationale, 1885,
NOTICES SUR LES AUTEURS
Jean d'A.uton.
On en est encore réduit de nos jours à des suppositions sur la famille, la naissance et même le nom de ce personnage, que les uns appellent d'Auton et les autres d'Anton. Suivant l'opinion la plus probable, ce chroniqueur est originaire de la Saintonge. Entré dans l'ordre de Saint-Benoît, il écrivit en 1499 un poème des Alarmes de Mars sur le voyage de Milan et sa chronique du Voyage de Milan, qui le tirèrent de son obscurité. Il fut sans doute distingué et encouragé par la reine Anne de Bretagne, qui avait formé autour d'elle une cour de poètes et de savants. « Je qui suis des petits le moindre, dit-il dans une dédicace à cette princesse, il vous a plu me faire élargir et disperser des miettes tombantes de votre table pour la substantion de ma pauvre humanité. »
Il devint historiographe et chroniqueur du roi, qui lui donna en récompense Tabbaye d'Angle en Poitou, et plus tard, en 1505, le prieuré de Lodève en Languedoc, outre les pensions et les dons attribués à chaque nouvelle besogne historique ou poétique. Jean d'Auton çiccompagnait partout Louis XII, dont il « rédigeait par lettres les louables œuvres », et dans plusieurs passages de sa chronique il se met lui-même en scène auprès du roi.
Dans un passage digne d'être cité, il nous apprend avec quelle conscience il remplissait sa charge d'historien, lorsqu'il n'avait pu à « l'œil voir et connaître une
partie des choses «. C'était après le retour des capitaines et des gentilshommes qui avaient survécu à la désastreuse campagne de Naples en 1503. « J'étais lors à Blois, dit Jean d'Auton, pour savoir au vrai des nouvelles; une fois m'en allais dîner on souper au logis du sieur d'Aubigny, une autre chez le seigneur de la Palice, puis aux banquets que se faisaient les autres capitaines et gentilshommes qui aux affaires du roytmne de Naples avaient été, et là écoutais chacun parler, qui d'autre chose que de la guerre ne tenaient propos, et aussi je mettais en mon papier ce que je voyais débattre entre les capitaines et les gens d'armes,; et ce fait, à part, à l'un et à l'autre m'en enquérais à toute heure, des plus grands jusqu'aux moindres, pour savoir si le commun rapport s'accorderait aux maîtres de l'artillerie et aux varlets canonniers que par prière je menais parfois dîner ou souper à mon logis, qui lors était près de leur quartier; m'enquérais aussi combien de pièces d'artillerie y avait eu, des poudres et autres munitions, et quel exploit elle avait fait, et de toutes autres choses qui ne se doivent oublier à mettre par écrit : à quoi j'ai plus travaillé de savoir que je n'ai mis de peine à écrire. » Par cette méthode, Jean d'Auton relève de l'école de Froissart et de Monstrelet.
Les chroniques de Jean d'Auton étaient fort estimées autrefois. Sa probité et sa loyauté d'homme, son exactitude et son impartialité d'historien justifient cette réputation. Jean Bouchet, à qui Jean d'Auton avait enseigné l'art de rhétorique et de poésie, fait souvent dans ses livres avec enthousiasme le panégyrique de son maître. C'est lui qui dans une épitaphe restée le principal document sur la vie de Jean d'Auton, nous fait connaître la vie édifiante que mena l'abbé d'Angle depuis la perte du roi son bienfaiteur, jusqu'à ce qu'il mourut, âgé d'environ soixante ans, dans son abbaye, au mois de janvier 1528. Voici cette pièce :
Ci-dessons gît en ce bien étroit angle Un bon seigneur, autrefois Bbhé d'Angle, Religieux : c'est frère Jean d'Auton,
Noble de sang, qui vécut, ce dit-on,
Par soixante ans et plus en bonne estime :
Grand orateur, tant en prose qu'en rime,
11 ordonnait comme en prose ses vers,
Sans rien contraindre à l'endroit ou envers ;
Il élait grave en son mètre et facile :
Bref, on ne vit jamais de plus grand style.
