MORT DU ROI JEAN
le Maréchal et nombre d'aulres hommes de haut rang. Tous furent profondément aflligés [45466].
Sentant la maladie augmenter, le roi Jean manda ses fidèles et leur dit : <c Seigneurs, il me faut mourir ; je ne puis résister « à ce mal. Pour Dieu, priez le Maréchal de me pardonner les « torts que je lui ai faits, et dont je me repens pleinement. « Toujours il m'a servi loyalement; jamais il n'a agi contre a moi, quoi que j'aie pu lui faire ou lui dire. Pour Dieu, sei- « gneurs, priez-le de me le pardonner ! Et comme je suis plus a sûr de sa loyauté que de celle d'aucun autre, je vous prie de a lui confier la garde de mon fils, qui ne réussira jamais à tenir « terre, sinon par lui' » [-15190].
Ainsi parle le roi. La mort impitoyable s'attaqua à lui si violemment que bientôt elle l'eut réduit à Timpuissance. Du moins il mourut repentant. Son corps fut porté à Worcester^ [15206].
Le Maréchal fut affligé, quand il apprit la mort du roi. Il quitta Gloucester pour aller au-devant du corps qu'on portait à Worcester. La bière était escortée par le légat Gualon et par de nombreux clercs et chevaliers. On fit un riche service, comme il convenait à un roi. Là fut accomplie la prophétie de Merlin, disant qu'il reposerait entre les souverains. Et ce fut la vérité, car il gît entre saint Wulstan et un autre corps saint ^ [15228].
il eut la garde du château de Newark, où le roi était mort ; voir Hist. des ducs de Norm., p. 181.
1. a Ânçois k'ii morust maada il a Guillaume le Mareschal, le comte < de Pembroc, que il meloit Henri son ainsné ûli en la garde Diu et en c la soie, et por Diu li pria qu'il raesist conseil en son afaire » {Hist. des ducs de Norm., p. 180).
2. C'est le vœu qu'il avait exprimé en mourant : c Deo et sancto Vul- ( stano animam meam commendo » (Rog. de Wendover, II, 196). Son tombeau se voit encore dans le chœur de la cathédrale de Worcester, mais il n'est plus à sa place originaire; voy. Valenline Green, An accoutU of the discovery of ihe body of King John in the Cathedral church of Worcester, july 17, 1797. London and Worcester, 1797, in-4* (8 pages).
3. La môme remarque fut faite par d'autres. Le chroniqueur Th. Wikes s'exprime ainsi : « Corpus ejus inde delatum usque Wigorn, in ecclesia 0 conventuali monachorum honorifice tumulatum est inter feretra sancti « Wulstani et sancti Oswaldi. Quamobrem vere bruti Britones fabulanc tur ridicule fabellas vanas Merlini, quas, falso tamen, prophetias arbi-