‹ L'histoire de FranceChapitre 91 sur 140 · SAINTE GENEVIÈVE NOUEWT PARIS ATTAQUÉ PAB LES FRANCS · texte numérisé non relu

SAINTE GENEVIÈVE NOUEWT PARIS ATTAQUÉ PAB LES FRANCS

Les Parisiens furent attaqués par les Francs et soutinrent durant cinq ans le siège. Cette guerre causa une cruelle famine, qui fit mouiir beaucoup de monde. Pour soulager ses compatriotes, sainte Geneviève alla jusqu'à Arcis-sur- Aube et àTroyes chercher des vivres, et elle en amena onze bateaux chargés qu'elle conduisit à bon port par ses prières, malgré les dangers qu'elle eut à essuyer en allant et en revenant. Elle guérit dans ce voyage à Arcis-sur-Aube une dame pardytique, et à Troyes deux aveugles et plusieurs autres malades.

Lorsqu'elle fut revenue à Paris, elle distribua le blé qu'elle y avait fait venir à chacun ^elon son besoin. Pour prévenir le murmure des pauvres, elle tirait quelquefois eJle-raêifte secrètement des paii^

du four et les leur donnait tout entiers; en sorte que les filles qui la servaient n'auraient pu savoir ce qu'ils étaient devenus, si elles n'avaient trouvé des pauvres qui en emportaient et qui donnaient milla bénédictions à leur bienfaitrice. Tant de ^Iwides action^ portèrent sa réputation jusqu'en Orient. Saint Siméon le Stylite, qui passa près de quarante ans sur une colonne, où il marquait bien son mépris pour le monde, demandait des nouvelles de Geneviève aux marchands qui venaient de ces pays, et il les priait de le recommander à ses prières.

Childéric même, roi des Francs, tout païen qu'il était, s'étant rendu maître de Paris, avait une si grande vénération pour elle, qu'il ne pouvait lui refuser les grâces qu'elle lui demandait. Voulant un jour faire'punir de mort des prisonniers, et craignant que Geneviève n'entreprît de leur sauver la vie, il sortit de Paris et fit fermer la porte après lui, afin qu'elle ne pût venir le trouver pour lui demander leur grâce. Mais la sainte, l'ayant su, alla se présentei à la porte, qui s'ouvrit d'elle-même, et elle vint trouver le roi, qui lui accorda la vie de ces malheureux.

§ 7. — DERKIÈRBS ANlfÉES , CONVERSIONS ET MIRACLES DE SAINTE GENEVIÈVE.

Dans un voyage que sainte Geneviève fit à Meaux, une fille nommée Gélinie qu'on pensait à marier et qui était déjà fiancée, ayant eu connaissance des grâces dont Dieu favorisait cette sainte, vini la trouver et la pria de lui changer son habit, voulant renoncer au monde pour se consacrer à Jésus-Christ. Le jeune homme à qui elle avait été accordée, l'ayant

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SU, accourut à Meaux fort irrité de ce changement Dès que la sainte eut appris son arrivée, elle se réfugia aussitôt à l'église, emmenant avec elle Célinie. A leur entrée dan3 l'église, Dieu permit que la porte , du baptistère s'ouvrit d'elle-même et leur donnât un asile sûr contre les poursuites et les violences de ce jeune homme. Célinie, se regardant comme sauvée du naufrage et de la contagion du siècle, pa3sa le reste de ses jours dans l'abstinence et la chasteté. Elle avait une de ses servantes malade depuis longtemps et privée de l'usage des pieds, qu'elle présenta à sainte Geneviève. Sitôt que la sainte les lui eut touchés, elle recouvra sa santé et fut parfaitement guérie.

Sainte Geneviève avait quelque terre auprès de Meaux, car son historiea raconte qu'y faisant la moisson, il s'éleva tout d'un coup un gfkad orage qui menaçait de pluie et qui jeta le trouble parmi les moissonneurs. La sainte entra dans la grange, se prosterna contre terre, selon sa coutume, et pria avec larmes. Jésus-Christ l'exauça par un miracle tout visible ; et, pendant qu'il pleuvait dans tous les environs, il ne tomba pas une seule goutte d'eau sur la moisson ni sur les moissonneurs de sainte Geneviève. Un avocat de Meaux nommé Frunime, qui avait perdu l'ouïe depuis quatre ans, eut recours à elle pour obtenir sa guérison. Elle fit le signe de la croix sur ses oreilles, et aussitôt il fut guéri.

On ne sait point le sujet qui la mena à Laon. Mais on raconte qu'y arrivant, une grande partie de la ville alla au-devant d'elle. De ce nombre étaient les, parents d'une fille qui, depuis neuf ans, était tellement percluse de tous ses membres, qu'elle ne pouvait se remuer. A leurs instances, la sainte alla trouver cette fille, fît sa prière auprès d'elle, puis, lui

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ayant touché tous les membres, elle lui ordomia de s'habiller et de se chausser elle-même. La fille se leva aussitôt et alla à l'église avec tout le peuple, qui rendit grâces à Dieu de ce grand, miracle et reconduisit avec honneur sainte Geneviève, lorsqu'elle sortit de la ville pour s'en retourner. Elle fit un voyage à Orléans, où elle alla prier Dieu dans l'église de Saint-Aignan. Durant qu'elle y était, une mère de famille nommée Fraterne, ayant appris son arrivée, alla la trouver dans une désolation extrême de l'état où était sa fille, nommée Claude. Elle se jeta à ses pieds, tout épi orée, et la conjura avec de grands cris de lui rendre sa fille, qui était malade à l'extrémité et près de mourir. Sainte Geneviève, voyant sa foi, lui dit de cesser de se tant affliger et de l'importuner davantage, l'assurant que sa fiUe était entièrement guérie. A ces mots, cette mère se leva pleine de joie et s'en retourna chez elle avec sainte Geneviève ; et Dieu avait, par sa toute-puissance, si promptement guéri cette fille, qu'elle vint les recevoir à la porte de la maison. Dans la même ville d'Orléans, la sainte intercéda pour un serviteur qui avait offensé son maître. Mais ce maître lui refusa fièrement le pardon qu'elle lui demandait; alors la sainte lui dit : « Si vous méprisez la prière que je vous fais, Jésus-Christ, mon Seigneur, ne me méprisera pas de même, parce qu'il est plein de bonté et de clémence et toujours prêt à pardonner. » Dès que cet homme fut de retour chez lui, il fut attaqué d'une fièvre si ardente, qu'il ne put reposer toute la nuit. Le lendemain matin, il vint dans un pitoyable état se jeter aux pieds de sainte Geneviève et lui demanda pardoti. La sainte fit le signe de la croix sur lui, et aussitôt il fut guéri de sa fièvre; et il se réconcilia avec son serviteur.

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D'Orléans, elle descendit par la Loire jusqu'à Tours et courut beaucoup de dangers sur l'eau. A son arrivée à Tours, un grand nombre de possédés sortirent de l'église de Saiidt-Martin, criant qu'ils se sentaient brûlés entre saint Martin et sainte Geneviève : et ils avouaient que c'étaient eux qui avaient excité les tempêtes où elle avait été en péril. La sainte cependant entra dans l'église de Saint-Martin et délivra plusieurs de ces possédés, soit dans Fé^se même, soit dans la ville. Enfin, quelque part qu'elle allât, la vertu des miracles la suivait partout.

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