Plusieurs traités en rime composa,
Où le sien sens et savoir exposa;
Du roi Louis, de ce nom le douzième,
Tant qu'il porta le royal diadème,
Fut chroniqueur, et en prose a écrit
Ses nobles faits où montra son esprit.
En rime a fait trois épitres moult belles.
Des trois États contenant les querelles :
Et ce bon roi, voyant que moine était,
Et que très bien être abbé mécitait,
Le fît pourvoir de cette prélature,
En attendant plus féconde aventure :
Car il eût eu chose de plus haut prix,
Si fière mort n'eût ce bon roi surpris.
Dix ans avant que mourût ce bon père,
Austère vie il tint en monaslère.
En méprisant par merveilleux dédain
Les gens du monde et tout honneur mondain ;
Il ne dormait en mol lit, sans courtines,
Toujours était le premier à matines :
11 se rendait si très humble et abject,
Qu'il ne semblait être abbé, mais sujet,
Et tellement qu'on ne l'eût pu connoitre
Entre les siens religieux en cloître.
Par lui étaient grands bobans redoutés.
Combien qu'il fût noble des deux côtés ;
Il ne voulait chasse ni vénerie.
Riches habits ni pompeuse écurie :
En solitude, il vivait tout seulet,
Se contentant d'un prêtre et d'un varlet.
Il ne voulait compagnie pompeuse.
De conscience était fort timoreuse.
Puis en janvier mil cinq cent et vingt sept
Il trépasse, disant maint beau verset,
Le corps duquel repose sous la lame :
Priez à Dieu que pardon fasse à l'àme.
Sans être un écrivain, et malgré des réminiscences quelquefois fastidieuses de Tantiquité, Jean d*Auton se lit avec intérêt. Dans ses descriptions il y a de la vie, de la force, de la couleur; et son œuvre historique reste un monument précieux pour l'histoire du commencement du XYi* siècle. (Voir préface de l'édition des chroniques de Jean d'Auton, par P.-L. Jacob.)
Le Loyal Servlleiir.
Histoire ou bon Chevalier sans peur et sans reproche
LE SEIGNEUR DE BaYARD.
Il n*y a pas, dans notre histoire militaire, de renommée plus populaire que celle de Bayard, ni, dans toute notre littérature, de livre plus attrayant que le récit du Loyal Serviteur. Il a, sur les romans de chevalerie, l'incomparable avantage de la vérité historique. Les aventures des paladins sont des fictions merveilleuses, les actes du bon Chevalier sans peur et sans reproche sont des réalités admirables.
Publiée trois ans à peine après la mort de Bayard, en 1527, l'histoire de sa vie ne souleva aucune contradiction. Plusieurs de ses plus illustres contemporains, Bonnivet, la Trémouille, SuCfolk, l'héroïque la Palisse, succombèrent dans la funeste journée de Pavie; mais il en restait beaucoup qui l'avaient vu d'assez près pour être en état de contrôler et de contester au besoin les assertions de son. historien : au premier rang, le capitaine Louis d'Ars, qui l'avait connu dès sa première jeunesse; le capitaine Pierrepont, son lieutenant pendant de longues années ; Montmorency, son compagnon d'armes et son aide dans la défense de Mézières; avant tous, le roi qui l'avait choisi pour parrain dans l'ordre de chevalerie, François I»'. Pourquoi, parmi ces témoins autorisés, ne placerions-nous pas Montluc? C'est en effet 'sous les ordres de Bayard que ce cadet de Gascogne servit d'abord comme archer dans la compagnie du duc Antoine de Lorraine»
NOttCES 16b
Les documents écrits, les mémoires du temps s'accordent, en tout ce qui est essentiel, avec les récits du Loyal Serviteur. On peut donc tenir pour authentique le portrait qu'il nous a donné de son maître.
Ce modèle de toutes les vertus militaires exerce un attrait invincible par son héroïque bravoure, son désintéressement, son profond amour du bien public, son humanité chevaleresque, sa modestie et sa verve toute française .
