RANCÉ
Marsollier, chanoine d’'Uzès, a comme source les informations fournies par l’ancien secrétaire de Rancé, Maisne : mais celui-ci avait abandonné La Trappe pour embrasser les idées jansénistes. Par suite, cette biographie, que Lenglet-Dufresnoy trouve très bien écrite, est entachée de partialité; elle. renferme aussi des erreurs.
— Gervaise (Armand François), 1660-1751. Jugement critique, mais équitable, des vies de feu M. l'abbé de La Trappe, par les sieurs Marsollier et Maupeou, divisé en deux parties, où l'on voit toutes les fautes qu'ils ont commises contre la vérité de l'histoire, contre le bon sens, contre la vraisemblance, contre l'honneur même de M. de Rancé et de la maison de La Trappe, Londres (Troyes), 1744, in-12°.
Réfutation vive, mais assez justifiée, des deux ouvrages précédents, faite par le premier successeur de l'abbé de Rancé comme prieur de La Trappe, qui fut obligé d'abandonner la direction de l’abbaye à cause de son esprit inquiet. Ce livre sert à contrôler les assertions des premiers biographes de Rancé : une eritique sérieuse est nécessaire, puisque l'ouvrage tient à la fois de la biographie et de la polémique.
— Lexan (Pierre), 1640-1713. La vie de Dom Armand'Jean Le Bouthillier de Rancé.., s. 1. (Rouen), 1715, in-12°, 3 vol. — Aut. édit. : Paris, 1719.
Bossuet, n'étant pas satisfait des ouvrages de Maupeou et de Marsollier, demanda à Lenain, qui avait été le collaborateur de Rancé, d'écrire une nouvelle biographie. Lenain a rapporté ses souvenirs personnels et s’est aussi servi de l'ouvrage de Louis d'Aquin. L'édi-, tion de 1715 n’est pas complète : tout ce qui, dans le manuscrit (bibliothèque de Carpentras), touchait à la polémique n’a pas été imprimé. L'édition de 1719 présente des variantes considérables : tandis qu'en 1715 Lenain semblait gagné par les idées jansénistes, en 1719 il insiste au contraire sur l’orthodoxie de Rancé. Il semble done que Lenain a rédigé deux textes à des époques différentes. Malgré ces diversités, l'ouvrage est utile parce que l’auteur a été un témoin oculaire.
— IxeumBert (Dominique Joseph Malachie »°), 1683-1757. Cha-
racter genuinus, seu vita Armandi Joannis Butillerei Rancæi…., Rome, 1718, in-4° (opuscule), — 1725, in-4°, 2 vol., 694 p.
Dominicain, puis trappiste, plus tard évêque de Carpentras, Inguimbert a procédé à une refonte des biographies de Marsollier et de Lenain, en les corrigeant suivant les demandes de la Congrégation de l’Index et en affirmant que Rancé était l'adversaire du jansénisme.
— Recueil, n° 13874.
Voir : — chapitre Leltres, n° 1043; — Gückingk (G. de), Leben des Dom Armand Johannes Le Bouthillier de Rancé, Berlin, 1820, in-8°; — Chateaubriand, Vie de Rancé, Paris, 1844, in-8° (fantaisiste); — Exauvillez (d’); Vie de l'abbé de Rancé, Paris, 1844 (faible) ; — Dubois (L.), Histoire de l'abbé de Rancé et de sa réforme, Paris, 1886, in-8°, 2 vol. (capital); — Schmid (B.), A. J. Le Bouthillier de Rancé, Abt und Reformator von La Trappe,tRatisbonne, 1897, in-8°, 437 p.; — Serrant, Cor., 1900, et L'abbé de Rancé el Bos-" suet, Paris, 1904; — Rochemonteix (de), Nicolas Caussin, Paris, 1911, in- RS appendice 1; — Frère, Manuel du bibliographe normand, t. II.
1856. RANTZAU (Josias, comte DE), 1609-1650. — Relation de tout ce qui s’est fait el passé à la vie et à la mort de M. le maréchal de Rantzau, Paris, 1650, in-40, 6 p.
Résumé très bref des principaux faits de guerre : tendance laudative, assez discrète pourtant.
— Camus (Jean Pierre), 1582-1652. Æaranque funèbre: Paris, 1650, in-4°, 76 p. |
C'est le does de l’oraison funèbre que l’évêque de Bel- . ley avait prononcée immédiatement après la mort du condottiere. Dédiée à la maréchale, elle est écrite dans un style précieux et prouve l’érudition de l’auteur, qui cite mème des poètes. Toutefois, c’est une biographie détaillée et précise, parce que Camus a eu une grande part à la conversion de Rantzau, qu'il confessa avant las mort : on voit là le type de l’aventurier passé au service de la France . et doué de réelles qualités militaires. La seconde partie est em ployée par Camus à émettre des réflexions morales et.pieuses qui lui permettent d'exposer les vertus privées du défunt et de ne pas PE de $ès défauts. 5
— Hépeu (François). PSE funèbre, Paris, 1650, in- -40 ou. dans ses Æssais d'éloquence chrétienne, Paris, 1671, in-4°, p. 45- 107.
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