HARLAY DE CHAMPVALLON
consacra le mariage secret avec M"° de Maintenon. Dans les affaires de la régale et de la révocation de l’édit de Nantes, il a joué un rôle capital. Soit à cause de cela, soit à cause de ses mœurs, il a été jugé très diversement.
— Le Genre (abbé Louis), 1655-1733. Secrétaire de l'archevêque, Le Gendre a fait de monseigneur de Harlay quatre panégyriques : deux éloges en français (1695, 14 p., — 1696, 18 p.), un en latin (1698, 17 p.); le quatrième est le plus complet et il est intitulé De vita Francisci de Harlay libri sex, Paris, 1720, in-4°, 310 p. Cet ouvrage, qui complète en quelque sorte les Mémoires du même auteur (v. n° 835), est fait d’après les souvenirs personnels de l'abbé. Il est très utile pour connaître les affaires religieuses, en particulier les assemblées du clergé de 1690 et de 1695. En ce qui concerne Harlay, on ne peut se fier à l'opinion de Le Gendre : « L'état, dit-il, perdit en lui un bon citoyen, le roi un serviteur zélé, le clergé son oracle et son principal ornement. C'était un homme rare : il faut des siècles entiers pour en former un de sa force; aussi voit-on que la nature se repose après avoir enfanté de ces hommes extraordinaires et que de longtemps elle n’en produit que de médiocres. » Ce n’est donc pas dans ce livre que l’on trouvera une idée exacte de ce que fut l’archevèque de Paris.
— BLacue (Antoine), 1635-1714. Mémoires, pub. dans Rev. rétr., 1834, 1° série, t. I, IE, III.
Ce sont des extraits d’un ms. intitulé Anecdote ou histoire secrète, dans lequel l’auteur montre son esprit de parti contre les Jésuites et croit découvrir des complots formés par le cardinal de Retz pour enlever la vie au roi et au dauphin. Il y est souvent question de l'archevêque de Paris, avec lequel l’auteur eut de nombreux démèlés. Le curé Blache accuse Harlay de l’avoir fait emprisonner. Il fut enfermé en effet à la Bastille comme atteint de folie, ce qui était exact. Harlay n’est pas flatté dans cet ouvrage : mais il faut tenir compte des exagérations de l’auteur.
— GanzARp (Honoré), 1641-1727. Oraison funèbre, Paris, 1696, in-4°, ou dans Migne, Orateurs sacrés, t. XXXIII.
En apprenant la nouvelle de la mort de Harlay, M"° de Sévigné écrivait le 12 août 1695 : «Il s’agit maintenant de trouver quelqu'un
qui se charge de l’oraison funèbre du mort. On prétend qu'il n'y a que deux bagatelles qui rendent cet ouvrage difficile, c’est la vie et la mort. » L'orateur fut le Père jésuite Gaillard. Saint-Simon apprécie très justement la façon dont il comprit sa tâche : « La matière était plus que délicate et la fin terrible. Le célèbre jésuite prit son parti : il loua tout ce qui méritait de l'être, puis tourna court sur la morale. Il fit un chef-d'œuvre d’éloquence et de piété» (Mém., édit. de Boislisle, t. II, p. 348-353).
— Recueils, n° 1347, 1350 et 1479.
— Des renseignements sur cet archevêque sont encore done dans : Gallia christiana, t. NII, col. 184-188, et t. XI, col. 3; — Lettre confidentielle adressée en 1655 à Mazarin par l’évéque de Séez Médavy, pub. p. Lecacheux, Mél. Soc. Norm., t. V, p. 140 (très défavorable) ; — Bussy, Correspondance, t. II, p. 96, et t, V, p. 39, 612-624; — Notes confidentielles écrites en 1682, pub. p. Gérin, Recherches sur l'assemblée du clergé en 1682, p. 168 et sq. .
Voir : — Leguay, L'archevéque de Paris Harlay de Champvallon dans l'administration de son diocèse, Posilions de thèses du diplôme d’éludes supérieures de l'Université de Paris, 1909; — Ed. Esmonin, Bul. Soc. H. M,
décembre 1913 et avril 1914 (rôle de l'archevêque dans la révocation de l'édit “A de Nantes). 1
1699. HAUTEFORT (Marie DE), 1616-1691. — La vie de Marie de Hautefort, duchesse de Schomberg, par une de ses amies, Paris; ; 1799, in-4°, 71 p., édit. Montmorency, avec préface et notes de Adry. — Aut. édit. : 1807, in-12°.
V. Cousin a utilisé un ms. plus complet dans la vie de Madame de Hautefort, Paris, 1856. L'auteur anonyme serait une personne de l'entourage de la duchesse de Schomberg. Cette biographie aurait été écrite avant 1684, c’est-à-dire sept ans au moins avant la mort de la duchesse. Elle est très détaillée et peut servir de complément aux mémoires du temps de Louis XIIT. Après avoir fait un portrait précis de M"° de Hautefort, l’auteur raconte avec soin les principaux. faits de la vie. Orpheline de bonne heure, amenée à la cour, Mede … Hautefort eut à supporter la chaste passion de Louis XIIT : dévouée.
à la reine et hostile à Richelieu, elle fut exilée de 1640 à 1643. De même, après la mort de Richelieu, elle dut une seconde fois, et +2