Le biographe d*un pareil homme, le Loyal Setmteury qui avec une modestie trop grande a dérobé son nom à notre admiration, est à la hauteur de son sujet, avec lequel il semble s'être complètement identifié. Il est à peu près certain aujourd'hui que le nom du Loyal Serviteur était Jacques de Mailles. En 1719 le père Lelong disait déjà que l'auteur de la vie de Bayard était son secrétaire et que certaines libertés d'appréciations l'avaient empêché de se nommer. Cette opinion est confirmée par des recherches récentes. (Voir l'introduction de l'édition du Loyal Serviteur donnée par les soins de M. Lorédan Larchey, Hachette, 1884, in-4«.) Jacques de Mailles fut probablement un gentilhomme du Grésivaudan, pays de Bayard, servant en qualité d'archer dans sa compagnie d'ordonnance et exerçant les fonctions de secrétaire auprès de lui. Après avoir suivi la carrière des armes, il aurait exercé la profession de notaire et reçu, en cette qualité, le contrat de mariage de la fille de Bayard avec le sire de Boczosel.
Clanfle de Seyssel.
Claude de Seyssel, né vers 1450 à Aix en Savoie, mort en 1520, occupa d'abord une chaire d'éloquence à Turin, puis fut appelé en France par Louis XII et Georges d'Amboise, et devint évêque de Marseille en 1509, ambassadeur de France à la diète de Trêves en 1512 et au concile de Latran en 1514, archevêque de Turin en 1517. On a de lui : Histoire singulière du roi
Louis XII, Paris, 1508, in-8»; — la Grande Monarchie de Finance, 1519, in-4o, sorte de traité en cinq parties sur la puissance de la France et le développement possible de sa prospérité; une traduction française de Justin; d'autres, d'après des versions latines, de Thucydide, Xénophon, Appien, Diodore, Eusèbe, etc.; un traité de la loi Salique en latin.
Jean de Sainl-Gelals.
Jean de Saint-Gelais, frère et oncle des poètes Octavien et Meliin de Saint-Gelais, a écrit une Histoire de France depuis I470jusqii^à I5I0, publiée par Th. Godefroy.
Jean Bouchet.
Né à Poitiers en 1476, mort vers 1550 ou 1555, Jean Bouchet succéda à son père dans la charge de procureur qu'il avait exercée à Poitiers. On a de lui un grand nombre de ver& fort médiocres. Ses deux meilleurs ouvrages sont les Annales d'Aquitaine et Antiquités de Poitou, imprimées pour la première fois à Poitiers en un vol. in-folio, en 1524; et l'autre est le Panégyrique de Louis de la Tréinouille, que nous reproduisons ici. Ce dernier ouvrage fut imprimé en lettres gothiques à Poitiers, in-4^ en 1527; on lit à la fîn : « Cy finist le Chevalier sans reproche, composé par maistre Jehan Bouchet, procureur es cours royalles de Poictiers. Imprimé par Jacques Bouchet, demourant audict Poictiers, à la Celle. Et se vendant en la boutique dudict Bouchet et au Pellican près le Palais, et fut achevé le 28^ jour de mars 1527. »
C'est la seule édition complète. Les éditions qui ont paru depuis ne sont qu'une sorte d'extrait. Nous nous sommes contentés de donner des extraits de la partie purement narrative, laissant de côté toutes les phrases de rhétorique, qui sont, en effet, pleines d'une ridicule affectation de pédantisme.
§ 1. — Le sieur du Bouchage écrit à sa femme et lui fait part de quelques circonstances qui suivent la mort de Charles VllI.... 1
J 2. — Le roi Louis XII mande aux gens des comptes de se trouver aux obsèques et enterrement du roi Charles VIII 3
§ 3. — Dispositif de l'ordre et des cérémonies à observer pendant le convoi du défunt roi 4
§ 4. — Ordre de la pompe funèbre du roi Charles VIII passant par Paris 18
H. — Le duc d'^Orléans. — Le roi Louis XII. — Le divomce
ET le second mariage DU ROI.
