‹ L'Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke, régent d'Angleterre de 1216 à 1219; poème français, pub. pour la Société de l'histoire de Franc]Chapitre 251 sur 404 · DE PLUSIEURS CHATEAUX D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DE PLUSIEURS CHATEAUX D'ANGLETERRE

de ces deux places. Peu après le grand juge ^ et sire Faukes^, avec de nombreux barons, se rendirent auprès du roi à Bristol [45734].

La trêve expirée, ceux qui avaient la garde de Hertford en prirent une autre de vingt jours sans consulter le Maréchal. Ce fut une faute. Ils livrèrent deux forts châteaux : Norwich et Orford^, et ainsi Louis se trouva saisi de quatre châteaux. Mais il n'observa pas la trêve comme il s'y était engagé'*. Les Français, orgueilleux comme toujours^, ne le lui permirent pas. Alors il prit conseil d'aller en France^. Quand le Maréchal vit

Barnwell, dans Walter de Coventry, II, 234 (coll. du Maître des rôles), et cf. Petit-Dutaillis, Éttide sur la vie et le règne de Louis VIII, p. 139, note. Quant à la date que Rog. de Wendover assigne au siège de Hertford, elle est confirmée par le fait qu'on a publié une charte de Louis datée du siège de Hertford, le 21 novembre 1216 (Archxologia, XXII, 426-428).

1. Hubert de Burgh, qui défendait Douvres assiégé par Louis. Il était justice d'Angleterre depuis 1215. Voir une longue notice sur ce personnage dans le Dicl. of nat. biogr., VII, 315.

2. Faukes de Breauté est appelé dans les actes latins Falkesius, FaukesiuSj rarement Falco (voir les tables des divers recueils de rôles), dans la chronique de Roger de Wendover Falcasius. La forme Faukes est garantie par la rime avec auques (vv. 15731-2). Bréaulé est un village de la Seine-Inférieure. L'Histoire des ducs de ISormandie et des rois d'Angleterre dit de lui : « Cil Foukes ot esté povres sergans au roi « (Jean) ; tins fu a un chevalier de Normendie, de soignant, mais puis f siervi il tant le roi et tant crut ses afaires que il fu puis uns des < riches homes d'Engletierre. Petis fu de cors, mais moût fu vailc lans; puis tint il .vij. contées en ses mains » (p. 173). Ces comtés sont, comme on le voit par la même chronique (p. 181), ceux de Northaropton, Oiford, Buckingham, Hertford, Bedford, Cambridge et enfin l'Ile de Wight, qui ne formait pas un comté entier. Voir, sur cet aventurier, Dict. ofnat. biogr., VI, 247.

3. Suffolk, autrefois port de mer d'une certaine importance; peu à peu la mer s'est retirée et la ville est tombée en décadence. Norwich et Orford furent rendus à Louis dans les premiers jours de janvier 1217 (Walter de Coventry, II, 235).

4. Celte assertion est contestée ; voir Petil-Dutaillis, Étude sur la vie et le règne de Louis VIII, p. 141.

5. C'est le reproche habituel ; voy. Chanson de la croisade contre les Albigeois, II, 351, note 2.

6. D'après Rog. de Wendover (II, 206; cf. Math, de Paris, III, 13), Louis, averti que, s'il ne quittait pas l'Angleterre, l'eicommunication pro-

220 LOUIS EST BLOQUÉ A WINCHELSEA [lî!7

qu'il n'observait pas la trêve, il résolut de ne pas l'observer non plus [^5760].

Le Maréchal rassembla tous les hommes loyaux qui tenaient pour le roi et se rendit à GhertseyV Louis, de son côté, se rendit à Winchelsea^, où il n'eut pas la facilité de s'embarquer avec sa suite, car il trouva la route de mer fermée. Le Maréchal, s'étant consulté avec les siens, fit occuper la ville de Rye3 par Philippe d'Aubigni et une troupe suffisante de chevaliers et de sergents [^5790]. Puis il envoya par dehors^ une flotte bien équipée. Ensuite il chevaucha vers Louis, et le tint si serré que celui-ci ne savait plus de quel côté tourner, ayant d*un côté le Maréchal, de Tautre Philippe d'Aubigni, qui

noncée contre lui par le légat serait confirmée par le pape, quitta TAngleterre, pendant le carême, après avoir conclu une trêve qui devait durer un mois après Pâques. C'est alors, en mars 1217, que plusieurs seigneurs anglais, entre autres Guillaume de Salisbury et le fils aloé du Maréchal, quittèrent le parti de Louis pour celui du roi (Walter de Coventry, II, 235). Les actes de soumission de ces personnages nous sont parvenus; voir Petit-Dutaillis, ouvr. cité, p. 144, note.

1. Surrey, au sud-ouest de Londres, sur la Tamise. D'après la suite des événements c'est en février que le Maréchal se serait rendu à Chertsey. Il est vrai que son itinéraire, tel qu'on peut le dresser d'après les chartes, ne mentionne aucun séjour dans cette localité à l'époque indiquée, mais du 22 au 25 le Maréchal était à Reading {Rot. lilt. claus., p. 298) et le 27 nous le trouvons à Dorking. Il a dû presque inévitablement passer le 26 à Chertsey, qui était sur sa route.

2. Sussex, à deux kilomètres de la mer; WîJichenesel, dans le texte, forme qui se trouve aussi dans le roman d'Ëustache le Moine (èdit. Fr. Michel, V. 1932, Vincenesel) et que l'éditeur explique bizarrement (p. 108) par Viticent, help.

3. Sussex, l'un des c cinq ports », à l'est et tout près de Winchelsea. 11 est établi, par des actes inédits que cite M. Petit-Outaillis (p. 142, note), que les troupes royales occupèrent Rye, abandonné par les Français, vers la fin de février. M. Petit ajoute toutefois : c Les récits contenus dans VHist. de Guill. le Maréchal (v. 15771 à 15869) où le plan de ce guet-apens (?) est attribué au comte de Pembroke, dans les Annales de Dunstaple (p. 48) et de Worcester (p. 407) et dans les chron. de Mailros (p. 130) et de Lavercost (p. 25) sont plus ou moins fantaisistes. » Aucune preuve n'est donnée à l'appui de cette opinion, qui, au moins en ce qui concerne notre poème, ne paraît pas fondée.

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