H89] SON MARIAGE
Equiqueville ^ d'où il envoya retenir son passage à Dieppe. Après dîner, ils se hâtèrent d'aller au lieu d'embarquement. Ils sautèrent sur le pont [du bateau], à qui mieux mieux, avec tant de précipitation que le pont céda sous eux. Plusieurs se blessèrent en tombant; il y eut des membres brisés. Messire Gilebert Pipart y eut le bras cassé. Le Maréchal réussit à se retenir à un des supports du pont. Il se fit cependant à la jambe une blessure dont il souffrit longtemps. Il resta suspendu jusqu'à ce qu'on vint le tirer de cette position, et il put continuer son voyage, tandis que Gilebert était obligé de rester, fort contrarié de la blessure et de ce contretemps [9502].
Le Maréchal s'acquitta bien de la mission que le comte de Poitiers lui avait confiée. Il trouva la reine Alienor^ en liberté, à Winchester, et plus heureuse que devant^. Puis il se fit livrer
fils Gilbert, comte de Clara, le bisaïeul de Richard de Clare, comte de Striguil et de Perabroke, père d'Isabelle. La descendance directe de Gautier Giffard I" s'éteignit avec son petit-fils Gautier Giffard III, mort en 1164. Les biens de ce dernier furent alors partagés entre des collatéraux, au nombre desquels dut figurer le père d'Isabelle, Richard de Clare, qui, à partir de ce moment, paraît avoir pris le titre de comte de Buckingham (J.-E. Doyle, The officiai baronage of England, I, 252 ; III, 2). On ne sait pas exactement à quel moment eut lieu ce partage. Dugdalo {Baronage, I, 60 b) reste dans le vague. Stapleton {Magni rot. scacc. Normanniœ, II, cxxxviii), dit que Gautier Giffard III étant mort sans enfants (1164), ses terres furent saisies par le roi Henri, mais que, plus tard, en 1191, Guillaume le Maréchal paya au roi Richard un droit de deux mille marcs pour la moitié de cet héritage, spécialement pour les biens sis en Normandie, qu'il recueillit du chef de sa femme, tandis que l'autre moitié, consistant en terres situées en Angleterre, allait à Richard de Clare, comte de Hertford. On lit, en effet, dans le rôle de la pipe pour la deuxième année du règne de Richard : « Willelmus Marescallus rendit computum de .MM. marcis pro habenda medietate de terra comilis Giffardi » {Facsimiles of National manuscripts, part i [1865], fol. 17). On voit que, d'après le poème, Isabelle aurait été, antérieurement à son mariage, en possession de la partie de l'héritage de Gautier Giffard qui lui était réservée.
1. Saint- Vaast-d'Équiqueville, arr. de Dieppe, cant. d'Envermeu.
2. L'auteur ajoute « qui out le nom d'a/i et d'or. « Je ne sais comment entendre a/i. Est-ce une forme d'aZoi, alliage? L'auteur veut-il dire qu'en elle l'or (les bonnes qualités) n'éUiit pas sans alliage? Il n'aurait pas tort.
3. C'est qu'en effet son mari la tenait en prison; voy. lien. Pelerb., II, 74. 11 se leurrait que la mission confiée par Richard au Maréchal ait