§ 1. — Les origines du duc d'Orléans Louis. — Résumé des dissensions de la maison de France et de la maison de Bourgogne 27
§ 2. — La bataille d'Azincourt. — Captivité du
frère de Louis XII 31
§ 3. — Le duc Charles d'Orléans, père de Louis XII. 34
§ 4. — Éducation et portrait du jeune Louis d'Orléans 37
§ 5. — Mariage du duc d'Orléans et de la fille de
Louis XI 38
§ 6. — Le duc d'Aiigoulême, oncle de Louis XII. Ai § 7. — Le duc d'Orléans et madame de Beaujeu. 42 § 8. — Le roi de France oublie les injures du duc
d'Orléans 44
§ 9. — Divorce de Louis XII et de Jeanne de
France 46
m. — La conquête, la perte et la reprise DU Milanais (1499-1500).
§ L — Prise d'Alexandrie par l'armée française.. 52
§ 2. — Ludovic le More aux abois .* 53
§ 3. — Fuite de Ludovic le More 54
§ 4. — Occupation de Milan par les troupes françaises 58
§ 5. — Arrivée du roi de France en Italie. — Son
entrée à Pavie 60
§ 6. — Entrée de Louis XÏI à Milan 61
§ 7. — Soumission de tout le duché de Milan et
de la république de Gênes 65
§ 8. — Le roi pourvoit à l'administration du duché de Milan. — Naissance de madame
Claude 66
§ 9. — Retour du roi en France 68
§ 10. — Retour otfensif de Ludovic le More 69
§ 11. — Soulèvement de Milan contre les^Français. 70 § 12. — Le comte de Ligny repousse au bord du
lac de Côme l'armée de Ludovic le More. 74 § 13. — Jean-Jacques Trivulce donne au comte de
Ligny l'ordre d'évacuer Côme 75
§ 14. — Retraite du comte de Ligny sur Milan.... 77 § 15. — Évacuation de Milan. — La retraite sur
Novare 77
§ 16. — Prise de Novare par l'armée de Ludovic
le More 82
§ 17. — Secours envoyés par Louis XII sous le
commandement du sire de la Trémouille. 83
TABLE DBS MATIÈRES 469
§ 18. — Le jeune Bayard prisonnier des ennemis. — Courtoisie de Ludovic le More à son égard 84
§ 19. — Le roi Louis XII à Lyon. — Préparatifs de
la bataille 9i
§ 20. — Journées de Navarre (5-10 avril 1300) 93
§ 21. — Désertion de& troupes auxiliaires de Ludovic le More 10!
§ 22. — Ludovic le More livré par les Suisses 108
§ 23. — Retraite des Suisses sur leurs cantons. —
Prise par eux de Bellinzona 110
§ 24. — Le roi apprend à Lyon la nouvelle de la victoire. — Ses paroles à la reine au sujet de la Trémouille 1 12
g 25. — Le cardinal d'Amboise à Milan. — Amende
honorable des habitants 114
g 26. — Ludovic le More amené en France 117
IV. — La diplomatie de Lodis XII. -- Le traité DE Grenade. — La guerre de Pise.
§ 1. — Le projet de croisade et le traité de Grenade 119
§ 2. — Les fêtes de Lyon. — Retour du cardinal
d'Amboise 125
§ 3. — Accidents arrivés au pape Alexandre VI... 131
§ 4. — La guerre de Pise. — Sommation aux habitants d'avoir à rendre la ville 132
§ 5. — Sympathies françaises des Pisans. — Leur
réponse 134
§ 6. — Supplications et protestations des Pisans 136
§ 7. — Assaut de Pise. — Résistance héroïque et
touchante 140
§ 8. — Trahison des Suisses. — Levée du siège.. 141
§ 9. — Retour du roi dans ses Étals du Nord. — Accident de chasse. — Voyage du roi en Bretagne, en Touraine 143
§ 10. — Préparatifs pour la croisade 146
§ tl. — Voyage du roi en Bourgogne. — Trahisons allemandes 147
§ 12. — Préparatifs pour la conquête de Naples... 150
§ 13 -— Les forces navales de Louis XIL — Préparatifs pour la croisade et la guerre d'Italie !5S^
Indications bibliographiques relatives au règne de Louis XII 157
Notices sur les auteurs 161
Coulommicrs. — Imp. P. lirodard ot Gallois.
RACONTÉE PAR LES CONTEMPORAINS
Coulommiers. — Imp. P. Brodard et Gallois.
LOUIS XII
ET