H96] RICHARD PREND VIERZON
la tête de ses escadrons. On aurait peine à conter le riche butin dont les Français les gratifièrent, pavillons, étoffes d'écarlate et de soie, vaisselle, argent monnayé, chevaux, palefrois, etc. Mais je vous assure que le Maréchal ni les siens ne songèrent pas au gain, s'occupant uniquement de garder l'ost. A son retour de la poursuite, le roi rencontra le Maréchal, et l'engagea à revenir sur ses pas. « Car, » dit-il, « je vois bien que ceux qui a fuient^ n'ont pas envie de faire volte-face. — Je ne retour- « nerai pas encore, » répondit le Maréchal, « car nos gens sont « encore en chasse^, et si nous retournions, les Français qui « ne vous aiment guère pourraient bien se jeter sur eux. » 11 attendit donc que tous les coureurs fussent revenus, et, les ayant fait mettre devant lui, il chevaucha derrière eux, faisant l'arrière-garde [^(0662].
Le soir, chacun se vantait de son butin et de ses exploits. « Le Maréchal Ta mieux fait que vous tous, » dit le roi. « C'est « lui qui nous eût secourus au besoin, et c'est pourquoi j^estime a qu'il a fait plus que nous tous. Quand on a une bonne réserve, « on ne craint pas ses ennemis » [^0676].
Après ces événements, le roi partit de Normandie pour aller assiéger Vierzon^, où il fit un butin considérable. On sait qui y entra le premier. Le Maréchal y fut avec lui. Le roi Richard l'envoya au comte de Flandres^, au comle Renaut de Boulogne , fils du comte de Dammartin, qui devinrent ses hommes, ayant à se plaindre de Torgueil du roi de France*.